LÉSIONS MICROSCOPIQUES
Celles-ci doivent être observées sur des dissociations fraîches et sur des coupes transversales et longitudinales. Les renseignements donnés par ces deux méthodes ne sont pas les mêmes : les uns complètent les autres.
Par la dissociation on obtient les fibres isolées, mieux dégagées et plus nettes, au point de vue de la lésion de la fibre même. Sur les coupes, on voit les rapports qu’elles affectent entre elles, et avec le tissu voisin, on voit la lésion d’un faisceau musculaire, on constate l’état de l’ensemble et l’étendue de la lésion.
Les dissociations établissent d’abord l’amaigrissement que peut avoir subi la fibre musculaire et par conséquent le muscle. Ces fibres offrent une diminution de largeur qui peut atteindre le sixième du volume normal environ. Les fibres sont alors grêles, mais peuvent très bien avoir conservé leurs caractères aux autres points de vue. Il n’y a pas de dégénération, le contenu strié persiste dans sa forme normale, c’est-à-dire avec ses stries transversales. Il est même remarquable que dans ces cas de diminution de volume de la fibre, la striation transversale soit plus marquée, plus nette qu’elle n’apparaît sur les fibres saines :
Il n’y a non plus rien à signaler du côté des noyaux.
C’est l’amaigrissement, la diminution simple de la masse du contenu strié, sans dégénération de celui-ci. L'état physique seul est modifié ; l’état clinique, si l’on
peut ainsi parler, est resté intact. En pareil cas on voit des fibres ayant conservé un certain volume à ‘côté de fibres grêles.
Dans d’autres modalités, l’altération portant sur le volume, est le fait accessoire et la dégénération, les variations, qui se sont produites du côté des noyaux, sont prédominantes.
Dans des fibres de volume normal ou semblant même tuméfiées, on a peine à distinguer la striation. Elle existe encore sur quelques points d’une fibre, mais les disques sont irrégulièrement écartés les uns des autres, la désintégration est en voie de s’opérer et souvent, pour apercevoir les stries sur ces points limités, l'acide acétique est nécessaire. Plus loin la fibre n’offre plus que l’aspect trouble d’un tissu désorganisé. La gaine du sarcolemme paraît alors remplie par une fine émulsion, au milieu de laquelle on peut distinguer de très petites granulations graisseuses. En pareil cas on retrouve les noyaux augmentés de nombre, irrégulièrement disséminés, avecun protoplasma finement granuleux. Quelquefois leur contour est très irrégulier, dentelé, et la cellule musculaire a une forme allongée. Ces mêmes lésions nous les avons retrouvées souvent dans l’ædème des muscles.
La striation transversale est effacée complètement, dans d’autres cas, mais on voit des vestiges de fibrilles écartées les unes des autres, il y a des stries longitudinales plus accusées, et le contenu strié est plus ou moins. pulvérulent.
Au lieu de l'aspect trouble cité plus haut, le contenu de la fibre peut avoir subi une résorption partielle, et au lieu d’être constitué par une matière d’aspect presque amorphe, il peut ètre composé de granulations irrégulièrement disposées, de différents volumes, de différentes couleurs, les unes noires, les autres grisâtres.
Les noyaux, lorsqu'ils existent, sont alors bien plus
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visibles et plus nets que dans les cas où la fibre est tuméfiée.. Leur protoplasma est rempli de granulations analogues à celles qui sont dans la gaine. Enfin la gaine à demi-vidée ne contient plus que quelques fragments granuleux, irréguliers, sans noyaux. La destruction est alors presque complète.
Si maintenant, pour résumer les altérations de la fibre, nous prenons chacun des trois éléments qui la constituent : la gaine, la substance striée, les noyaux, nous verrons, comme l’établit en règle générale M. le professeur Hayem, dans ses très belles recherches sur latrophie des muscles, que :
1° La gaine, simple enveloppe, à travers laquelle se font les échanges nutritifs, est peu sujette à s’altérer.
