Almls mitaim proprement dits ou de substitution
La classe des alcools unitaires proprement dits est de beaucoup la plus connue et la mieux étudiée ; c’est également la plus nombreuse.
Les alcools qui la composent sont caractérisés, d’abord par la nature unitaire des carbures auxquels ils se rattachent,puis par leur mode de dérivation de ces carbures.
Ils dérivent, en effet, avons-nous dit, des carbures unitaires de la forme générale par la substitution des éléments de
l’eau (HW) à H*.
Leur formule commune est donc
Si dans cette dernière formule on fait p = ], elle devient C*nH®“ (H^O®) et correspond aux alcools monoatomiques., c’est-à-dire susceptibles de saturer un seul équivalent d’acide monobasique avec élimination d’une seule molécule d’eau (HW).
Si l’on fait /? = 2, la même formule devient et cor¬
respond aux alcools diatomiques, c’est-à-dire susceptibles de saturer deux équivalents d’acide monobasique avec élimination de deux molécules d’eau (H^O^)^
Si P = 3, elle devient C*“"H®™(HW)® et correspond aux alcools triatoniiques, etc.
D’où cette conséquence que les alcools proprement dits peuvent former, d’après leur atomicité, les ordres suivants:
1*' ordre. — Alcools monatomiques dérivés de
2« ordre. — Alcools diatomiques C*“H*"(H*0*)* »
3' ordre. — Alcools triaton)iques »
i" ordre. — Alcools trélratomiques »
5* ordre. — Alcools pentalomiques »
6' ordre. — Alcools hexalomiques »
On ne connaît pas encore d’alcools doués de plus de six atomicités.
Ajoutons que pour les alcools proprement dits, l’atomicité peut être reconnue au nombre d’équivalents d’oxygène qu’ils contiennent. C’est là une autre conséquence de ce qui précède.
Chacun des six ordres que nous venons d’indiquer peut être encore, comme il a été dit, subdivisé en familles d’une manière trèsnaturelle.
Si, en effet, dans la formule générale des carbures d’hydrogène auxquels nous rapportons les alcools proprement dits on fait varier la valeur de m, c’est-à-dire le nombre des équivalents d’hydrogène, on aura des relations qui correspondront à des groupes do carbures très-différents, à des groupes de carbures d’autant plus incomplets, d’une atomicité d’autant plus élevée (1), quem sera plus petit. On conçoit donc que ces corps, doués de propriétés diverses, engendreront par substitution des alcools très- différents.
Or, d’un autre côté, on devra toujours observer entre les valeurs de n et de m certaines relations : la valeur maximum de m correspondra aux carbures saturés, autrement dit aux carbures de la forme D’où il suit que l’on ne pourra avoir d’alcools plus
hydrogénés que ceux qui dérivent de et sont représentés
par la relation C*"H®”+'*0®'’.
Ainsi donc, si, dans cette dernière relation, on retranche successivement 2 au nombre des équivalents d’hydrogène 2w-+-2, on aura une série de formules qui représenteront chacune une famille d’alcools à radicaux de plus en plus incomplets.
Nous allons donner la liste des alcools proprement dits connus aujourd’hui, en les classant d’après la méthode que nous venons d’indiquer.
f'• ClMse. — Alcool* proprement dit*.
(H*0’)p, dérivés par substitution de C*“n*“(FI*)p.
t" OaDUR. — Alcools monoatomiques.
(1) Remarquons, en passant, rorigine de ia diiïérentiatiou qui doit être faite entre l'atonicé des alcools et celle des radicaux dont ils dérivent.
■ Famille. — (2m:
= 2îi). — Formule générale C2"H*“+>0*.
Alcool métbylique (1)
— éthylique (2)
— propylique (3)
— butylique (4)
— amylique (5)
— caproïque (6)
— œnanthylique (7)
— capryliqiie (8)
— cétylique (9)
Cs»Hs*o*
— cérotique (10)
— myricique(H)
coofleso»
FamiUe. — 2m =
2n —2. — Formule générale 0*.
Alcool acétylénique (12)
(1) TAîLoa (1812). —Dumas et Péugot. — Amalei de CJàmie et ée Physique, S* série, T. LVIIl, p. S (1855).
(2) Connu depuis un temps très-reculé.
(5) CuANCEi.. —Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, T. XXXVIII, p, tio (1852).
