ANATOMIE PATHOLOGIQUE
LÉSIONS MACROSCOPIQUES
Nous n’en dirons que peu de mots, l'aspect extérieur ne traduisant pas fidèlement les lésions histologiques.
On trouve d’abord de l’amaigrissement des muscles pouvant aller jusqu’à l’atrophie. C’est le fait constant.
Quelquefois les muscles ayant conservé un certain volume, sont d'un rouge foncé, violacé. Cet état congestif peut se rencontrer chez des sujets cachectiques. Il nous a paru résulter en particulier de linjection des veinules.
M. le P' Hayem (1) a observé, chez les animaux inanitiés, une coloration rouge intense des muscles.
Un tel aspect peut donc compter comme étant d'ordre pathologique.
D’autres fois les muscles sont pales, bien qu'ayant conservé un volume presque normal. Cette pàleur n’im-
(1) Haye, Atrophie musculare. Paris 1877.
plique pas forcément de lésions dans les muscles, s’il n'y à pas de stries jaunâtres et si le volume est assez bien conservé.
Les muscles altérés histologiquement nous ont en général présenté une atrophie marquée, et une coloration brune mêlée de stries jaunes, ou bien une coloration rosée, chair de poisson, avec des stries.
La coloration brune est plus particulière aux muscles de la jambe. La coloration pâle apparaît plutôt aux membres supérieurs, à la cuisse, dans les vastes interne et externe, tandis que le droit antérieur reste plus foncé.
D’autres fois tous les muscles sont brunâtres.
On voit aussi dans les cachexies l’état gluant des muscles, signalé par M. Hayem dans les maladies générales. Cet état peut se rencontrer sans qu’on constate de lésions au microscope.
Très souvent les muscles atrophiés présentent un tissu conjonctif à leur périphérie, qui est légèrement ædématié et qui peut masquer leur coloration réelle. Cet ædème paraît avoir pris la place du tissu adipeux presque complètement résorbé. En parlant de cette très légère suffusion séreuse, nous n’entendons pas désigner l’ædème plus considérable des muscles et du tissu sous cutané, tel qu’il se montre souvent au cours des maladies cachectiques.
Les veines et les veinules musculaires se rencontrent quelquefois oblitérées par des caillots de date ancienne. Cela se voit dans les muscles des cachectiques, et cela sans qu'on ait constaté de phlegmatia alba dolens, ni d’œdème. Je crois cependant que ces oblitérations périphériques précèdent l’infiltration des membres et la favorisent comme il sera dit plus loin.
Un caractère qui n'appartient pas exclusivement aux muscles altérés, mais que nous y avons constaté, est l'acidité forte du suc musculaire qui, exprimé après la-
vage préalable du muscle, rougit fortement le papier bleu de tournesol.
Les ganglions lymphatiques peuvent s’engorger consécutivement à l'apport des produits de la dénutrition des muscles.