2° Quele contenu strié, substance amorphe, ne subit que des altérations dégénératives, que des modifications chimiques, des désintégrations.
3 Que les noyaux, parties vivantes de la fibre, présentent, eux, des altérations vitales, en particulier des multiplications et des hypertrophies.
Qu’observe-t-on maintenant sur des coupes transversales et longitudinales faites après durcissement dans l’alcool et coloration au carmin et à l’hématoxyline?
Les coupes transversales montrent exactement la diminution de volume de la fibre musculaire qui peut être réduite à une surface cinqousix fois moindre que les fibres normales. On reconnaît que l’atrophie n'est plus au même degré dans chaque faisceau du muscle et que les uns sont particulièrement frappés. De plus, dans un même faisceau, les fibres ont un volume variable les unes par rapport aux autres, et il west pas rare d'en trouver d'assez grosses à coté de très atrophiées. La forme que présentent les surfaces de section des fibres est aussi variable; les unes sont
rondes, les autres ovales, les autres triangulaires ou irrégulières.
Les formes rondes et ovales appartiennent plus spécialement aux fibres les plus atrophiées.
Enfin les sections des fibres dégénérées et remplies de noyaux, existent à côté des éléments atrophiés en des proportions des plus variées.
A côté de cet amoindrissement des fibres vues sur leur section transversale, le fait le plus frappant est l’augmentation du tissu conjonctif qui sépare ces fibres, la cirrhose musculaire. Elle est d'autant plus apparente que l’élément musculaire est plus réduit. Le tissu interstitiel sépare et isole dans un anneau fibreux, non plus seulement les faisceaux primitifs du muscle, mais chaque fibre de ces faisceaux.
Ge tissu constitué par des éléments conjonctifs adultes, offre des noyaux atrophiés. On y voit très peu de graisse. Quelquefois il contient les mêmes granulations pigmentaires qui occupent les gaines dégénérées.
Il y a sans doute un épaississement de ce tissu, mais il peut paraître d’abord plus accru qu’il n’est en réalité. Il contient des gaines vides. D’autrefois on y trouve des amas de noyaux. Ceux-ci nous ont paru être souvent des amas de noyaux musculaires atrophiés, derniers débris de fibres qui ont disparu par résorption.
Il faut donc restreindre à de moindres proportions la prolifération conjonctive. Outre ces amas de noyaux, on trouve parfois une gaine contenant un, deux ou trois noyaux placés dans les cavités creusées dans la substance dégénérée de la fibre musculaire. On reconnait alors et à coup sûr qu'il s’agit bien des noyaux de la fibre et non de ceux du tissu cellulaire.
Lorsque le processus dégénératif est bién marqué, on trouve de très nombreuses sections de fibres, représentant des amas de noyaux inclus dans desrestes desubstance
fragmentée, et alors on a de la peineà distinguer ce qui est fibre musculaire de ce qui est tissu conjonctif ambiant, mais on y arrive facilement dans les points où la coupe n’est pas exactement transversale, mais un peu oblique, et sur les coupes longitudinales.. Ce qui domine, c'est tantôt l’atrophie simple avec quelques amas de noyaux, amas rares et disséminés, impliquant la dégénérescence de quelques fibres seulement, au milieu de latrophie; tantôt autour de fibres simplement atrophiées, il y à beaucoup de noyaux provenant du tissu conjonctif et des fibres détruites.
De l'hypertrophie de quelques fibres musculaires du milieu du processus d’atrophie dégénératif
La grande inégalité de volume des fibres, bien appréciée sur les sections transversales, est un fait constant, tous les éléments d’un faisceau n’étant pas atteints au même degré. Mais à côté de cet aspect habituel, on trouve, quoique rarement, des fibres ayant subi une véritable hypertrophie. Nous avons du reste retrouvé le même phénomène dans des cas d’amyotrophie d'origine spinale.
