OBSERVATIONS
OBSERVATION II.— MH. E..., 28 ans, a toute l'apparence d'une personne très bien portante. Elle peut marcher longtemps sans fatigue, ne s’essouffle pas, n’a pas de palpitations ; elle
“est bien réglée, ef n’a que rarement de petites indispositions
insignifiantes. Elle n’a pas eu d’autres maladies que la scarlatine., survenue à l’âge de 16 ans. Cette maladie a été assez grave ; pendant la convalescence, on a noté de l’albuminurie qui a mis plus de 3-mois à disparaître. Depuis lors, toutes les fois que Me E..., présente un accès de fièvre, l’albumine reparaît pendant quelques jours. Nous avons pu faire cette constatation à propos d’une angine, d’une fluxion dentaire, d’une fatigue musculaire. Depuis 2 ans, M"° E... est nettement polyurique et se plaint de palpitations.
Notons que le père de Madame E..., a succombé à 55 ans, à une attaque d’urémie.
OBSERVATION III.— M. P..., est atteint de tuberculose pulmonaire. à marche subaiguëé. Sa température oscille entre 38°, 38°, 5 le soir, 36, 5 à 37° le matin. Caverne du sommet gauche, pleurésie sèche de la base. Caverne à la partie moyenne du poumon gauche. Nombreux bacilles de Koch dans les crachals.
= 410 = Re
Urine rare, foncée. Premiere analyse faite le 24 mars 1898. Absence complète d’albumine (réactif Tanret.)
Deuxième analyse le 7 juin : même résultat. Ce résultat négatif est des plus importants, il prouve qu’on peut ne pas être albuminurique, ne pas même être peptonurique, malgré lexistence de cavernes pulmonaires sécrétant abondamment, malgré la fièvre. Il prouve aussi que l’alimentation ne suffit pas à faire apparaître l’albuminurie. En effet, ce malade est soumis à la suralimentation , il mange quotidiennement de la viande crue, 8 à 10 œufs crus, des légumes et 4 cuillérées à café de somatose,
OBSERVATION IV,— M. P. ancien officier, âgé de 54 ans est un homme extraordinairement grand et robuste. Sa taille atteint presque ? mètres. Il a usé et abusé de sa vigueur et a commis des excès de tous genres : alcool, femmes, tabac. De plus, il a. séjourné longtemps dans des régions malsaines de l'Algérie où il a contracté des fièvres intermittentes.
En 1895, il est pris d’une sorte de « coup de sang », tombe, se débat, perd connaissance. Saigné par le major du régiment, il revient à lui assez rapidement et ona Île lendemain toutes les peines du monde à l'empêcher de remonter à cheval. L'année sui vante, les mêmes accidents se renouvellent, ‘puis il éprouve de la gêne respiratoire. On constate alors de l’abuminurie. M. P.. se décide alors à prendre sa retraite. La quantité d’albumine était à ce moment de 1 gramme. Le malade prend-lhabitude dela doser tous les jours avec le tube. d’Esbach, la quantité tombe rapide- | ment à 0,50, puis a O0, 30, puis à O por Sous l influence du repos et . d'un régime conseillé te É DE Kelsch, cette quantité diminue
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encore et passe à l’état de traces indosables. Ce régime consistait en viande blanche, œufs, légumes, vin blanc coupé d'eau, lait.
Nous le voyons pour la première fois en mars 1897, A ce moment, nous constatons de la sclérose artérielle peu accentuée, de là polyurie, 3 à 4 litres par jour. L’estomac est fortement dilaté et le clapotage est perçu à l’ombilic. Un peu de constipation. Cœur régulier, pointe au 5° espace, pas de bruit de galop. Aux deux bases, râles humides, un peu d'emphysème. Foie normal objectivement. Pas de céphalée, pas de dyspnée. Douleurs légères dans les deux bras, attribuables à des traumatismes : écrasement ancien de l’humérus droit par chûte de cheval, et à gauche ‘cicatrice d'un coup de feu qui a perforé l’avant-bras depuis le milieu de l'espace intér-osseux près du poignet jusqu’à la partie interne de lépicondyle. : | Us
Aucuns signes d’alcoolisme, malgré les excès avoués par le maiade, le sommeil est bon, l'appétit excellent. Aucune trace d’affections vénériennes. Le malade suit toujours son régime.
En juin 1897, accès d'oppression nocturne, l’albuminurie a notablement augmenté ; il y en a plus de 1 gramme. Les accidents : s'amendent rapidement.
En janvier 1898, retour des accès d’oppression, puis palpitations : albumine, 3 grammes. En même temps, le cœur devient irréguliér, sans bruits anormaux. L’urine ést tombée à deux litres. Une analyse détaillée montre une notable proportion d’urée et une excrétion de phosphates un peu hyponormale. On conseille
le régime lacté absolu et des pilules de scil'e, scammonée, digi- tale. Les accidents persistent sans modification notable jusqu’en
avril 1898. Pendant tout ce temps, la quantité d’albumine a oscillé
entre 0,30 et 1, 2 et même 3 grammes. Mais le malade s’affaiblit ;
le lait est mal supporté ; en présence de ces accidents, et les crises
D AD de
dyspnéiques ayant disparu, on revient au régime ordinaire. /Zmmédiatement, l’albumine tombe à 0,25 le matin pour atteindre 0,30, 0,40 le soir.
Pendant toute la durée des accidents, l’albumine a toujours
été plus abondante le soir que le matin au réveil. Il n’a pas paru
exister de rapport exact entre la quantité d’albumine rendue et l'intensité des crises. nt Actuellement, ces crises ne se sont pas reproduites ; bien que
le malade mange, l’albumine reste à des taux très faibles : 0,20, 0,25, 0,30. L'alimentation n’a aucune influence sur elle. Mais l’in fluence de la fatigue musculaire est évidente. Les jours où le malade a marché un peu, elle atteint le soir jusqu'à 0,40. Il y a toujours polyurie, 4 litres environ.
En somme, il s’agit d’une sclérose rénale dont l’évolution esde temps en temps troublée par des crises dyspnéiques.
PS lee