Partie usitée.— Écorce
Composition chimique.—Principe amer, le touloucounin|{Caventou).
Pharmacologie.—Peu connue. Est réputé fébrifuge en Cazamance. (Sambuc.)
Houx.— Ilex aquifolium. Ilicinées.
DÉDO ES Parlie usilée. — Feuilles.
Composition chimique. — Cire, chlorophylle, matière très-amère. Sels de potasse et de chaux.
Pharmacologie. — Poudre de feuilles, 6 grammes.
Buis. — Buxus sempervirens. Buxacées. Principe amer, la buxine. Comme le houx.
Ajoutons aux amers déjà signalés les produits du Chêne: écorce, alles; les produits du Saule, du Frêne, de l'Olivier (écorce), l’Artichaut, etc. |
Ces substances amères, que nous laissons dans l'ombre, participent des propriétés chimiques et physiologiques des précédentes et peuvent, par le tannin qu'elles contiennent, avoir une certaine influence sur la marche et la durée des fièvres, en même temps qu’elles jouissent de propriétés stomachiques et toniques générales par leur extractif amer.
L'action physiologique des amers purs à été connue de tout temps. Toujours on leur a attribué la propriété stomachique en même temps que la propriété tonique générale : ils augmentent la force des battements du cœur et du pouls, mais sans donner de fièvre. Rabuteau et Turabian (de Césarée) les ont étudiés expérimentalement sur euxmêmes.
M. Tschelzoff, sur les conseils du professeur Botkin, s’est également efforcé de se rendre compte de leur action; mais ses expériences, entreprises sur les animaux et in vitro, l'ont conduit à des conclusions beaucoup trop radicales. Pour lui, les amers, et en particulier les amers purs, ne seraient d'aucune utilité dans les maladies du tube digestif, ce qui est en opposition complète avec l'observation journalière des faits.
1° Digestion. — D'après Rabuteau et la plupart des auteurs, il y a augmentation de la sécrétion salivaire sous l'influence des amers, la-
LENCRIEES
quelle est surtout manifeste pendant le temps que l’on perçoit la sensation d’amertume. Pendant les chaleurs, cette hypersécrétion modère la soif; l'appétit est accru; il y à surtout fréquence du besoin d’aliments. Lorsque ce besoin n’est pas satisfait, il se produit des pincements, des aigreurs, provenant sans doute de la présence du suc gastrique dans le ventricule. Le suc gastrique est augmenté de quantité par effet réflexe et sympathique. On sait que, chez les chiens à fistule, il a été constaté que toute substance sapide, en accroissant la sécrétion salivaire, augmentait aussi celle du suc gastrique.
Que ce suc soit augmenté, nous le croyons, puisque les résultats thérapeutiques le prouvent et que M. Tschelzoff lui-même, si opposé aux amers, à constaté une légère augmentation de la sécrétion gastrique sous l'influence de faibles doses de substances amères ; mais nous contestons l'explication de Rabuteau. Les amers, en effet, agissent sur l'estomac en dehors de leur action sur la muqueuse buccale, et il est probable que les expansions gastriques terminales du vague sont aptes à éprouver une sensation, nous ne dirons pas d'amertume, mais une s2nsation spéciale sous l'influence des amers. Ce qui nous fait admettre à priori l'action spéciale et directe sur l’estomac des amers purs, c’est que la poudre de Gentiane ou de Quassia, les extraits amers, agissent de même comme stomachiques, bien qu’il soient souvent donnés masqués dans du pain azyme.
Il est évident que la saveur amère comme l’astringente à besoin, pour être perçue en tant que saveur, de l'intervention de l'organe du goût; mais, cette saveur une fois constatée, les corps ayant l’amertume comme propriété, de même que ceux quiontl’astringence, doivent impressionner d’une certaine manière l'estomac et lui imprimer des modifications parculères.
Une remarque à faire, c’est que les expérimentateurs, s'étant imposé un régime uniforme et monotone, n'ont jamais souffert de cette monotonie et n’ont point éprouvé de dégoût, grâce sans doute à cette stimulation de l’appétit et de la digestion.
C’est qu’en effet, et ceci vient encore en aide à notre manière de
voir, l’action des amers ne se limite pas à la bouche et à Pestomac : il y a régularisation des selles, et ces effets sont surtout marqués chez les personnes habituellement constipées. Mais cette régularisation ne va jamais jusqu’à la diarrhée, ce qui sépare nettement les amers purs de notre 3 classe, À quoi est due cette hypersécrétion? Hypersécrétion glandulaire analogue à celle de la salive, ou stimulation du plan musculaire ? Les deux probablement, surtout sil’on songe que le quassi amer, eninjections sous la peau des animaux, produit des convulsions.
2° Circulation, Respiration, Température.— Les amers purs peuvent se diviser en deux classes: les toniques proprements dits et les toniques fébrifuges ; les premiers ne contenant que peu ou pas de tannin, les seconds en renfermant des quantités plus ou moins fortes et lui devant très-probablement leurs propriétés antipériodiques. Les toniques proprement dits n’impriment à la circulation, à la température, à la respiration, que des modifications insignifiantes ou nulles, mais leurs effets sont plus marqués chez les gens affaiblis. C’est une excitation tonique, n’allant jamais jusqu’à la fièvre ; le pouls prend plus de force et plus d’ampleur, la respiration diminue de fréquence tout en se faisant plus profondément, la température à son taux normal.
3° Sécrétion et Nutrition.— Nous venons de voir la sécrétion gastique. Pour M. Tschelzoff, la sécrétion pancréatique n’est nullement influencée. Quant à la bile, elle augmente lécèrement de quantité sous l'influence des extraits d’absinthe, de ményanthe et de fortes doses de cétrarine. Les extraits de Quassia, de Colombo et de faibles doses de cétrarine n’ont aucune action sur la sécrétion biliaire. Quand il ÿ à augmentation de celle-ci, elle doit être mise sur le compte de la masse d’eau ingérée. Sous l'influence d’un régime uniforme, la quantité d'urine s’est montrée légèrement accrue, ce qui est encore dû trèsprobablement au véhicule (infusion) de l’amer. Les modifications de l’urée seraient nulles ou accidentelles pour la plupart des auteurs. Pour M. Tschelzoff, qui a expérimenté sur les animaux l'extrait de Quassia et de Ményanthe, l’azote est excrété en faible quantité dans les urines ; mais, par contre, les matières fécales en contiennent davan-
NDS — tage ; l'animal ou l’homme malade perd de son poids, et par conséquent la désassimilation est accélérée. Ici nous trouvons encore une source d’expérimentation. Le régime doit varier, en effet, en quantité suivant les besoins, et si à un anémique anorectique nous donnions les amers sans obéir à l’appétit qu'ils vont faire naître, nous irions à l’encontre de notre prescription.
Nous pouvons conclure de ces expériences que les amers purs ne sont pas des modérateurs de la nutrition; au contraire, ils sont des excitateurs de cette fonction. Nous verrons ailleurs le premier mode prédominer dans la sixième classe.