‹ Des Amyotrophies Dans Les Maladies Générales Chroniques Et De Leurs Relations Avec Les Lésions Des Nerfs PériphériquesChapitre 8 sur 33 · ARS · texte numérisé non relu

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Au milieu du tissu fibreux, sur les coupes colorées au car: min, on voit en-effet des groupes d’acini de petit volume peu nombreux, dont les parois sont revêtues d’un épithélium normal. Les muscles des jambes et du thorax sont pâles et très amaigris.

EXAMEN DES MUSCLES : L’examen des muscles au microscope montre partout une diminution de la fibre musculaire, cette diminution étant du reste inégale suivant les muscles (comparés aux mêmes muscles normaux), et suivant les fibres dans un même faisceau. Voici l'examen de quelques-uns de ces muscles.

Muscle biceps brachial : Sur des dissociations faites à l’état frais on constatait, que toutes les fibres, sansexception, étaient plus grêles que normalement. Quelques-unes étaient diminuées au point de représenter le cinquième ou même le sixième de volume normal. La plupart n’avaient que la moitié ou le tiers de la largeur normale. Avec cela la striation était en général parfaitement conservée, même sur les fibres les plus atrophiées. Ce n’est que sur un nombre de fibres des plus limité qu’on observe une striation à peine marquée ou nulle. Les noyaux musculaires étaient normaux de forme et de nombre. Il n’y avait pas de prolifération de ces noyaux sur aucun point. Les fibres présentaient donc. les caractères d’une atrophie simple, sans rares exceptions. Sur des coupes longitudinales, on constate exactement les mêmes caractères.

Sur les coupes transversales on reconnaît la même atrophie musculaire et la prolifération du tissu conjonctif. L’atrophie des fibres est plus ou moins marquée suivant les faisceaux. Dans un même faisceau, on reconnaît que les fibres ont un volume fort différent les unes des autres. Il en est dont les surfaces sont cinq et six fois celles des fibres voisines. Sur certains points il est difficile d’en trouver plus de deux ou trois qui offrent approximativement une égale surface. Les coupes de ces fibres sont aussi différentes de formes: les unes sont prismatiques, triangulaires, d’autres sont régulièrement ovales ou rondes. Ces dernières formes appartiennent plutôt aux plus grêles. Les noyaux sont en nombre normal. Le tissu conjonctif a subi une augmentation relative et absolue, ce qui fait que les fibres musculaires atrophiées sont séparées les unes des autres, comme disséminées au milieu du tissu conjonctif- L’épaississement s’est fait au dépens des fibres conjonctives et non des vésicules adipeuses. 11 y a là une prolifération assez

marquée des noyaux du tissu conjonctif. Les artérioles sont entourées de gangues épaissies.

Les nerfs intra-musculaires qu’on rencontre sur les coupes sont sains. Le nombre des tubes nerveux est normal, les cylindres d’axe sont présents avec leur aspect habituel.

Muscles jumeaux et soléaire. Toutes les fibres sont diminuées de volume. La striation persiste, même sur les plus petits. Les noyaux musculaires ne sont pas proliférés. Le tissu conjonctif est épaissi autour des fibres musculaires. L’atrophie n’est peut-être pas aussi prononcée que dans le biceps, l’irrégularité du processus atrophique n’est pas aussi marquée, mais les caractères généraux sont les mêmes. Les nerfs intramusculaires sont sains.

Muscles intercostaux. L’atrophie des fibres, les différences de leur volume et de leur forme sont ici des plus manifestes. La prolifération conjonctive est plus marquée sur quelques points que dans le biceps. Sur des coupes longitudinales et les dissociations, il est très rare de trouver des fibres où la striation ne soit parfaitement nette.

Nerfs périphériques. Les nerfs ont été traités par l'acide osmique (solution à 1 pour 100), par le picrocarmin, puis dissociés.

Les troncs examinés ont été le saphène externe, le tibial postérieur, le médian, le musculo-cutané. Ces nerfs offraient tous des fibres parfaitement saines. La myéline n'était pas fragmentée, le cylindre d’axe était intact.Nous avons noté l’aspect normal des fibres intra-musculaires rencontrées sur les coupes transversales.

En résumé, les muscles présentaient les caractères d’une atrophie simple sans processus dégénératif, niirritatif apparent. Le tissu conjonctif était épaissi et proliféré autour des fibres atrophiées. Les nerfs, pas plus que les muscles ne contenaient de fibres en voie de dégénérescence.

Mais d’autres observations nous permettent de songer qu’il peut y avoir ici, au milieu du tissu conjonctif épaissi, des débris de fibres musculaires ou nerveuses devenues méconnais-

sables. Nous reviendrons plus loin sur ce point.

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