I. — AMERS PURS
GENTIANE.— Gentiana lutea L., plante vivace. Gentianacées. Rouge en Allemagne (G. rubra), pourpre en Norwége (G. purpurea), ponctuée (punctata), croisée (cruciata), jaune en France(lutea), Bourgogne, Pyrénées, Cévennes, Puy-de-Dôme.
Partie usitée. — La racine, perpendiculaire, très-longue, grosse comme l’avant-bras, tortueuse, ramifiée. Est livrée au commerce en morceaux de la grosseur du pouce, durs, cylindriques, ridés, couleur brun foncé à l'extérieur, jaune à l’intérieur, d’odeur désagréable, de saveur amère tfès-franche. Récoltée à deux ans, mondée sans lavage, séchée à l’étuve.
Composition chimique. — 1e Gentio-picrin, matière amère, en masse résinoïde, incristallisable, très-soluble dans l’eau et l'alcool;
ICO 2 principe odorant fugace; 3 principe inodore, insipide, obtenu en aiguilles d’un jaune très-brillant, le gentianin ou gentisin; 4 sucre, pectine, gomme, caoutchouc; 5° un tannin (découvert par M. Ville, agrégé à Montpellier), l'acide gentiotannique.
Pharmacologie. — Poudre, 1 à 4 grammes. Infusion, 5 grammes. Extrait, ? à 4 grammes. Teinture, 2 à 8 grammes. Vin, 100 à 200 gr. Sirop, 10 à 100 grammes.
Entre dans l’élixir de Peyrilhe, le fébrifuge français, le remède du duc de Portland, etc.
QUASSIA AMARA L. — Arbrisseau de ? à 3 mètres de haut. Bois amer de Surinam. Rutacées, Simaroubées (Surinam, Guyane). Le nom
. vient du nègre Quassi, qui l’a fait connaître. Plusieurs espèces (ferruginea, suaveolens, floribunda, guyanensis, amara, africana) (Baillon).
Partie usitée. — La racine, dite bois de Quassia, 3 à 5 cent. de diamètre et plus, cylindrique; écorce mince, unie, blanchâtre, tachetée de gris, peu adhérente; bois jaunâtre, léger, de fine texture; amertume franche, pure, très-énergique, sans arrière-goût; astringent ou aromatique.
Composition chimique. — Quassine ou bitterine, découverte par Winckler, neutre; cristaux prismatiques, blancs, inodores, très-amers, solubles dans l'alcool, peu dans l’eau et l’éther. Huile volatile, pectine, fibres ligneuses, sels.
Pharmacologie. — Poudre (écorce ou bois): 0 gr. 30 à 2 gr. Copeaux, faisant infusion ou macération, ? gram.; quelquefois gobelets (calices de bois de Surinam) mauvais, car moisissures au bout d’un certain temps et goût très-désagréable. Extrait: 10 à 50 cent. Teinture, 10 à 15 gr. Vin, 20 à 100 gr. Lavement : 15 à 30 gr. en décoction. © La quassine d’Adrian se donne en cachets à la dose de 3 à 5 centig. — Granules de quassine du professeur Burggraeve.
DouNpaKÉ. — Sarcocephalus esculentus Afz. Rubiacées, tribu des Gardéniées, sous-tribu des Sarcocéphalées (Heckel), décrite par Afzé-
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lius, pour la première fois, en 1824. En 1876, dans son esquisse de la flore et de la faune du Rio-Nuñez, M. le docteur Corre le signale à son tour comme amer pur, mais en émettant des doutes sur ses propriétés fébrifuges. En 1883, MM. Bochefontaine, Marcus et Feris (Comptes rendus de l’Académie des sciences, 23 juillet 1883, p. 271). annoncent la présence d’un alcaloïde, la doundakine, dans l'écorce du Sarcocephalus esculentus. — Trois ans plus tard (Archives de médecine navale, 1885-1886), MM. Heckel et Schlagdenhauffen, dans un travail très-complet, identifient le doundaké. Pour eux, la doundakine n’est pas un alcaloïde, mais un corps azoté, résinoïde, colorant.
Nous devons à l’obligeance de nos excellents collègues et amis MM. Combemale et Sambuc, pharmaciens de la marine, les renseignements suivants sur le Sarcocephalus esculentus :
Le Doundaké existe entre le Rio-Nuñez et Sierra-Leone. On le trouve dans le Rio-Pongo, le Rio-Dubreka, dans la Mellacorée, la vallée du Rio-Cassini. On le désigne en sousou sous le nom de Doundaké. Il porte en saracolais le nom de Bati, et en kassonkais celui de Noumaré.— On le trouve dans le Sénégal proprement dit, où les Yolofs le dénomment Nandouk et les Toucouleurs Djadabi. On en rencontre aux environs de Tamboukané, entre Kayes et Bakel, et de préférence dans les endroits humides, auprès des marigots. Un de nos collègues de la marine en aurait trouvé à Niagassola. Les Lambaras connaissent cette plante, qu’ils désignent sous le nom de Bati, et les Malenkaiïs sous le nom de Batio. D’après les Dioulas, les Batis pullulent à Toukoulo, entre Badumbé et Kita. Or Toukoulo se trouve au confluent du Bak-Hoy et du Baoulé, ce qui prouve que le Doundaké aime les endroits humides. Le docteur Fras, médecin de la marine, en aurait trouvé dans la Tankisso et dans le Ouassalou, et à Siguiri et Sansondo, toutes deux villes sur le Niger. On le trouve enfin dans le bas Sénégal, dans toutes les localités humides du pourtour de la rade de Dakar-Rufisque, à Hann, à Thi-Arroye, à M'haou, à Joal. (Voir Sambuc : Contribution à l'étude de la matière médicale de la Sénégam bie. Thèse de Montpellier, 1887, p. 49. Dans le Cayor la plante existe, mais pas partout.
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La partie employée est l'écorce. — Cependant, d'après Combemale, les noirs du haut fleuve se servent de la racine, qu'ils mastiquent ou dont ils font des tisanes pour cuérir la dysenterie. Les feuilles seraient également employées au même usage. L'écorce des tiges est cependant plus en faveur.
Cette écorce desséchée se présente sous deux formes : plate (provenant des tiges et des gros rameaux) et roulée (provenant des rameaux de grosseur moyenne). Lisse, brun rosé à l'extérieur, blanche à l’intérieur, mais ne tardant pas à prendre au contact de l’air une teinte jaune orangé prononcée. Poudre jaune fauve; macération aqueuse jaune
clair, odeur légèrement piquante, saveur amère.
Composition chimique.— D’après MM. Heckelet Schlagdenhauffen, la doundakine n’existerait pas en tant qu'alcaloïde cristallisable dans l'écorce du Doundaké. C’est un corps azoté, résinoïde, soluble dans lPal-
cool. À côté de lui on rencontre un second principe colorant soluble dans l’eau, sans saveur, de la glycosine et des traces de tannin.
Pharmacologie.— Décoction, 10 p. 300 (doit être prescrite à faibles doses d’abord). Extrait, 20 à 50 centigrammes. Vin, 60 er.
La doundakine n’a pas encore été prescrite. C’est, d’après M. le professeur Feris, un poison du système nerveux : 3 centigrammes suffisent pour tuer un cobaye par arrêt de la respiration. ,
MENYANTHE ou TRÈFLE D'EAU. — Trèfie des marais, Trèfle de castor. Menyanthes trifoliata, Gentianacées. Habite les endroits humides (Europe, Asie centrale, Amérique du Nord).