‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 57 sur 64 · XLVI. — La mort est plus fréquente dans cette forme nofor · texte numérisé non relu

XLVI. — La mort est plus fréquente dans cette forme nofor

bide que dans toutes les autres. Dans les cas de guérison^ les récidives sont la règle.

XLYII. — L'hémorrhagie cérébrale de cause syphilitique^ admise par quelques auteurs^ ne nous a paru jusqu'ici reposer sur aucun fait bien concluant. Nous sommes portés à croire que, dans la plupart des cas^ on a pris pour une hémorrhagie ce qui n'était qu'une encéphalite, un ramollissement ou un travail d'exsudation.

XLYIII. -— Les affections nerveuses syphilitiques tenant au dépôt d'une matière plastique disséminée ou agglomérée dans la substance nerveuse apparaissent en général très-tardivement, cinq, six et même vingt ans après l'accident primitif. Elles appartiennent à la période quartenaire de la syphilis^ ou syphilis viscérale.

XLIX. — Les parties les plus vasculaires des centres nerveux paraissent être leur siège de prédilection.

L. — Ces affections sont le plus ordinairement précédées de la série de phénomènes que nous avons rattachés à la forme congestive.

LL — • Leur début est moins brusque que celui des affections inflammatoires. Elles ont en général un accroissement lent et graduel.

LIL — Leurs manifestations symptomatiques consistent surtout en des troubles de' la motilité et de l'intelligence, tels que paralysie générale^ hémiplégie générale^ hémiplégie faciale, paralysie des nerfs oculo-moteurs^ paraplégie^ perte de la mémoire^ hébétude, délire^ coma^ aliénation mentale. Les troubles de la sensibilité se rencontrent plus rarement.

LIIL — Ce qui, au point de vue syraptomatologique^ doit faire supposer leur nature spécifique^ c'est autant leur multiplicité que leur ordre de succession.

LIV. — Aucune de ces manifestations ne présente de caractère spécial.

LV. — La marche des affections nerveuses exsudatives est essentiellement lente et progressive, à moins qu*un travail inflammatoire ne vienne précipiter le dénouement.

LVL — Leur durée est toujours longue.

LYII. — Leur terminaison est ordinairement fatale si l'on ne fait intervenir un traitement spécifique.

LVIII. — Les récidives sont la règle lorsque le traitement n'a pas été suffisamment long et énergique.

LIX. — Les affections nerveuses symptomatiques d'altérations syphilitiques des tissus voisins apparaissent quelquefois à la période secondaire^ le plus souvent dans la période tertiaire.

LX. — Dans le premier cas^ elles tiennent habituellement à la compression exercée sur les branches nerveuses par les ganglions engorgés (hémiplégie faciale).

LXI. — Dans le second cas, elles reconnaissent pour cause des altérations des tissus osseux et fibreux^ protecteurs des centres nerveux et de leurs branches.

LXn. — Leurs manifestations symptomatiques ne diffèrent pas de celles qui déterminent toute espèce de compression sur les centres ou les branches nerveuses.

LXIIL — On comprend toutes les variétés de ces manifestations suivant la portion de Tarbre nerveux qui se trouve en rapport avec les altérations circonvoisines.

LXrV. — Elles sont en général précédées ou accompagnées de douleurs ostéocopes pendant un temps variable.

LXY. — Leur début est lent et insidieux. Elles ne sont pas précédées des divers phénomènes congestifs que nous avons rencontrés dans les affections nerveuses directes.

LXVL — Leur durée est toujours longue^ leur marche essentiellement chronique.

LXVIL — La terminaison fatale peut être le résultat immédiat de la compression. Elle est plus souvent celui du travail inflammatoire qu'elle détermine.

LXVUL — Les altérations de nature inflammatoire des os ou du périoste peuvent amener^ par leur extension au tissu nerveux, des accidents promptement mortels.

LXIX. — Les affections nerveuses syphilitiques ne sont pas des

phénomènes insolites^ des métamorphoses de la syphilis. Elles lui

appartiennent en propre au même titre que toutes les autres

manifestations généralement reconnues syphilitiques.

LXX. — Les causes accessoires qui paraissent favoriser la lo-

calisation de la syphilis vers le système nervemc^ sont toutes celles qui agissent en surexcitant ou en déprimant la force nerveuse (tempérament nerveux^ excès de tous "genres^ fatigues intellectuelles, causes morales^ etc.)*

LXXI. — Les affections nerveuses syphilitiques se révèlent par des symptômes presque identiques à ceux de la plupart des affections nerveuses.

