G'H“S*0« = GH1‘0,II0,S
acide suKovinique
etc.
D’ailleurs, comme la première, cette seconde hypothèse peut être rapprochée de la théorie des sels ammoniacaux : l’oxyde d’éthyle est comparable à l’oxyde d’ammonium, et de même qu’il forme les éthers composés en s’unissant aux acides anhydres, de même l’oxyde d’ammonium forme les sels ammoniacaux par sa combinaison avec ces mêmes corps,
La théorie allemande a été pendant longtemps plus généralement répandue que la théorie française. Mais ce point importe peu; si aujourd’hui les interprétations peuvent avoir changé, les faits et leurs relations générales sont, au contraire,- restés inattaqués, au moins dans leurs parties essentielles.
Sept années plus tard la question des alcools fit un pas encore plus considérable. C’est en effet dans un mémoire publié en 1835 que MM. Dumas et Péligot(l) firent voir que l’alcool, loin d’être doué de propriétés spéciales qu’on n’observe dans aucun autre corps, peut être considéré comme le type d’une série de substances organiques susceptibles de jouer le même rôle que lui.
Dans les belles recherches qui font l’objet du mémoire dont je parle, MM. Dumas et Péligot ayant étudié un liquide volatil extrait en 1812 du vinaigre de bois par Taylor, et nommé esprit de bois, constatèrent que ce corps possède des propriétés chimiques fort voisines de celles do l’alcool, qu’il est susceptible de s’unir aux acides avec élimination d’eau, pour former des éthers composés analogues aux éthers correspondants de l’alcool; qu’il peut produire en perdant de l’eau un éther particulier tout à fait comparable à l’oxyde d’éthyle; qu’il peut, en s’oxydant, se transformer en un acide, l’acide formique, tout comme l’alcool donne de l’acide acétique par oxydation ; etc.
En un mot, ils constatèrent que presque toutes les réactions connues pour l’alcool peuvent être répétées avec l’esprit de bois, de telle manière que les dérivés du premier et ceux du second forment en quelque sorte deux séries parallèles. De plus, ils firent remarquer que de même que l’alcool et l’esprit de bois diffèrent l’un de l’autre par C^H®, de même chaque terme de l’une de ces séries diffère de celui qui lui correspond dans l’autre par C^H^.
k cause de cette analogie avec l’alcool ordinaire ou alcool éthylique, l’esprit de bois reçut dès lors le nom d'alcool méthylique (de giSu, vin, et vin, bois), et fut considéré comme le générateur des dérivés du méthylène, C^H^, ou du radical méthyle,
Guidés par une de ces généralisations si souvent heureuses en chimie, MM. Dumas et Péligot cherchèrent si l’alcool méthylique était le seul composé qui reproduisît ainsi l’histoire entière de l’alcool.
(1) DümjIS et Péligot. — Annales de Chimie et de Vhysique, 2» série, T. LVIII, p. 5 (1855).
Quelques années auparavant, M. Chevreul (1) avait extrait du blanc de baleine par saponification un corps susceptible de former des éthers. De plus il avait fait remarquer que la composition de ce corps est telle qu’ou peut le représenter, ainsi que l’alcool et l’éther, comme une combinaison d’hydrogène bicarboné et d’eau, d’où le nom d'éthal formé des premières syllabes des mots éther et alcool. Ce corps fut comparé aux alcools éthylique et méthylique (2); MM. Dumas et Péligot trouvèrent qu’il est susceptible de fournir un carbure d’hydrogène analogue à l’élhérène, mais huit fois plus condensé, Véthalène ou cétène, des éthers composés analogues à
ceux des deux alcools, un acide par oxydation analogue aux acides acétique et formique, etc.; ils constatèrent, en résumé, que l’éthal est l’origine d’une troisième série semblable aux deux premières, la série éthalîque ; on le désigna dès lors sous le nom d'alcool éthaliqiie.
La route était tracée. L’alcool se trouvait le type d’une classe de corps organiques qui reproduisent avec une fidélité remarqua ble toutes ses réactions. Et, chose bien digne d’attention, ces rapprochements faits alors sur un nombre relativement restreint de composés,devaient trouver leur justification dans chaque découverte nouvelle de la science.
Des recherches de MM. Cahours (3), Dumas et Stas (4) et Balard (5) vinrent bientôt’ démontrer qu’à la liste des trois corps qui précèdent, on devait en joindre un quatrième, Valcool amylique. Ce corps déjà signalé par Scheele en 1785, et qui existe dans les produits de la fermentation alcoolique de certaines matières végétales, l’orge et la pomme de terre notamment, était désigné sous le nom d'huile de pomme de terre. Il avait été étudié précédemment par Pelletan (6)quile premier, sans reconnaître toutefois sa nature, avait indiqué qu’il possèdelapropriété de former des éthers par l’action des acides,puis parM. Dumas (7) quiavait fixésa composition,
(1) CnEVHEUL. — ioc. ci!.