Il y avait alors quelques fibres musculaires entourées par un anneau fibreux, composant un faisceau de sept fibres. Sur ces sept fibres trois dépassaient, sur des coupes exactement transversales, le volume normal; elles étaient rapprochées les unes des autres, tandis que les quatre autres étaient tout à fait grêles et séparées par du tissu conjonctif épaissi. N’est-il pas permis de rapprocher cette double lésion de ce qu’on observe dans le cœur scléreux, quelle que soit du reste l'explication qu'on donne de ce fait, qu’on y voie une hypertrophie fonctionnelle providentielle ou développée sous l’influence de la sclérose, jouant le rôle d’obstacle et néces-
sitant une suraclivité ét une RS de l'élément contractile.
- En tout cas, il est curieux d'observer dans. quelques rares fibres un phénomène inverse’ de celui qui se passe presque dans toutes les autres, l’hypertrophie à côté de l’atrophie, cette dernière semblant nécessiter une sorte de suppléance limitée à quelques éléments.
Fibres en voie de régénération
Dans les dégénérescences on trouve souvent, nous l'avons dit, des fibres remplies de corpuscules musculaires proliférés. Il est permis de les rapprocher de ceux quise montrent dans les inflammations des muscles et dont la présence est la première phase de la régénération.
Cependant, jamais nous n’avons vu le fait dépasser ce premier stade. De plus, très souvent, les corpuscules contenus dans les gaines sont eux-mêmes atrophiés et leur protoplasma contient des granulations pigmentaires et graisseuses.
Dans ces dernières conditions, l'idée d’éléments propres à la régénération des fibres doit être écartée.
Si donc il se produit des phénomènes de régénération, on peut dire qu’ils n’aboutissent pas à la constituer.
Tissu conjonctif
Comme il ressort de l’examen des muscles sur les coupes, le tissu conjonctif est épaissi, proliféré en raison même de l'atrophie des éléments nobles du muscle. Il forme des anneaux épais qui ne se bornent pas à entourer un faisceau, mais qui séparent même les éléments de ce faisceau.
On doit pourtant. restreindre cet épaississement et. cette prolifération qui ne sont pas ce qu’ils paraissent tout d’abord. Il y a, croyons-nous, au milieu de la sclérose atrophique, des amas de noyaux, atrophiés euxmêmes, qui appartiennent à des fibres musculaires dégénérées et en partie détruites, dont. la gaine même peut avoir disparu et qui ayant perdu les principaux caractères de la fibre, ressemblent davantage à du tissu connectif.
Ce même accroissement se montre à la suite de la section expérimentale des nerfs et accompagne alors, comme dans les maladies, l’atrophie des muscles.
Nos cas ne permettent pas de préciser s’il accompagne ou s’il suit sa dégénérescence musculaire. Il faudrait pour cela avoir vu des atrophies, à marche rapide, terminées par la mort au début de l’amyotrophie.
Néanmoins, si nous remarquons que l’épaississement du tissu conjonctif est toujours en proportion directe de l’atrophie des muscles, nous pouvons croire que l’hypertrophie résulte de accumulation dans ses mailles des produits de destruction des fibres musculaires.
Le tissu conjonctif et les vaisseaux qui entourent les éléments nobles, sont en effet le lieu des échanges nutritifs et, lors de la destruction des fibres musculaires, ils s’infilltrent des produits désagrégés provenant des fibres voisines. C’est ainsi qu'on y peut rencontrer les granulations pigmentaires et graisseuses trouvées dans les fibres elles-mêmes. L’oblitération des capillaires sanguins et lymphatiques relarde encore les résorptions. se
Dans ces conditions, nous devons dire que pour nous l’hypertrophie du tissu conjonctif est plus appa- : rente que réelle, et que la prolifération de ses éléments : n’a lieu que sous l'influence de son irritation par les: produits de la dégénérescence des fibres voisines. -
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Les noyaux du tissu conjonctif s’atrophient à leur tour. te A NA L
Ils sont pigmentés et granuleux comme le sont les fibres musculaires adultérées, dans le cas où la dégénérescence pigmentaire prédomine. On y voit peu de graisse. Il s’agit de gouttelettes généralement fines, occupant les éléments conjonctifs, comme elle peut constituer l’altération des muscles eux-mêmes.
