‹ Des AnesthésiquesChapitre 7 sur 12 · ET SAR · texte numérisé non relu

ET SAR

Très volatil, il bout à 40°7. C’est à cette grande volatilité qu'il doit ses propriétés réfrigérantes, et par suite, le pouvoir anesthésiant local qu’il manifeste lorsqu'il est en contact avec la peau; pulvérisé sur le réservoir d’un thermomètre, il le fait rapidement descendre à — 14°; versé sur une éponge, après avoir été mélangé d’une petite quantité d’eau, il congèle celle-ci, et des glaçons couvrent l'éponge.

Il n’est pas inflammable, ne prend pas feu au contact d’une allumette ou d’un fer rouge ; approché d’une lampe à alcool, il brûle difficilement avec une flamme verte en dégageant des vapeurs d’acide bromhydrique.

Les chirurgiens ont cherché à obtenir par le bromure d’éthyle l’anesthésie locale et générale. Nous nous occuperons de l’anesthésie locale que produit cet agent, dans la troisième partie de ce travail.

Anesthésie générale. — Le bromure d’éthyle comme agent anesthésique paraît devoir le céder à l’éther et surtout,au chloroforme. Que l’anesthésie qu’il produit soit plus rapide, cela semble démontré pour l’homme comme pour les animaux ; mais qu’elle soit moins dangereuse, comme l’ont avancé Tumbull et Lewis, c’est ce qui n’est nullement prouvé. \

Le sommeil produit par le bromure d’éthyle est accompagné de phénomènes asphyxiques (Berger) ; les vomissements se montrent souvent avant ou après le sommeil (Berger, Terrillon). L’anesthésie complète est rarement obtenue. La résolution musculaire n’a presque jamais été atteinte ; l'agitation, quoique peu fréquente, a été observée au début des inhalations. Après toutes ces observations, on aura de la peine à partager l'enthousiasme des promoteurs du nouvel agent, et l’on continuera à donner la préférence au chloroforme pour obtenir l’insensibilité complète et générale ;

c'est ce que font, du reste, la plupart des chirurgiens fran- Çais.

Pour les inhalations, le manuel opératoire consiste à verser le liquide anesthésique sur une compresse épaisse, recouvrant toute la face. La quantité du liquide versé doit être assez grand dès le début (4 à 6 gr.). Quant à la quantité totale employée pour obtenir l’anesthésie, elle est moindre que celle qui est nécessaire avec l’éther.

Iodure d’éthyle (éther iodhydrique) CHI. — C’est un liquide incolore, d’une odeur éthérée agréable, d’une saveur piquante, mais non caustique comme celle du chloroforme et d’une densité égale à 1,946. Il est facilement soluble dans l'alcool et dans l’éther ordinaires, très peu soluble dans l’eau. Mélangé avec l’eau, il tombe au fond de ce liquide; néanmoins il s’y dissout en quantité suffisante pour lui communiquer son odeur etsa saveur. Il se volatilise facilement à la température ordinaire, en produisant du froid. Il entre en ébullition à la température de 72°2 et n’est pas inflammable.

L’iodure d’éthyle s’altère très rapidement sous l'influence de la lumière, c’est pourquoi on doit le conserver dans l’obscurité ou dans les flacons noircis.

Préparation. — On prépare l’iodure d’éthyle en mélangeant avec précaution, dans un ballon refroidi, 10 parties d’alcoo! à 85°, 10 parties d’iode et 1 partie de phosphore rouge. Le phosphore ne doit être ajouté que par fraction pour éviter la forte élévation de température, qui ne manquerait pas de se produire avec bouillonnement, volatilisation et projection. On distille ensuite. Le produit de la distillation est lavé à l’eau faiblement alcaline, puis à l’eau distillée, et il est ensuite rectifié sur le chlorure de calcium.

LA RTS

L’iodure d’éthyle ne s’élimine pas totalement en nature, il

se dédouble partiellement en donnant un iodure fixe dont

l'élimination ne s'effectue pas immédiatement; aussi, bien

qu’étant un anesthésique réel, l’iodure d’éthyle ne mérite pas d’être employé à ce titre.

Chloral (aldéhyde trichlorée, hydrure de trichloracétyle) C?HCPFO. — Le chloral est connu à l’état anhydre et à l’état hydraté. A l’état anhydre, c’est un liquide incolore, d'une odeur pénétrante, qui irrite fortement les muqueuses, de sorte qu’en le maniant on éprouve bientôt du larmoiement. Il bout à 96°. |

Le chloral hydraté diffère du chloral anhydre en ce qu’il contient une molécule d’eau. Il cristallise en prismes rhomboïdaux obliques. 11 se dissout facilement dans l’eau en formant, comme le sucre, des stries qui gagnent le fond du vase.