(2) Dumas et Péligot. — Atmaies ôa Chimie et de Physique, 2« série, T. LXU, p. 5 (1836).
(5) Caiioues. — Amiaies de Chimie et de Physique, 2» série, T. LXX, p, 81 (1859) j T. LXXV, p. 193 (18i0).
(4) Dumas et Stas. — Annoies de Chimie et de Physique, 2“ série, ï. LXXIII, p. 128 (1840).
(5) Balabd. — Annales de Chimie et de Physique, 5« série, T. XIT, p. 294 (1844).
(6) Pelletan. — Annales de Chimie et de Physique, 2« série, T. XXX, p. 221 (1825).
(7) Dumas. — Annales de Chimie et de Physique, 2“ série, T, LVl, p. 314 (1854).
L’exactitude des vues de MM. Dumas et Péligot se trouvait donc démontrée.
Dès lors, les alcools nouveaux se multiplièrent de plus en plus, M, Brodie retira de la cire d’abeilles (1) et de la cire de Chine (2), Valcool cérotique, et \'alcool myricic}He tous deux
voisins de l’éthal : MM, Ghancel (3) et Wnrtz (4) séparèrent des produits de ta fermentation alcoolique les alcools propylique et butylique, et G®H*®0^; M. Bonis (5) obtint dans la réaction des
alcalis sur l’huile de ricin, Valcool caprylique, ; etc., etc.
Tous ces alcools ainsi que leurs dérivés diffèrent les uns des autres par un certain nombre de fois G^H^, de telle manière qu’ils forment une série régulière dans laquelle on peut en quelque sorte prévoir les termes encore inconnus. Ce dernier point fut surtout établi par Gerhardt.
Une découverte, sinon plus intéressante, au moins plus imprévue, fut celle de ['alcool benzylique faite par M, Gannizzaro (6). L’existence de ce corps dont la composition peut être représentée par la formule G''TI®0^, et dont la fonction alcoolique est parfaitement caractérisée, montrait que les composés organiques qui diffèrent de l’alcool éthylique par un certain nombre de fois G^H^, ne sont pas les seuls qui soient susceptibles de jouer le rôle d’alcools ; que la fonction alcool, autrement dit, n’est pas propre aux corps de la série grasse, comme on appelait dès lors l’ensemble des homologues de l’alcool ordinaire. A côté des alcools saturés d’hydrogène, apparaissait une autre série d’alcools non saturés d’hydrogène. L’alcool benzylique G’^H®0^ diffère en effet, par huit équivalents d’hydrogène en moins, de l’alcool G’*H’®0^ qui lui correspond dans la série grasse.
D’autre part, cette découverte venait donner une nouvelle exten-
(1) BnoDiE. — Amalm der Chemie und Vliamacie, T. LXVII, p. 201 (1848).
(2) Buodie. — Annalen der Chemie und Tharrmcie, T. LXXI, p. 144(1849).
(3) Ghancel.— Comp/es rendus des séances de l'Académie des Sciences, T. XXXVIII, p. *10 (1852).
(4) WuHTZ. — Annales de Chimie et de Physique, 5® série, T. XUI, p. 129 (1854).
(5) Boms. — Annales de Chimie et de Physique, 5» série, T. XLIV, p. 77 (1855).
(0) Gannizzako. — Atmlen der Chemie und Pharmacie, T. LXXXUI, p. 129 (1855).
sion aa mot alcool ; elle prouvail que les alcools peuvent présenter en dehors des propriétés propres à la fonction chimique qu’ils possèdent^ des caractères beaucoup plus variés qu’on no l’avait cru jusqu’à ce moment.
Les divers points de vue qui précèdent ne concouraient pas seuls à donner de l’importance aux recherches de M. Cannizzano : la méthode au moyen de laquelle il avait produit l’alcool benzylique était applicable à d’autres cas, et pouvait conduire à la préparation de nouveaux alcools.
Cette méthode consiste à faire la réaction inverse de celle par laquelle on transforme un alcool eu aldéhyde : une aldéhyde se formant par la déshydrogénation d’un alcool,, ou,, ce qui revient au môme, par son oxydation,
alcool aldéliyde
on peut, en fixant sur elle de l’hydrogène, la transformer en alcool correspondant :
aldéhyde alcool
Il suffit, pour opérer cette hydrogénation, de faire agir l’hydrate de potasse sur l’aldéhyde :