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expliqué là-dessus. On trouvera quelques faits à la fin de ce travail qui démontrent, qu'en remplissant une des conditions exigées par Senator, la concentration de l’urine, et en employant le plus sensible de nos réactifs «le Tanret » on ne rencontre pas d’albumine chez tout le monde. Nos procédés nous donnent donc un moyen sûr de déceler l’albuminurie quand elle existe, et réciproquement, on peut affirmer l’absence d’albumine quand ces réactifs n’en montrent pas la présence.
Une fois l’albuminurie reconnue, la tâche du médecin n'est pas finie. On se rappelera que chez un sujet donné, l’'albuminurie n’apparait que dans certaines conditions, de mouvement, de température, d’alimentation ; par conséquent, on ne devra considérer comme non albuminurique un sujet suspect, qu'après avoir pratiqué l'examen de ses urines à différents moments de la journée, ou plus simple-
ment, qu'après avoir recueilli la totalité des urines des 24
heures et avoir fait porter l'examen sur le mélange.
Mais on aura à résoudre un problème bien autrement important : celui de l’origine. Nous avons déjà dit, et nous ne saurions trop répéter, que la bonne santé apparente ne signifie rien. L’albuminurie ne peut évidemment passer pour une preüve de santé parfaite, et par cela seul qu’il est albuminurique, un sujet est suspect. : he
Comme l’a dit fort justement M. Dieulatoy, Fab .
ne donne pas la mesure exacte de l’état du rein. Il y a des
brightiques qui meurent urémiques sans avoir jamais été albuminuriques, ou qui ne l'ont été ie un faible Fournier 3
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degré: et d’autre part, on peut voir des malades rendre journellement des quantités d’albumine assez considérables — plus d’un gramme par 24 heures — sans présenter de troubles sérieux. C’est dans les circonstances qui accompagnent l’albuminurie que doivent être cherchés les éléments du diagnostic étiologique.
Il est évident que l'étude de «la phrase urologique complète » pourrait donner pleine satisfaction. Mais si cette recherche est facile à l'hôpital, possible dans la clientèle des grandes villes, elle devient très difficile ou impossible dans la pratique courante et surtout dans la PALReZ rurale. Il faut donc chercher ailleurs.
L'examen microscopique, en faisant voir certains éléments figurés, hématies, cellules épithéliales, cylindres, peut donner les plus utiles renseignements.
Il en est de même d’une méthode récemment préco-
nisée : nous voulons parler de l'emploi du bleu de méthy-
lène. Cette substance, en s’éliminant plus ou moins vite par les reins, donne parfois d'importantes indications ; mais son emploi n ’est pas toujours d’une fidélité absolue et on a publié un assez grand nombre de faits où il avait donné des résultats en contradiction avec la théorie.
On pourra donc s’en servir sans lui accorder une confiance aveugle. |
L'étude des antécédents des malades nous paraît devoir
être beaucoup plus féconde en résultats. L'existence dans le passé d’une scarlatine, d’une fièvre typhoïde, d’une variole, d’une ostéomyélite, d'une angine grave, etc.; la notion
es
de l'hérédité brightique constituerait au moins des commencements de preuves.
Mais si aucun de ces éléments n’est fourni par l’interrogation des malades, si leur état actuel ne révèle qu’un peu de faiblesse, de légère dyspepsie, nous pensons qu'on pourra néanmoins songer à la possibilité d’une lésion rénale en se rappelant que parfois des désordres anatomiques profonds peuvent ne pas se révéler à un examen, tant que le malade est dans les conditions normales. Vienne un traumatisme, ou une maladie infectieuse, ou une secousse morale, et la lésion, latente jusque-là, pourra se traduire par des accidents de la plus haute gravité.
Traitement
Comment traiter une albuminurie intermittente ? Le médecin peut-il la négliger, sous le prétexte que la santé | générale est bonne? Et s’il s’en occupe, que doit-il faire ? 3 Nous pensons que la constation d’une albuminurie, si
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légère, si passagère qu’elle soit, doit toujours éveiller la sollicitude du médecin. Mais, à notre avis, une albuminurie peu abondante sera toujours justiciable de l'hygiène et de l’hygiène seule. Voici pourquoi. | : Pour beaucoup de médecins, la question est édOtuE e Là où apparaît l’albumine, le régime lacté s'impose. Albuminurie — lait; c’est une sorte d’équation. Mais en médecine, les mathématiques trouvent peu leur application. Il n’y a pas de médication universelle, comme le disait Peter : il n'y a pas de maladie, il y a des malades. Assurément, nous ne songeons pas à contester les bienfaits du régime lacté. Il reste le traitement de choix pour toutes les albuminuries intenses. Qu'il agisse simple- | | ment comme diurétique, en augmentant, la pression arté- : rielle ; quesonutilité consiete à stimuler la fonction glycogé- 2 nique et par suite la fonction antitoxique du foie (Brissaud), le fait certain, indéniable, c’est qu'il modifie très heureusement les albuminuries graves et aiguës. Agit-il de même :
sur les albuminuries légères et chroniques ? Là est toute la question.
Tous les auteurs sont d'accord pour reconnaître que les albuminuries les plus favorablement influencées par le régime lacté ne disparaissent pas d’une façon brusque. Après avoir uriné par jour plusieurs grammes d’albumine, le malade n'en rend plus que 0,20, 0,10 et même moins par jour. À ce moment, le lait n’agit plus; bien au contraire, il est mal toléré é, il débilite, et on est souvent surpris de voir la suppression du lait et l'institution d'un régime tonique
-amener la disparition de albumine.
LS
Bien plus, on voit parfois une albuminurie insigni-
fiante s’aggraver sous l'influence du lait. Lecorché et Talamon en ont cité des exemples. Une de nos observations en
donne une nouvelle preuve. 11 est probable qu'en pareil cas, l'alimentation lactée produit des toxines ; c’est l’opi- -nion de Talamon (Congrès de Nancy) et c’est en effet une interprétation plausible.
Quelle que soit d’ailleurs l'explication du phénomène, ilest certain que le lait est au moins MAPOSERn dans quelques cas. Que fera-t-on alors ?
L’indication en pareil cas est abord de recourir aux toniques. Chez beaucoup de convalescents, chez la plupart des sujets affectés d’albuminurie passagère, cyclique ou non cyclique, surtout chez les adolescents, c'est à la médication ferrugineuse qu'il faut s'adresser.
Les eaux ferrugiaeuses peuvent avoir, dans ce cas,
une véritable utilité. On peut conseiller les eaux de Forges, l’eau d’Orezza, etc.
L’arsenic semble pouvoir rendre quelques services, mais il est certainement inférieur au fer.
Quand au régime, il consistera surtout en viande blanche, œufs, purées de légumes, riz. G. Sée recommandait l’usage du chocolat, du café au lait.
Nous pensons qu’on fera bien d’écarter certains légumes riches en acide oxalique: oseille, tomates, haricots verts. Les graisses, crème, beurre, si elles sont digérées, peuvent rendre des services.
Nous pensons qu’on doit également supprimer de l’alimentation certains poissons, sinon tous. G. Sée pensait que le poisson frais n’est pas nuisible.
En outre, il faut surveiller le fonctionnement intestinal et pratiquer l’antisepsie intestinale par le benzo-naphtol de préférence à tout autre agent, (Mathieu, Dujardin-Beaumetz). Enfin, après avoir déterminé les conditions qui chez les divers sujets, font apparaître l’albumine, on s’efforcera de modifier ou de faire disparaitre ces conditions, froid, fatigue musculaire, excès génésiques, abus du travail intellectuel, etc.
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