Le chloral hydraté est le seul employé en médecine.

Préparation. — On fait passer un courant rapide de chlore sec sur de l’alcool absolu. II se forme d’abord de l’aldéhyde et de l’acide chlorhydrique:

CHfO+CP—C?H'0+2HCI.

puis le chlore continuant son action transforme l’aldéhyde en chloral, avec un nouveau dégagement d’acide chlorhydrique:

C?I'O + CIS —C?HCPFO +3HCI.

Le chloral est de l’aldéhyde, dans laquelle trois atomes

d'hydrogène sont remplacés par trois atomes de chlore, d’où le nom d’aldéhyde trichlorée qu’on lui applique parfois.

Purification. — Le produit volatil obtenu est mis dans un

PAT dy 6 ballon, dans lequel plonge un thermomètre. On porte à l’ébullition jusqu’à ce que le thermomètre se fixe à 95°.

On distille alors ce liquide sur de la chaux vive, privée entièrement de son eau d’hydratation (au bain-marie saturé de sel marin), et on obtient le chloral pur. Il ne s’agit

plus que de traiter par l’eau, pour avoir l’hydrate de chloral C?HCO +H°?0.

Action anesthésique. — Sous l'influence des alcalis et des carbonates alcalins, le chloral se dédouble en un formiate et en chloroforme :

CHCFO + NaHO—CHNa0?+CHC

Étant donné ce dédoublement, le chloral semblait devoir remplacer le chloroforme dans toutes les opérations chirurgicales. Il n’en est rien; on ne peut recourir à l'emploi de cet agent que dans les petites opérations, et encore voit-on lés malades se débattre, crier même. Toutefois, ils tombent bientôt dans la somnolence où le médicament les avait

plongés, de sorte que l’opération passe, pour ainsi dire, inaperçue. Le chloroforme abolit complètement la douleur, mais il est impossible d’en continuer l’usage pendant longtemps. Le chloral peut être employé pour combattre les douleurs prolongées et l’insomnie, attendu qu’il recèle des propriétés sédatives du chloroforme et les propriétés hypnotiques de l’opium. Le chloral ne produit pas une anesthésie complète, mais seulement des effets hypnotiques et une diminution plus ou moins grande de la sensibilité. L'action combinée du chloral et de la morphine, ou de la narcéine, supprime complètement la douleur sans qu'il y ait nécessairement sommeil.

On a aussi obtenu des résultats assez sérieux, en employant

DAS Pau l'action combinée du chloroforme et du chloral dans les anesthésies chirurgicales (1).

Bromal C?’HBr°O. — Le bromal est connu à l’état anhydre ou liquide C?HBr*O, et à l’état hydraté et cristallisé avec une molécule d’eau C?HBr*0,H°?0. Ilressemble au chloral, dont il présente les propriétés chimiques et organoleptiques. Toutefois, il est encore plusirritant que ce dernier. Lorsqu’on le manie, ses vapeurs provoquent bientôt un violent larmoiement et un flux nasal.

Pour le préparer, on abandonne à lui-même, pendant trois semaines, un mélange à volumes égaux d’alcool anhydre et de brome, mélange qu’il faut effectuer avec précaution, en versant peu à peu le brome dans l'alcool, de manière à éviter une trop grande élévation de température. Après le temps indiqué, on concentre par la distillation. Le mélange laisse dégager le brome en excès, ainsi que des produits plus volatils que le bromal qui, par le refroidissement, se dépose à l’état hydraté, et est purifié ensuite par cristallisation. |

Le bromal se comporte, comme le chloral, au contact des alcalins, c’est-à-dire qu’il donne naissance à un formiate et à du bromoforme.

Bromoforme CHBr°.— Ce corps correspond au bromure de méthyle CH°Br, dont deux atomes d'hydrogène seraient remplacés par deux atomes de brome. C’est du bromure de méthyle bibromé. Ce liquide présente l'aspect, la mobilité, l'odeur et la saveur du chloroforme; il s’en dis-

(1) Fonlaine,—De l’anesth. chloralo-chloroformique (thèse de Montpellier, 1887).

ee Ver

tingue surtout en ce que sa densité est plus forte. Il dissout l’iode en se colorant en violet, lorsqu'il est pur; en rouge cramoisi, lorsqu'il contient de l’iodoforme.