Néanmoins, dans les atrophies anciennes et intenses, quand le tissu musculaire est fort réduit, on voit de grosses gouttes graisseuses dans les mailles conjonctives, malgré la cachexie et l’amaigrissement.
Cœur et vaisseaux. Diaphragme
Les cachexies qui frappent le système musculaire en général touchent aussi le diaphragme, le cœur, le système vasculaire. De plus, les vaisseaux des muscles participent à la lésion de ces organes.
Le cœur est très souvent diminué de volume en proportion de l’atrophie des muscles de la vie de relation. La diminution porte d’une façon égale sur l’organe tout entier. Malgré l’altération de ces parois, le cœur ne se laisse pas dilater et ses cavités sont par conséquent petites. On sait que la fréquence des battements, que nous avons trouvée souvent très grande dans les cachexies, n'implique pas surcroît de pression et de travail, la masse du sang étant elle-même fort diminuée.
Le cœur petit et non dilaté a généralement une coloration brunâtre; ses veines sont flexueuses et volumineuses relativement. Les valvules sont d'autant plus suffisantes que le volume de l'organe et de ses cavités est plus diminué. Chez les tuberculeux et les
cancéreux, le bord libre de la mitrale est quelquefois épaissi.
A côté de cette variété atrophique (cœur petit). on voit aussi des myocardes flasques, distendus, presque jaunâtres, de coloration feuille-morte et d'aspect graisseux sur la coupe.
Histologiquement les fibres cardiaques sont grêles. Leur striation a un aspect pulvérulent; on y voit surtout des granulations pigmentaires. Les processus atrophique et dégénératif sont mêlés, l’un plus ou moins prédominant sur l’autre. Le tissu conjonctif est peu ou pas épaissi.
Les vaisseaux, tant les veines que les nc sont étroits et grèles d’une facon générale. S'il y avait des varices elles diminuent avec l’atrophie des muscles.
Les vaisseaux intra-musculaires sont altérés, les gaines conjonctives épaissies, leur tunique externe est elle-même le siège des mêmes allérations que celles du tissu voisin : On v voit aussi des éléments infiltrés de granulations. |
La tunique musculaire des artérioles montre rarement la réaction amyloïde. Cependant le fait se produit chez des tuberculeux cachectisés. On voit cette tunique prendre un reflet rougeâtre par le violet de méthyle. La lumière des artérioles est rétrécie. Les cellules endothéliales peuvent être tuméfiées et infiltrées de granulations.
La dégénérescence des vaisseaux intra- musculaires prend donc part à la désorganisation du tissu. Nous croyons cependant qu'il s’agit le plus souvent d’une infiltration de Ja gaine des vaisseaux et que leur altération, comme l’hypertrophie conjonctive, est un fait secondaire.
Du côté du diaphragme on voit les mêmes altérations que dans les muscles de la vie organique. Ce muscle
de coloration jaune ou brune peut être particulièrement touché. Il paraît probable que ces lésions sont la’cause de la mort dans quelques cas, comme elles le sont dans les atrophies, suite de maladies aiguës et dont la marche envahissante finit par atteindre, après s'être montrée dans les membres, le muscle de la respiration lui-même.
