‹ Des Amyotrophies Dans Les Maladies Générales Chroniques Et De Leurs Relations Avec Les Lésions Des Nerfs PériphériquesChapitre 30 sur 33 · C. Pathogénie · texte numérisé non relu

C. Pathogénie

Etant donné que le système musculaire tient, comme volume, la place la plus importante parmi les tissus de l'organisme, étant donnée sa richesse en vaisseaux et en nerfs, les mouvements nutritifs qui s’y operent, on peut concevoir que les maladies générales retentissent facilement sur lui.

Les facteurs suivants peuvent entrer en ligne comme causes des lésions qu’on y observe :

1° L'immobilité n’a qu’une influence insignifiante;

2° Les muscles participent à l’amaigrissement général presque autant que le tissu adipeux;

3° Nous avons rencontré les lésions des nerfs périphériques et l’on connaît le rôle trophique qu’ils exercent sur les muscles. On rencontre souvent dans ceux-ci la prolifération des noyaux, comme après section des nerfs. Cet argument ne nous paraît cependant pas décisif, car la maladie générale peut causer directement la dégénérescence du contenu strié et alors la prolifération des noyaux pourrait en être la conséquence, comme nous en avons émis l'hypothèse plus haut. Dans ces conditions, la lésion suite d’altération nerveuse et la lésion se faisant directement sur les muscles auraient les mêmes caractères et ne pourraient être différenciées ;

4° La moelle peut offrir de légères lésions matérielles et d'autre part on peut admettre ses lésions dynamiques ;

9° Les lésions des vaisseaux sont secondaires et même

dans la vieillesse (cachexie sénile) où leurs altérations jouent un si grand rôle, il faut admettre aussi les lésions des nerfs, surtout lorsque les artères ne sont pas athéromateuses. Les lésions des veines intra-musculaires sont secondaires et ont une influence sur la production de la phlegmatia alba dolens si souvent observée ;

6° Le rôle des altérations du sang paraît incontestable, d'autant plus qu’elles peuvent agir sur les muscles d’une façon directe ou par l'intermédiaire des lésions nerveuses produites d’abord.

Pour la tuberculose, le rôle direct des bacilles sur les muscles n’est pas prouvé. D’après certaines expériences, on peut songer aux produits sécrétés par les bacilles.

L’altération des muscles ne se montrant que chez certains sujets et étant donné ce qu’on sait de l’affinité toute spéciale de certains poisons pour les muscles, on peut admettre la formation d’agents toxiques à affinité spéciale pour les muscles ou pour les nerfs. Et cela d'autant plus que les reins et le foie sont souvent altérés.

D’autres symptômes qui accompagnent les amyotrophies plaident en faveur de cette manière de voir.

Que l’altération des muscles soit consécutive aux lésions du système nerveux ou qu’elle soit primitive, laltération du contenu strié se fait là première, la prolifération des noyaux, les altérations du tissu conjonctif et des vaisseaux intra-musculaires seraient la conséquence de cette première lésion.

D. Formes cliniques

Il y a deux catégories de cas : tantôt l’amyotrophie évolue en même temps que la cachexie, soit sous forme aiguë ou chronique, et dans ce dernier cas on peut la

confondre avec un simple amaigrissement, alors que les muscles et les nerfs sont en état d’atrophie dégénérative, au point de vue histologique; tantôt les amyotro= phies sont précoces, se montrant sous forme d’un marasme musculaire lent, ou bien revêtant la forme aiguë ou subaiguë.

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