CONCLUSIONS
Nous avons analysé à peu près tout ce qui a été dit au sujet de l'emploi de la stryclinine dans les différentes affections oculaires. Si nous y ajoutons les résidtats de nos propres expériences faites sur de nombreux malades depuis six ans, je crois pouvoir formuler ainsi mes conclusions :
•1° Que la strichnine a une action excitante toute spéciale sur les fibres du nerf optique ;
2" Que cette action est tout à fait passagère ; elle se traduit par des phénomènes lumineux, tels qu'éclairs, étincelles, et des lueurs rouges ou bleues, qui commencent un quart d'heure après les injections de strychnine et se prolongent souvent pendant plusieurs heures ;
3" Que les phénomènes lumineux peuvent se produire dans les yeux dont la vue est complètement et définitivement abolie ; ils peuvent, au contraire, faire complètement défaut dans certaines atrophies de la papille, où la vision n'est pas complètement abolie;
4° Que le développement des phénomènes lumineux dans un œil malade n'est nullement un signe favorable pour le rétablissement de la vue;
5" Que les injections de strichnine, contrairement à l'assertion de certains auteurs, restent sans aucune influence sur les atrophies des papilles, quelle que soit la nature de ces dernières ;
6° Qu'elles n'exercent, non plus, aucune influence sur les rétinites pigmentaires;
7" Que, malgré quelques cas de guérison de névrites optiques rapportés par les auteurs, les injections de strychnine doivent être proscrites d'une manière absolue, toutes les fois qu'il s'agit d'une inflammation des fibres optiques ou de celies de la rétine. Provoquer une excitation pendant la période inflammatoire du nerf optique, lorsque cette dernière dépend de l'inflammation des méninges ou de l'encéphale lui-méuie, est nou-seulemeut
ii'rationnel, mais il peut être dangereux pour la santé générale du malade-. Ces injections ne peuvent être autorisées que dans la période résolutive et atrophique de la névrite, surtout lorsqu'elle est restée très-longtemps stationnaire ;
8** Les injections strychninées ou les instillations de ce médicament dans l'œil, sous forme de collyre, peuvent être recommandées avec une certaine utilité dans des amblyopies sans lésion. Néanmoins, nous devons ajouter que ce médicament ne doit être employé que comme moyen accessoire et du second ordre, et que l'attention principale doit toujours être dirigée contre la cause de la maladie.