ASTHME
Avant de parler des troubles de rintelligence qui reconnaissent pour cause la syphilis, nous allons dire quelques mots d'un autre ordre de troubles fonctionnels qui^ comme les précédents^ ne sauraient^ dans un certain nombre de cas^ être rattachés à une cause matérielle appréciable^ nous voulons parler de Tasthme.
Sandras a dit : a La syphilis est encore une des affections géa nérales dont Tasthme peut se trouver Texpression symptoma- « tique. Certainement il ne faut pas confondre avec Tasthme a syphilitique TétouJS'ement qui peut résulter d'exostoses ou de a productions syphilitiques diverses sur les os^ le périoste ou les a ligaments^ les téguments du crâne^ du cou ou du canal rachi- « dien en rapport avec les nerfs qui servent à la respiration. Ces (( étouffements de cause matérielle sont constants^ réguliers^ et « suivent le sort de Paffection syphilitique tertiaire qui les a proa duits. Les asthmes syphilitiques^ au contraire^ ont tout Ten- « semble de Tasthme nerveux^ en même temps que quelques a signes pathognomoniques obligent de les attribuer à Taffection a syphilitique. Tels sont le retour de l'asthme ou son alternance « avec des douleurs ostéocopes, la présence de pustules^ de tua meurS; d'ulcérations syphilitiques, avec la connaissance acquise a qu'avant la syphilis il n'y avait pas d'apparence d'asthme^ que a l'hérédité peut être écartée dans la recherche des causes^ que a la diathèse syphilitique a précédé l'invasion de l'asthme (1). » Plus loin, Sandras insiste d'une manière toute spéciale sur le traitement à mettre en usage contre cet asthme syphilitique (S). Les lignes que nous venons de reproduire tendent à prouver l'existence de l'asthme nerveux syphilitique^ et en indiquent en
(1) Sandrsii, Mal. nerv., t. II, p. 162. (2)/6irf.,p. 176.
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même temps les principaux signes diagnostiques. Nous aurons peu de chose à y ajouter.
On sait combien les avis sont partagés touchant le siège précis de Pasthme; on sait que ce trouble fonctionnel peut exister en dehors de toute lésion appréciable^ ou dépendre au contrahre d^une lésion des poumons^ du cœur, du cerveau, de la moelle ou des nerfs qui se distribuent aux viscères; c'est de la première espèce seule que ïious parlons en ce moment, tandis que hons aurons occasion plus loin de signaler la dyspnée symptomatique de lésions syphilitiques appréciables.
Le siège de Tasthme essentiel a été placé dans les nerfs pneumogastriques ou cervicaux par Willis (i), tandis qu'au contraire Cullen le place dans les fibres musculaires des bronches, et Georget dans Tencéphale ou la moelle. Nous ne pensons pas qu'on puisse préciser ce siège autrement qu'en admettant que l'asthme essentiel est une névrose des nerfs qui président à la respiration, en particulier du pneumogastrique.
Dans les observations qui suivent, nous retrouvons la plupart des signes diagnostiques indiqués par Sandras; nos malades avaient tous les quatre une syphilis apparente ou latente; tous les quatre n'étaient devenus asthmatiques 'que -loitique déjà ils étaient sous l'influence de la diathèse syphilitique; chez tous le traitement spécifique dirigé contre des accidents autres que l'asthme, calma cette névrose; enfin chez aucun de nos malades on ne saurait préciser la lésion matérielle qui aurait pu provoquer le trouble des fonctions respiratoires.
Nous avons rapproché de ces observations un fait emprunté à Michel, d'Avignon, mais nous n'oserions pas affirmer que dans ce cas l'asthme et les défaillances ne fussent pas symptomatiques de quelque lésion osseuse delà partie supérieure du rachis.
Ce ne sont pas là les seuls faits d'asthme syphilitique qu'on trouve dans les auteurs, mais la plupart sont trop peu explicites pour qu'on puisse les utiliser. De Home entre autres a observé un asthme commençant chez une femme affectée de gonorrhée et de bubons inguinaux, et qui guérit par des lavements antivénériens.
(1) Willis, Paihol, cérébr., p. 94.