Altérations des nerfs périphériques et de la moelle. Leur rapport avec les amyotrophies ,
La maladie générale qui frappe les muscles détermine aussi des lésions dans les nerfs. Il est presque constant de trouver simultanément la double altération des muscles et des nerfs. On peut dire du reste qu’étant donné le rôle trophique de ces derniers, ils ne sauraient être sérieusement atteints, sans s'accompagner de désordre dans la nutrition des muscles où ils se répandent. On pourrait cependant croire à de très profondes lésions des muscles avec les nerfs sains, si l’on se bornait à rechercher dans ces derniers les altérations dégénératives correspondantes à celles observées du côté des muscles.
D’après nos observations, il est possible de rencontrer la fibre striée atrophiée et présentant différents stades d’altération granuleuse, de résorption partielle, de multiplication des noyaux, tandis que la dissociation des nerfs ne montre pas une seule fibre en voie d’altération. En apparence, le nerf paraît sain, presque toutes les fibres qui subsistent ont des caractères normaux. Mais ce n’est là qu’une apparence, et le fait est démontré par des coupes transversales, qui permettent de constater la sclérose du nerf.et la Héartens des fibres nerveuses qui ont été complètement détruites.
iingésiconsiatations montrent que’ lé processus de ré- ‘gorption ‘éorplète des tubes nerveux altérés est beau- ‘éoup'plus rapide que celui qui se fait du côté de la fibre ‘museulaire, d’où cette constatation anatomique — dont ños observations offrent des exemples probants — à savoir ‘que les muscles sont en état de dégénérescence, que les fibres musculaires persistent altérées à des degrés variables, landis que lPexamen de tubes nerveux ne fait pas voir toute la série des altérations qui marquent la maladie, à une période plus rapprochée de son début. En un mot, le tube nerveux a disparu à une époque où la fibre musculaire est encore en pleine pé- ‘riode de dégénération.
Dans d’autres cas, on voit les altérations dégénératives des nerfs périphériques en même temps que des altérations semblables des muscles. Il est probable que les altérations sont alors plus récentes.
L'examen des nerfs doit être fait : 1° après dissociation, les nerfs ayant d’abord séjourné vingt-quatre heures dans une solution à 1 0/0 d'acide osmique, puis dans le picro-carmin pendant un certain temps. Ensuite ils peuvent être conservés très longtemps dans la glycérine neutre si l’on n’a pas le temps de les examiner de suite; ?° après durcissement sur des coupes transversales colorées au picro-carmin ou à l’hématoxy: ‘line, à l'acide osmique, etc. Les deux procédés, la dissociation et les coupes doivent être employés pour chaque cas, chacun de ces procédés donnant des renseignements très différents et ne pouvant se remplacer l’un par l’autre.
Les dissociations permettent de reconnaître les altérations des fibres nerveuses, leur degré, leur aspect, les modifications de la myéline, celles du cylindre d’axe. A ce point de vue elles renseignent beaucoup plus que les coupes transversales qui ne montrent que la section
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des tubes et ne permettent pas de préciser le degré et° la forme de la dégénération. Mais d'autre part la disso- ) ciation a pour but de séparer dans un nerf ce qui est’ fibre nerveuse de ce qui est tissu conjonctif. ‘© ‘07
«Or, dans ce tissu conjonctif, laissé de côté, il peut y avoir des tubes vides, des gaines rétractées qui ne contiennent plus de myéline susceptible de se colorer en noir par l'acide osmique, et qui ont perdu tous les caractères histologiques du tube nerveux.
: Les coupes transversales, en cas semblables, dEvHèe tent de constater l’épaississement du tissu conjonctif, la: disparition de tubes nerveux dont on ne voit plus trace.