(4) WüRTZ. — Annales de Chimie et de Physique, S» série, T. XLII, p, 129 (1854),
(5) Scueele(1785). — Gahoühs. — Annales de Chimie et de Physique, 2» série, T. LXX, p. 81 (1859); T. LXXV, p. 195 (1840). — Baiab». —Annales de Chimie et de Physique, 5« série, T. XII, p. 294 (1844).
(6) Faget. — Comptes rendus des Séances de l'Académie des Sciences, T. XXXVII, p. 750 (1855).
(7) Faget. — Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, T. XXXVII, p. 750 (1862).
(8) Bouts. — Annales de Chimie et de Physique, S* série, T. XLIV, p. 77 (1855).
(9) Chevbeul. — Recherches sur les corps gras, p. 171 (18215). T-ifiusAS et Péligoi, — Annales de Chimie et de Physique, T. LXII, p. 4 (1856).
(10) Brodie. — Annalen der Chemie und Pharmacie, T. LXVIl, p. 201 (1848).
(11) Brodie. — Annalen der Chemie und Pharmacie, T. LXXI, p. 144 (1849).
On verra plus loin quo l’alcool présentant des relations étroites et constantes avec l’acide acétique, ses homologues présentent les mêmes relations avec ceux de l’acide acétique. Il en résulte que si, à la vérité, un certain nombre de termes do la première famille sont inconnus, on peut à coup sûr prévoir l’existence de beaucoup d’entre eux pour lesquels on connaît Vacide gras correspondant.
(12) Bertheuot. — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, T. L, p. 805*— Annales de Chimie et de Physique, 5« série, T. LXVII, p. 52 (1860). — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, T. LVIII, p. 077.
84 - Alcool allylique (1)
5" Famille. — 2m = 2n — 4. — Formule générale G'eH*”—*0*.
n = 10 Alcool campholique (2) C*«H‘»0‘
4» Famille. — 2m = 2n — 6. — Formule générale ‘0*.
5« Famille. — 2m = 2n — 8. — Formule générale
n = 7 Alcool benzylique (3) C**H*0*
n=8 — toluique(4)
nz= lO — cuminique (5) G®"H“0*
n=18 — sycocérilique (6) H*“0*
0" Famille. — 2m = 2n — 10. — Formule générale *6*.
11 = 9 Alcool cinnamique (7) C**H'*P*
n = 26 — eholQstérjqq^ (^) po’H^O*
(1) ZiNiN. — Annulender Chemie und Fharmacie, T. XCVI, p. 561 (1855). — çi ^of-
MiVSït. — Comptes des séa.nce^. de l’4.C((déifiiO (fe? Sciences.^ T-. P- 217 (1856).
(2) Peloüze. — Cotn^tes remous des s.é(trices de l’AeodMie des Spiençes, T. XI, p. 569 (1840). — Bertuelot. — Chimie organique fondée sur la synthèse, T. f, p, 145 (1860).
Il ri^sulte de reclierches récente^ de IVI. Berthelet sur les carbures dé la série aromatique que plusieurs des alcools que je cite plus loin, campholique, benzylique, toluiquo, cuminique, sycoeérir plique et cinnamique, lesquels appartiennent à cette série, sont très^obablement dos alcools secondaires ou tertiaires. Toutefois, comme la constitution de ces corpsn’est pas encore directemnt établie je les laisserai dans cette classe d’alcoolsoù on lesplace d’ordinaire.
(5) Gannizzaro. — Annalcn der Chemie und Fharmacie, T. LXXXVIIi, p. ^29 (1865).
(4) Gannizzaro. —Annalender Chmieund Fhamack, T. LXXXVIII, p. 129, (ISôsi
(5) Kraut. — Annalender Chemie und Fharmacie, T. XGII, p. 66 (1854).
(6) Warren be la Rue et H. Mdeller. — Froceedings of the royal Sooiety, T, X, p. 998(18^.9).
(7) Simon. — Annalen der Chemie und Fharmacie, T. XXXI, p. 265 (1859). — Lim-Riép. t- Eandiuchder Chemie von Gmelin {Forsetzung), T. VI, p. 612(1858).
(8) Gonradi (1775). — Bertuelot. — Annales de Chimie et de Fhysique, 5‘ s^riq, T. XJ^^, p, 449 1848).— De Luynes. — Im. cit.
2* Ordre. Alcools dutomiques.
1« Fmittet — 2m as 2n — 2. Formule générale G>“ H*" + »0*.
Glycol éthylique (1)
— propylique (2)
CHW
— butylique (3)