TROUBLES VISUELS DES OUVRIERS EN BRAI. «O
des incrustations du conduit auditif externe et à de l'otite externe suppurée. Portée dans les voies respiratoires et digestivcs, il occasionne du coryza, des tubercules ulcérés des fosses nasales, de kl hronchite avec ou sans pseudo-mélanose pulmonaire, et des troubles gastro-entéro-liépatiques.
Les poils et les cheveux de ces derniers participent à cette coloration et deviennent roux-brùlés.
La teinte bronzée de la peau imprime à l'habitude extérieure de ces ouvriers un cachet spécial. Ces individus conservent, en outre, des troubles visuels qui peuvent persister assez longtemps après la cessation du travail, ainsi que le prouve l'observation suivante :
Observation. — Homme de cave pendant huit ans. — Phthisie par pseudo-mélanose pulmonaire. — Mort. — En juin 1874, un homme de cave aux agglomérés de Saint- Vaast, âgé de 72 ans, est mort à l'Hôtel-Dieu de Valenciennes, salle Saint- Joseph n" 16, dans le service du D"" J. Manouvriez,
Employé durant plus de huit années au broyage du brai, il avait quitté la fabrique depuis seize mois quand nous l'observâmes vers la fin de février 1874.
Pendant son travail, il était pris d'élancements douloureux dans la face et de picotements des yeux, Malgré les lunettes de protection délivrées par la Compagnie, les douleurs et l'amblyopie momentanée, exaspérées par la simple impression de l'air au sortir de la cave, étaient devenues telles, qu'il lut forcé de quitter la fabrique.
Sa peau offrait la teinte bronzée luisante et l'épaississement caractéristiques. Les conjonctives étaient colorées en jaune* La phlhisie par fausse mélanose pulmonaire, causée par l'inhalation de la poussière de brai, amena sa mort*
La poussière de brai offense les yeux des hommes de cave et détermine des picotements, du larmoiement et de la photophobie, des ophlhalrnie-s diverses : conjonctivite, ptérygion, kératite et iritis et de Vamblyopie passagère ou permanente, qui souvent diminue progressivement après la cessation du travail aux ag-
glomérés. Dans certains cas, les conjonctives peuvent être colorées en jaune, comme cliez le sujet de l'observation précédente.
Chez quelques ouvriers, M. Manouvrier a observé de Vhèmèralopie avec photopfiobie , réduction dans l'amplitude de l'accommodation et sensation de voile devant les yeux. Dans le cas suivant, que nous empruntons à Manouvrier, l'examen ophthalmoscopique a pu être pratiqué.
Observation. — Ouvrier en brai pendant dix années. — C anéroïdes du nez et du scrotum. — Incision cruciale et la cautérisation ammoniacale. — Amblyopie avec réduction dans V amplitude de t accommodation, hèmêralopie et photophobie.
Le 7 juillet 1875, nous examinons un ancien ouvrier en agglomérés, âgé de 44 ans, qui a quitté il y a cinq mois et demi la fabrique de Saint- Vaast, où il avait travaillé depuis dix années, dont deux à la cave, sept à la distillation du goudron, et les cinq derniers mois aux bassins de brai.
Palpitations de cœur, pendant le travail à la distillation du goudron et aux bassins de brai, reparaissant de temps en temps depuis la sortie de la fabrique, bien qua nous ne constations pas de bruits de souffle cardiaques et vasculaires.
Depuis quelque temps, sa vue s'affaiblit, surtout à droite, et cette ambliopie a continué à augmenter depuis qu'il ne travaille plus aux agglomérés. Le malade ne peut plus lire qu'à une assez grande distance, c'est-à-dire que Je point le plus rapproché de la vision distincte s'est éloigné de l'œil (réiuction dans l'amplitude de l'accommodation) f il éprouve la sensation d'un voile qui serait interposé entre ses yeux et les objets extérieurs. Dès que le crépuscule arrive, cet ouvrier voit moins distinctement ; le soir, il ne peut plus reconnaître les personnes (hèmêralopie). D'autre part, la vive lumière du soleil l'impressionne péniblement, l'éblouit et l'empêche de distinguer nettement les objets. La photophobie était telle, que le malade avait eu le soin de peindre l'intérieur de sa maison en couleur foncée ; il eût été fatigué par la réflexion blanche des murs blanchis à la chaux.