Ainsi donc, lorsque les dégénérations sont en voie de s'effectuer, les dissociations, en étalant sous les yeux les: fibres nerveuses qu’on peut suivre en faisant cheminer ! la préparation sous le microscope, donnent des rensei-® gnements bien plus complets et qui ne laissent pour ainsi dire rien à désirer. L
Dans le cas où le processus semble achevé dans les nerfs, tandis qu’il ne l’est pas dans les muscles, les : coupes transversales servent à montrer l'erreur qu'on commettrait en jugeant les nerfs sains comme ils peu- : vent le paraître sur les dissociations qui ne font voir que : les fibres demeurées intactes. :
En nous appuyant sur ces considérations, nous allons‘! décrire les altérations reconnues par dissociations et celles qui se rencontrent sur des coupes.
a) Altération des nerfs sur dissociation
Les altérations sont diffuses dans les nerfs et se ren-'’ contrent aussi bien dans les gros troncs que sur la péri- phérie. Dans tous les. cas on trouve plus où moins de! fibres saines. Celles-ci sont éloignées les unes dés”
MUR en
autres, séparées dans le même faisceau par des espaces de tissu conjonctif, dans lesquels on peut quelquefois voir ou soupconner l'existence de tubes complètement vides dont il ne reste plus que la gaine.
C’est dans les espaces, où à côté des fibres saines ou mêlées à elles, dans le cas où les altérations sont plus légères, qu’on rencontre des fibres dégénérées.
Les altérations affectent différentes formes.
Quelquefois la myéline est festonnée, dentelée sur les bords, tandis que le cylindre d’axe persiste. Ce n’est là qu’un début ou qu’un degré très faible des altérations qu’on peut trouver.
Dans d’autres fibres, la myéline est fragmentée en gros blocs, séparés par des espaces clairs où la gaine reste vide. Ces blocs sont allongés et arrondis à leurs extrémités, ou plus déformés du fait de la résorption plus complète, commençant à attaquer les bords des fragments et les rendant très irréguliers. Souvent, à côté de ces blocs, il y a déjà de grosses boules ou même de fines granulations. À un troisième degré, la dislocation de la myéline est plus complète. Ce sont des boules : de myéline qu'on rencontre dans des tubes vidés plus ou moins complètement. Les boules sont plus ou moins rapprochées les unes des autres, séparées quelquefois : par de gros noyaux granuleux. |
On trouve souvent la disposition de ces boules en ilots disséminés de distance en distance dans une gaine de Schwann variqueuse, rétrécie, revenant sur elle-même dansles endroits vides, et présentant des rentlements]là où sont contenus les îlots de boules. Les dimensions et le nombre de ces dernières sont variables dans chaque îlot. On en voit deux, ou bien cinq ou six, ou davantage. Autour d'elles existent souvent de très nombreuses et fines granulations. Leur volume est inégal. Dans ces conditions, l'aspect du nerf dégénéré est tout particu-
lier.:On peut suivre sur toute la longueur de la préparation l’altération d’une même fibre.
‘Outre l’altération de la myéliné, on: constate la disparition du cylindre axial dont il ne reste plus trace: Enfin les noyaux de ces fibres peuvent être volumineux, occuper le centre d’une gaine; présenter un mprolgr rs rempli de granulations noires.
Un dernier degré d’altération est constitué par la RE totale du contenu de la gaine, qui seul survit à la destruction du tube nerveux.
De telles altérations des fibres nerveuses sont communes aux névrites en général et ont été décrites déjà, pour les dégénérations, dans la tuberculose pulmonaire, qui nous occupe aussi ici et dont nous avons donné plusieurs observations. Il faut encore remarquer que ces diverses variétés d’altérations de la fibre sont des degrés d’une même dégénérescence, et que sur le même sujet on les retrouve associées les unes à côté des autres.
À côté des fibres saines, adultes, ayant la largeur habituelle, on rencontre à l’état normal des fibres plus petites. Ces fibres grêles se montrent en grande quantité dans les nerfs de certains cachectiques. On peut se demander s’il s’agit de fibres jeunes de régénération, ou bien de fibres en état d’atrophie simple, répondant à ce qu’on voit dans les muscles lorsqu'une fibre à diminué de volume, tout en conservant sa striation et l’intégrité de son contenu, ou enfin s’il s’agit de fibres restées grêles du fait de l’état de cachexie où sont les malades.