LXXII. — Cette absence de tout caractère paâiognomonique parait être une des causes pour lesquelles on les a jusqu'ici méconnues et confondues.

LXXIIl. — Leur diagnostic est cependant presque toujours possible. Il repose :

l^Sur Texistence antérieure ou actuelle d'un ou de plusieurs accidents appartenant à la diathèse syphilitique ;

â® Sur Tapparition de Taffection en dehors des conditions d'âge qui président d'ordinaire à son développement;

3® Sur l'absence des causes ordinaires des affections nerveuses;

4® Sur l'absence de tout signe indiquant que l'affection nerveuse doit être rattachée à une autre cause;

5® Sur la régularité de l'apparition de l'affection nerveuse à une période déterminée de la maladie générale;

6° Sur l'apparition successive dé phénomènes lYerveux variés et multiples, donnant à l'affection une physionomie toute spéciale;

7'' Sur l'impuissance de toutes les médications reconnues ordinairement efficaces contre les affections nerveuses ;

3<» Sur les résultats favorables fournis par les traitements spécifiques ;

9^ Sur les récidives habituelles lorsque le traitement spécifique n'est pas continué pendant un temps fort long.

LXXIV. — La réunion de plusieurs de ces caractères constituera^ dans l'immense majorité des cas^ une certitude à peu près absolue.

LXXV. — Le pronostic des affections nerveuses syphilitiques varie suivant l'état général du sujet, l'absence ou la présence de lésions matérielles appréciables du système nerveux, suivant la portion de ce système qui est le siège de la lésion, etc.

LXXVL — Les affections sans lésion appréciable guérissent

le plus ordinairement malgré l'apparente gravité que peuvent présenter les symptômes.

LXXVII. — De toutes les affections avec lésion de la substance nerveuse, les plus graves sont celles qui dépendent d'un travail inflammatoire.

LXXVIII. -» Les affections à forme exsudative et celles qui sont symptomatiques de lésions de tissus osseux et fibreux^ moins graves en elles-mêmes^ deviennent le plus souvent mortelles par le fait de complications inflammatoires.

LXXIX. — Les récidives^ si fréquentes dans toutes les affections avec lésions^ présentent chaque fois une gravité plus grande.

LXXX. -— Le traitement des affections nerveuses syphilitiques est celui de toutes les autres manifestations de la même diathèse.

LXXXL — Les préparations mercurielles et iodurées seront employées isolément ou simultanément^ suivant la période de la maladie, la gravité de l'affection et Tétat général du malade.

LXXXII. — Le mercure nous paraît plus spécialement indiqué dans les formes congestive et inflammatoire^ Tiodure de potassium dans la forme exsudative ou plastique.

LXXXIII. — Ce dernier médicament doit être administré à doses rapidement croissantes. Il ne donne souvent des résultats avantageux qu'à des doses élevées (de 3 à 40 grammes par jour).

LXXXIV. — C'est à la non-observation de cette règle thérapeutique que doivent être attribués un grand nombre d'insuccès dans le traitement des affections nerveuses syphilitiques.

LXXXV. — Le traitement spécifique, pour être utile et amener une guérison soutenue^ doit être continué pendant un temps toujours fort long, et qui variera suivant la durée de l'affection et l'existence d'une lésion matérielle plus ou moins profonde et étendue.

LXXXVI. — On doit y revenir avec insistance, à plusieurs reprises, et surtout à la moindre apparence de récidive.

LXXXVII. — On aidera souvent à l'erficacité du traitement spécifique par l'emploi de quelques adjuvants remplissant une indication spéciale et précise. Tels seront les antiphlogistiques

contre les accidents inflammatoires aigus; les toniques, les ferrugineux^ les sulfureux^ contre la chloro-anémie et la cachexie ; Télectricité à la fin des paralysies avec ou sans atrophie.

LXXXVIII. — Les afiections nerveuses survenues dans le cours de la diathèse syphilitique ne sont jamais le résultat de traitements spécifiques bien dirigés et bien suivis.

LXXXIX. — La mauvaise administration des médicaments spécifiques a seule pu^ dans quelques circonstances^ entraîner des accidents nerveux.

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