‹ Des Amyotrophies Dans Les Maladies Générales Chroniques Et De Leurs Relations Avec Les Lésions Des Nerfs PériphériquesChapitre 7 sur 33 · À PARENT FEAR · texte numérisé non relu

À PARENT FEAR

OBSERVATION Ï. — Tuberculose pulmonaire. — Grande caverne simulant un pneumothorax. — Hypertrophie fibreuse des mamelles. — Atrophie des muscles avec hyperplasie conjonctive (1).

La nommée C. R..., àgée de 23 ans, sans profession, entrée en avril 1886, salle Claude-Bernard, lit n° 19, à Laënnec, dans le service de M. le professeur Cornil. Rien de particulier dans les antécédents.

Il ya environ trois ans que la maladie actuelle a débuté. Dès les premiers temps il s’est produit des hémoptysies assez abondantes qui ont été le premier symptôme que la malade ait remarqué. Durant l’année suivante les crachements de sang se sont répétés plusieurs fois, toujours assez abondants et ayant tous les caractères de l’hémoptysie. Plus tard, les hémoptysies ne se sont plus reproduites et il y a plusieurs mois actuellement que la malade n’a plus eu de crachats sanguinolents.

La toux était habituelle, avec recrudescence le soir et pendant la nuit.

L’expectoration était muco-purulente et assez abondante.

Il y avait aussi de la fièvre chaque soir.

Depuis quelques mois l’amaigrissement a été très rapide, et s’est accusé au point que la malade est profondément cachectique.

Etat actuel (février 1887) : la malade est actuellement profondément cachectique et garde constamment le lit. Tous les soirs la température monte jusque vers 39% ou plus. Le matin il y a une descente d'environ deux degrés. L’appétit est presque nul, et très souvent des vomissements surviennent après le repas du soir. L’amaigrissement est extrême. A la face les tempes sont excavées, la peau est terreuse, les muqueuses sont décolorées, les yeux, qui paraissent agrandis, sont très brillants. Le thorax et les membres semblent réduits au squelette, surtout aux membres inférieurs où les masses musculaires du mollet ne dépassent plus la limite des deux os de la jambe.

(1) Les muscles de cette malade ont été présentés à la Scciélé anatomique dans une séance du mois de mai 1887.

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Le décubitus est dorsal presque toujours. Les jambes sont légèrement fléchies sur les cuisses et il parait difficile, sinon impossible de les ramener dans la position normale. Du reste, il existe des douleurs dans les membres inférieurs, surtout au niveau des genoux. Les mouvements y sont douloureux. De même, la pression au niveau des articulations et aussi des muscles des jambes et des membres supérieurs cause des douleurs qui paraissent sinon très aiguës, du moins très pénibles pour la malade. Le changement de position est soigneusement évité. Tout le corps paraît endolori. La faiblesse est générale et très accusée, surtout dans les jambes. Les réflexes rotuliens sont conservés et même exagérés.

La sensibilité est normale, la peau est sèche, finement écailleuse, amincie. Nulle part il n’y a d’œdème.

Les ongles sont déformés et incurvés. Excoriations sèches au niveau du sacrum et du grand trochanter droit.

Les mamelles sont indolores, très augmentées de volume et contrastant par leur volume avec l’amaigrissement de la poitrine.

Pas de diarrhée. Pas d’albuminurie. L’expectoration est abandante, constituée par un liquide mousseux et des masses muco-purulentes. La voix est un peu enrouée, très basse et affaiblie.

Entre les côtes, les espaces musculaires ne font pas de saillies anormales. En arrière, à la percussion, dans les fosses sus et sous-épineuses, il y a un son tympanique clair. A l’auscultation on perçoit un souffle amphorique type, et par intervalle, un tintement métallique tout à fait caractéristique. Plus bas on trouve les mêmes signes jusqu’à l’angle inférieur de l’omoplate. En avant le souffle et le tintement se retrouvent encore, mais moins accusés. Tout ceci du côté gauche.

Dans le sommet droit, on trouve des signes bien marqués de grandes excavations. Quant à la dyspnée, elle est habituelle, mais ne s’est pas produite d’une façon brusque et instantanée.

AUTOPSIE (23 Avril) : Après avoir détaché les téguments du thorax, on fait sous l’eau une ponction dans la poitrine, du côté gauche, sur la ligne axillaire, au point ou existaient les signes amphoriques. On voit sortir un certain nombre de bulles d’air. Le gaz s'échappe plus abondamment lorsqu'on exerce une pression sur le diaphragme.

En ouvrant le thorax, on constate que le poumon gauche tout entier est transformé en une énorme cavité dont les parois

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très amincies se confondent avec la plèvre sur une grande étendue. Il est facile de constater que cette paroi est bien constituée par le tissu pulmonaire à cause des plaques de coloration ardoisée, et sur certains points de vaisseaux persistants au milieu de l’ulcération, et comme disséqués sur les parois de la caverne. Le contenu peu abondant, est constitué par du liquide purulent et des détritus. Sur les parties latérales ou la plèvre est complètement adhérente, et fait partie des parois de la caverne, on trouve un point où l’ulcération va jusqu’à la côte voisine. Là il existe une ulcération du périoste avec carie superficielle de la côte.

Ainsi les symptômes observés pendant la vie résultaient d’une caverne énorme, et non d’un pneumothorax. Ajoutons ici qu’on n’avait jamais pu produire le bruit de la succession hypocratique.

Le poumon droit présente à son sommet plusieurs cavernes de moyennes dimensions, dont les parois sont infiltrées de tubercules. La base est congestionnée et offre çà et là quelques plaques de pneumonie chronique, couvertes de tubercules gris.

Le foie déborde les fausses côtes de plusieurs travers de doigt. Il est énorme, sans déformation de son bord inférieur. Son poids estde3 kilogr. 500 grammes. La coloration est jaune. Des coupes minces montrent une certaine transparence. Il y à dégénérescence amyloïde.

Le rein gauche présente quelques kystes à sa surface. Il est irrégulier et bosselé. La capsule s’enlève cependant facilement.

Le rein droit est aussi petit, mais moins irrégulier à sa surface.

A la coupe les deux reins ont une coloration jaunâtre pâle et paraissant, eux aussi, en dégénération amyloïde.

L'ovaire droit est adhérent à la paroi du rectum.

L'utérus est d'aspect et de volume normaux. Le col est conique et sans déchirure.

Mametles : Les deux mamelles sont très volumineuses. Il y à hypertrophie marquée, leur volume est quadruplé. La coloration est blanche, de consistance un peu molle.

Au microscope on voit que l’hypertrophie est constituée par un tissu fibreux ayant envahi toute l'étendue de la glande et entourant ses conduits excréteurs et ses acini, formant autour d’eux une couche épaisse de tissu fibreux. Les éléments de la glande même existent encore, mais sont petits et un peu atrophiés.

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