LES CAUSES DE L'ÉMIGRATION DE SIGOVÈSE KT DE BELLOVÈSE
Après avoir épuisé ce qui concerne le-
migration des Gaulois, nous allons être obligé de revenir à l'origine même de cette émigration : nous lui avions assigné pour cause la surabondance de la population ; M. Amédée Thierry, qui a écrit sur
^oa EXAMEN DE L'OPINION
les Gaulois un ouvrage spécial (Histoire des Gaulois) , en a présenté une autre que nous ne pouvons nous dispenser d'examiner ; cet examen aura d'ailleurs l'avantage de faire mieux ressortir la différence qui existe entre notre manière de voir et celle adoptée jusqu'ici.
M. Thierry rejette d'abord l'opinion qui consiste à regarder cette émigration comme un mouvement isolé , et , rapprochant sa date (587 avant Jésus- Christ ) de celle de l'expulsion des Cimmériens par les Scythes , sur les bords de la mer Noire (634 avant Jésus-Christ), il pense que le départ des Gaulois est la suite du mouvement des Cimmériens, propagé de proche en proche jusqu'à la Gaule ; mais laissons-le parler.
a Au nord de la Gaule, dit-il, habitait « un grand peuple qui appartenait primi- <c tivement à la même famille humaine que
DE M. AMÉDÉE THIERRY. ao3
ce les Galls, mais qui leur était devenu « étranger par l'effet dune longue sépara- « tion : comme tous les peuples nomades, « celui-ci occupait une immense étendue de « pays , et tandis que la Cher sonnes e tau- « rique et la cote occidentale du Pont-Euxin « étaient le siège de ses hordes principales, « les tribus de son arrière-garde parcou^ cr raient les bords du Tanais et du Palus- « Méotide , et celles de son avant-garde « erraient le long du Danube. Ces der- « nières , les plus sauvages de toutes , « étaient sans cesse en guerre avec les peua plades illyriennes, aussi sauvages qu'el-
« les Il est très-probable quelles com-
a mencèrent de bonne heure à inquiéter la « frontière septentrionale de la Gaule, et « quelles franchirent le Rhin , d'abord « pour piller, ensuite pour conquérir; « toutefois, jusqu'au septième siècle avant « notre ère , ces irruptions n'eurent lieu
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a que partiellement et par intervalles; « mais à cette époque, des migrations de « peuples sans nombre vinrent se choquer et « se croiser dans les plaines de la haute « Asie. Les nations scythîques ou teutoni- « ques, chassées en masse par d autres nais* tions fugitives, envahirent les bords du « Palus-Méotide et du Pont-Euxin, et, à « leur tour, chassèrent plus avant dans « l'occident une grande partie des hordes <i kimriques dépossédées : celles-ci remon- « terent la vallée du Danube, et, chassant « devant elles leur avant-garde déjà mai- « tresse du pays, la forcèrent à chercher « un autre territoire. Ce fut alors qu'une « horde considérable de Kimris passa le « Rhin, sous la conduite de Hu ou Hésus « le Puissant , et se précipita sur le nord « de la Gaule. » (T. I, p. 37.)
Indépendamment de toutes les objèctions qu'on peut faire à cet exposé , exami-