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était sèche et l’aspect des membres était celui qu’on observe dans le liegen pilaris congénital.
Lorsque nous avions l’honneur d’être l’interne provisoire de M. le D' Empis (1884), nous avons pu observer dans son service une femme d’environ 45 ans, ayant une caverne tuberculeuse au sommet gauche, qui en même temps qu’une paralysie flasque de l’un des pieds, présenta une vaste et profonde escarre étendue à presque toute la surface du dos du pied. La paralysie était localisée et complète, le pied était tombant et ne pouvait être relevé par la malade, la paralysie survint d’abord et parut s'établir d’une façon brusque, l’escarre survint ensuite. Il n’y avait pas de douleurs.
Get exemple peut être cité comme un cas rare, mais on explique logiquement sa possibilité en présence de l’altération des muscles et des nerfs chez les tuberculeux. Ce qu’il n’est pas rare d'observer, ce sont de petites ou grandes escarres du sacrum et des fesses chez les sujets cachectiques. |
Amyotrophie cardiaque. Tachycardie
Dans les observations précédentes, nous avons fait régulièrement l'examen de la fibre cardiaque, et plaçant l'altération du myocarde en regard de celle des muscles de la vie organique, nous avons pu constater un rapport de lésions entre ces différents organes. Slokes (1) signale de son côté Patrophie du myocarde, coïncidant avec celle des muscles chez les phtisiques.
Au point de vue des symplômes cardiaques nous n'avons qu'un mot à dire :
Nous avons observé la tachycardie chez les cachectiques.
(1) Maladies du Cœur.
Il est permis de songer à des troubles résultant des lésions pulmonaires ou de compression des pneumogastriques, sans invoquer l'influence d’une dyscrasie, lorsqu'il s’agit de tuberculose. Mais la même objection ne s'applique pas aux cas de cancer de l'utérus dans lesquels nous avons constaté le fait.
Voici ce que montre à ce sujet l'observation VIII (1re série) :
13 janvier. Pouls 140 Température axillaire 37°4
Cette tachycardie, quelle que soitsa pathogénie, parait liée à la dénutrition générale et à l’état de débilité. Elle existe dans la cachexie cancéreuse et dans la tuberculose et peut être mise en regard de l’hyperexcitabilité des muscles. |
Amyotrophie laryngée. — Certains tuberculeux cachectiques ont la voix basse et sont presque aphones. On est tenté de supposer une tuberculose laryngée ultime. L’autopsie démontre qu’il n'y a pas trace de lésions de la muqueuse, mais les muscles du larynx sont en état d’atrophie dégénérative.
Il y a pour la lésion de ces muscles, comme pour ceux de la face ou des membres, des prédispositions spéciales.
Autres symptômes. — En même temps que les symptômes précités comme caractérisant les lésions musculaires, on voit souvent survenir de l’ædème au niveau des malléoles ou bien des phlegmatia alba dolens.
Dans ces dernières il y a aussi altération des nerfs, comme nous l’avons montré ailleurs (1), et c’est pourquoi on peut rapprocher ces symptômes des précédents.
Les articulations peuvent être légèrement gonflées, les os se fracturer spontanément. Au sujet du système osseux, si ces fractures chez les cachectiques amyotrophiques sont relativement peu fréquentes, on peut dire qu’il n'est pas rare de trouver leurs os plus ou moins altérés.
Nous avons rencontré les omoplates, les côtes, les os des membres visiblement atrophiés chez les cancéreux et dans d’autres cachexies avec atrophie des muscles. Il y aurait là un sujet d'étude que je ne puis pas faire
Du côté des mamelles, l’observation I (1 série) montre une remarquable hypertrophie fibreuse qui serait un trouble trophique au même titre que les précédents.
Nous avons encore constaté chez les cancéreux cachectiques de fréquentes attaques de narcolepsie.
Chez d’autres malades des troubles psychiques et du coma, ces symptômes n'étant pas toujours attribuables à de l’urémie ni aux troubles circulatoires qui précèdent de peu la mort.
Marche. — Il arrive quelquefois que l’atrophie des muscles se fait brusquement par poussées subaiguës. Un de nos malades, tuberculeux, fut un matin, au réveil, paralysé des quatre membres et, dans les jours qui suivirent, il eut une atrophie rapide de tous les muscles des membres, puis la maladie s'arrêta, il regagna en force, malgré la persistance de lésions bien accusées à l’un des sommets, et ses muscles augmentèrent lente-
(1) Soc. anal. 1887.
ment de volume, sans atteindre jamais ce qu’ils étaient avant cet incident.
Souvent, c’est à la période où la cachexie fait ses progrès que les muscles sont influencés, soit d’une façon progressive, soit d’une façon brusque.
Si l’on rassemble maintenant les symptômes observés du côté de l'appareil musculaire,les troubles trophiques, les altérations de la sensibilité, on pourra constater qu’à côté des amyotrophies qui peuvent atteindre un degré considérable, on trouve un ensemble de symptômes d’ordre névro-musculaire, rappelant souvent une ébauche de ce qu'on voit dans les maladies nerveuses proprement dites et l’on pourra conclure à linfluence certaine des maladies qui nous occupent sur le système
des muscles, des nerfs, et les centres nerveux.