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DES

ALTÉRATIONS ATHÉROMATIllSES

Les connaissances que nous possédons aujourd’hui sur l’altération athéromateuse des artères sont le résultat d’acquisitions progressives dont la réalisation a exigé plus d’un siècle. Pendant cette longue période, dont nous exposerons dans un instant les diverses phases, la conception scientifique de l’athérome artériel a subi de nombreuses et profondes modifications ; mais elles sont toutes reliées par un caractère commun, dont la notion en facilite l’intelligence et en accroît l’intérêt; ce caractère, c’est la subordination constante de ces opinions particulières aux fluctuations subies par la doctrine générale de l’inflammation. Telle est la rigueur de ce rapport, qu’à un moment quelconque de son histoire la théorie de l’athérorae est l’expression et le reflet des idées régnantes sur l’acte morbide connu sous le nom générique d’inflammation. Ce rapprochement fait déjà pressentir l’importance singulière du sujets mais qu’on l’envisage d’un peu plus près, et l’on sera frappé de l’extension inattendue qui en agrandit la portée.

En elle-même, la lésion athéromateuse soulève des questions délicates d’anatomie pathologique et d’histologie ; examinée dans ses origines et dans son mode pathogénique , elle met l’observateur en présence d’un problème toujours controversé I et toujours obscur, celui des limites respectives de l’inflammaj tion et de la dégénérescence ; étudiée dans ses conséquences

immédiates, elle se rattache à des troubles spéciaux de la mécanique circulatoire et delà répartition du sang; elle embrasse l’exposé des désordres va^r.ula ires que suscite, dans l’organe central de la circulation, l’altération du système périphérique; elle lient sous sa dépendance toute une classe d’hémorrhagies; elle fait surgir la question de la coagulation du sang artériel, celle des gangrènes et des nécrobioses qui en sont l’effet ordinaire. Envisagée enfin dans ses conséquences éloignées, la lésion athéromateuse étend son influence jusqu’à l’échange nutritif interstitiel et elle revendique pour une part les anémies, les atrophies ainsi que la dégradation fonctionnelle limitée ou générale qui en sont peut-être la suite. On aurait peine vraiment à trouver un sujet plus compréhensif, et il est facile de voir par ce simple aperçu que la question, si simple et si bornée en apparence, de l’athéromasie artérielle, touche en réalité aux problèmes les plus complexes de l’histologie, de l’anatomîe pathologique, de la physiologie et de la pathogénie, en un mol de toute la médecine.

Reprenons maintenant les choses de plus haut, et voyons les phases diverses qu’a traversées la question avant d’arriver sur le terrain où nous la trouvons aujourd’hui (1) .

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