Quoi qu’il en soit, ces fibres sont nombreuses, existent à côté de tubes dégénérés ou indépendamment de ceux-ci dans les nerfs des malades qui ont des lésions des muscles. Elles présentent une étroite bande de
myéline que l'acide osmique ne colore que très faible-
ment. On ne doit pas les confondre avec les-fibres du grand sympathique. dire Le tissu conjonctif de‘ces nerfs est épais et ane. A part cette dernière constatation et l’augmentationdes petites fibres, la dissociation des nerfs de malades ayant des altérations très profondes des muscles, ne montrera, dans certains cas, aucune dégénération et aucune autre lésion qu’on puisse affirmer. En pareil cas, il ne faut plus songer à un processus en voie d'activité dans les nerfs, et il faut avoir recours aux coupes transversales des nerfs pour déceler les lésions.
B.— Sur des coupes transversales, on constate que le tronc du nerf est diminué de volume. Avec un faible grossissement, on voit que les anneaux des faisceaux du nerf sont assez épais. De ces faisceaux on voit partir des travées destinées à séparer et à soutenir les tubes nerveux. Ces travées, colorées en rose par le carmin, se montrent épaissies surtout en certains points où leur tissu, sous forme de nodule, a remplacé le tissu nerveux.
À un fort grossissement, on voit que les tubes nerveux, au lieu d’être rapprochés les uns des autres, sont séparés par des anneaux conjonctifs dont l'épaisseur est remarquable. Les mailles conjonctives ont des formes irrégulières. Elles ne contiennent plus de cylindre axial et sont remplies par du tissu d'aspect fragmenté, non coloré par le carmin. Ces mailles peuvent être revenues sur elles-mêmes ou laisser un espace vide. Elles présentent de petits noyaux atrophiés.
Les tubes nerveux restés sains sont.plus disséminés, de volume plus variable les uns par DS aux autres que dans les nerfs normaux.
Ces coupes permettent de dire qu’un certain nombre de fibres a totalement disparu et qu'il y a sclérose du
nérf, cette dernière étant à la fois Le et absolue comme dans les muscles. : :
On peut rapprocher l’aspect. qui Vient d'être décrit de célui” constaté dans'les anciennes lésions des muscles et des nerfs, depuis longtemps arrivées à la période stationnaire de celui qu’on constate dans les nerfs de sujets ayant subi l’atrophie à la suite de la lésion des cornes antérieures de la moelle, l'affection aiguë remontant à de nombreuses années.
Moelle. épinière
L’intensité des lésions, lorsqu'on les rencontre, y est moindre que dans les organes périphériques.
Néanmoins dans quelques cas elles prennent une forme indubitable. Elles portent sur les cellules des cornes. Les cellules antérieures sont petites, étroites, grèles, ou bien elles ont conservé un volume normal et alors on les trouve tendant à la forme ronde ou ovale ; les prolongements et les ongles disparaissant. Le pro: toplasma est entièrement rempli de très grosses granulations noires. Le noyau présente un bord irrégulier et pigmenté en noir. On y voit encore le nucléole. -
Des altérations analogues se voient dans la moelle des vieillards,
Quand la lésion précédente, au cours des maladies qui nous occupent, ést plus accusée, on ne voit plus de noyau de la cellule qui à perdu tous ses prolongements. Entre les granulations pigmentaires confluentes, se voient des fissures semblant fragmenter le protoplasma.
Chez d’autres malades, on ne trouve pas ces grosses granulations foncées se Happrochont de l'état normal. Mais alors ces cellules peuvent être troubles, mal colorées par le carmin et paraître tuméfiées. Done n dant le
noyau's'y voit encore. Les mêmes. altérations se voient: dans les cellules postérieures de la région Anse au’. niveau du groupe interne.
La moelle présente encore Aoue une “légère sclérose généralisée.