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HÉMIANESTHÉSIE ALCOOLIQUE AVEC AMAUROSE

Lïntoxication alcoolique et absinthique peut donner lieu à des accidents analogues à ceux que l'on constate chez les femmes hystériques. Ce sont des hémianesthésies qui sont souvent compliquées d'accidents convulsifs, ou épileptiformes, de paralysies des membres ou des muscles isolés, de surdité et de cécité.

L'hémianesthésie alcoolique occupe souvent le côté droit, de même l'amaurose se déclare dans ces cas à l'oeil droit; dans d'autres cas elle occupe le côté gauche, et le trouble de la vue se présente dans l'œil gauche seul ou bien dans les deux yeux. L'afîection se déclare d'une manière lente, l'acuité visuelle s'affaiblit, le champ visuel externe se perd, et la dyschromatopsie devient manifeste dans un seul œil malade. Peu à peu tous ces symptômes s'aggravent, et la cécité devient absolue, comme il résulted'une observation quenous empruntons à M. Magnan, qui a décrit le premier cette variété.

Voici un résumé succinct de l'observation rapportée par Magnan.

Observation. — ,T. P,..., âgé de 59 ans, adonné depuis nombre d'années aux boissons alcooliques et à l'absinthe dont il prend Jusqu'à sept verres par jour. Sous l'influence de ces

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excès il est pris de vomissements, de convulsions. Un jour en travaillant il perd subitement connaissance, et se trouve à l'hôpital avec paralysie de tout le côté droit. A son entrée à l'asile, i2 juin 187?, il présente de l'hébétude et des hallucinations Iréquentes. 11 se plaint d eblouissement, de lueur devant les yeux. Le côté droit du corps est paralysé et aneslhésiô. L'acuité visuelle est diminuée, il lit les caractères d'un centimètre, et il est alTecté de dyschromatopsie de cet œil seul, tandis que l'œil gauche voit toutes les coùleurs. Pendant les mois de mars, avril et mai 1873, les facultés visuelles et usuelles s'affaiblissent de plus en plus, l'hémianesthésie est complète, l'engourdissement du bras et de la jambe droite persiste. Au mois de septembre l'ouïe de l'oreille droite ainsi que la vue du même côté se sont complètement perdus, l'œil reste ouvert devant le soleil, sans percevoir aucune sensation, a Examiné à l'optithalmoscope, cet œil n'offre rien d'anormal, la papille conserve sa transparence et sa teinte rosée physiologique, les vaisseaux, artères et veines parcourent régulièrement leui* trajet sans altération particulière soit au niveau, soit au delà de la papille. »

Cette observation est intéressante à plus d'un titre, elle montre d'abord qu'une cécité monoculaire peut survenir sans la moindre lésion de la papille ; d'autre part, nous voyons là des phénomènes d'hémi-anesthésie bien caractérisés, semblables à ceux des femmes hystériques produits par des excès alcooliques, et qui se traduisent du côté de l'œil par des troubles visuels ressemblant sous tous les rapports à ceux de l'hystérie, mais qui abouiissent à la cécité monoculaire.

Mais il peut arriver, que par suite d'une intoxication alcoolique chrojiique, il survienne d'abord une amblyopie de imême nature des deux yeux et qui sera suivie, au bout de quelque temps, d'une hémi-anesthésie gauche et d'un affaiblissement plus grave de la vue du côté gauche. L'observation suivante, que j'ai recueillie à ma clinique, est im fait des plus remarquables.

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OBSERVATiON. — M. P..., Agé de 48 ans, commerçant en porcelaine, vint me consulter en juillet 1872, pour une amblyopie toxique, occasionnée par l'usage immodéré des alcooliques. Pendant le siège de Paris, il avait pris l'habitude de prendre beaucoup de vin et des petits verres. Les pertes d'argent l'ont poussé aux excès alcooliques, et il est arrivé peu à peu au ijoint qu'il ne pouvait pas se passer des boissons spiritueuses. Sa vue baissa rapidement, et il cessa de distinguer, à lire et écrire, et i^ voyait à peine pour se conduire. Le malade ne distinguait pas la monaie d'or et d'argent et confondait les couleuis rouge et vert. Les pupiles étaient irrôguliôres. A l'ophthalmoscope j'ai constaté que la papille, dans sa moitié externe (image droite), est plus pâle, anémique. Les artères sont amincies et filiformes par places. Je l'ai soumis au régime très-sévère, et au bout de cinq mois il a été soulagé, mais vers la fin de février 1873, il est revenu avec une aggravation, ce qui dépendait de nouveaux excès alcoliques. Le même traitement et le même régime a été suivi pendant trois ans consécutifs.

Vers la fin de 1874, il s'est aperçu que le côté gauche du corps chez lui était un peu affaibli, aneslhésié et froid. Il sentit une faiblesse marquée dans la jambe aussi bien que dans le bras gauche, la tête de ce même côté paraissait plus insensible et comme engourdie. Cet état persiste jusqu'à ce jour, malgré tout le traitement que nous lui avons fait suivre. La vue pourtant revint en grande partie, il a repris son travail, il peut lire, mais se fatigue facilement.

1"' février 1877. Il vient me consulter pour une ecchymose sous-conjonctivaledu côte gauche. 11 déclare que le côté gauche de la face est froid, l'œil gauche éprouve des élancements. Les piqûres d'épingle dans le côté gauche du nez, de l'oreille et de la face ne se sentent pas bien, la même chose a lieu avec le bras, la jambe et le dos ; ou y découvre des plaques disséminées d'anesthésie cutanée, il éprouve aussi très-souvent des fourmillements dans le bras et la jambe gauche.

Il est intéressant de remarquer que son anesthésie n'est pas aussi générale et complète que chez les hystériques, mais elle présente des points et des régions limités dans lesquelles le

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malade uo sent rien, tandis que dans les parties voisines la sensibilité est normale. Une partie de la face gauche, les paupières et l'œil sont engourdis, et le malade se plaint de sentir cette moitié de la tête très-froide.

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