Les expériences faites sur le bromoforme ont prouvé que ses propriétés anesthésiques étaient semblables à celles du chloroforme. Quand on place, sous une cloche tubulée, un animal et une éponge imbibée de quelques gouttes de bromoforme, on voit cet animal s'endormir profondément en moins d’une minute, puis revenir complètement à lui en deux ou trois minutes, après qu'on l’a soustrait à l’influence de l’agent anesthésique. On peut prolonger indéfiniment l’anesthésie, en continuant les inhalations de bromoforme. Ces expériences ont donné les mêmes résultats sur les chiens. On pouvait leur piquer le dessous des pattes, sans qu’ils présentassent la moindre sensibilité. Leurs pupilles étaient extrêmement dilatées.

Cette substance n'ayant pas encore été employée chez l’homme, on ne sait si elle offre des avantages ou des inconvénients sur le chloroforme.

Iodoforme CHI. — L'’iodoforme a été découvert par Serullas, en 1822, et a été introduit, en 1840, dans la thérapeutique, par Bouchardat, qui en fit connaître plus tard les propriétés anesthésiques.

L'iodoforme, ou iodure de méthyle büodé CHF, diffère chimiquement du chloroforme et du bromoforme en ce qne trois atomes d’iode remplacent les trois atomes de chlore ou de brome, renfermés dans ces derniers. Il s’en distingue davantage par certaines propriétés physiques. En effet, il se présente sous l’aspect d’un corps solide faiblement volatil, de belle couleur jaune, cristallisant en paillettes.

L’iodoforme est presque complètement insoluble dans

L'eau : il est saluble dans l'alcool, l’éther et le chloroforme. LL posède une saveur sucrée et une odeur caractéristique.

L'iodotorme eat loin d'être un anesthésique comparable au ehloroforme, ce qui tient sans doute à son insolubilité. Tout qu'il peut se dissoudre dans le sang ou s’y trouver à l'état de vapeur, il produit une certaine résolution museuane, accompagnée d'insensibilité ; mais quand sa dissolution ue peut dire complète, il agit comme un excitant mécanique sur le système nerveux, De plus, lorsqu'ilexisteen trop grande quantiié dans l'organisme, alors que sa décomposition n'est pas complète, il produit des altérations des reins, sans doute à La suite de son élimination partielle par ces organes. -—

L'anenthésie générale n'est done jamais complète avec l'ingention de l'iodatorme, mais l’anesthésie locale peut être obiente at moyen de cet agent.

L'aldéhyde (alcool déshydrogéné) C°H'0 est appelée ainsi, parce qu'elle ne diffère de l'alcool ordinaire C*H*0 que par deux atomes d'hydrogène en moins, Elle est incolore, limpide, d'une odeur alcoolique caractéristique.

Cetie substance à été proposée comme anesthésique par Poggtale, et à été ensuite expérimentée par Simpson qui lui à reconnu une action de beaucoup supérieure à celle du ehlorotorme, L'aldéhyde produit d'ailleurs de la dyspnée, une consinotion de la poitrine et une toux violente qui disparaissent lorsque l'insensibilité parvient à s'établir, mais qui rephaient au réveilet persistent quelque temps.

L'iodure de méthyle CHI correspond à l’iodure d'éthyle et en présente les mêmes effets physiologiques,

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‘1 tn NE Le

CT NE ainsi qu’il résulte d'expériences qu’on a faites avec cet éther, Il pourrait remplacer l’iodure d'éthyle.

Le bromure d’éthylène C?H!Br? est un liquide incolore, d’une odeur éthérée agréable, bouillant vers 1329, 1 peut anesthésier les grenouilles sans les faire mourir, I ne peut anesthésier les mammifères, du moins les chiens et les cochons d’Inde, sur lesquels on a fait des expériences,

Le nitrite ou azotite d’amyle à été proposé dans es dernières années comme agent anesthésique et antispasmodique. On a voulu l’employer surtout dans les affections nerveuses. Les résultats ont été nuls, lorsqu'ils n’ont pas été désastreux. :

En effet, ce composé, de même que les divers nitrites ou azotites, est un poison dangereux. Après leur pénétration dans le torrent circulatoire, les vapeurs de cet éther modijfient l’hémoglobine, la détruisent et la transformenten héwa-

tine rouge.

Amylène.—On 2 donné le nom d’amylène 3 l’hydrogène carboné qui dérive de l'alcool smylique (huile de pomme de terre). Sa formule est C’H#.

Découvert par Ballard en 1814, l'amylène est un liquide incolore, d’une odeur alliacée assez pénéirante, rappelant

celle de l’huile de naphte. beaucoup plus léger que l’eau,

bouillant vers + 35° et brûlant avec use flamme Ponche l’amylène est insoluble dans l'eau et se dissout +0 foutes proportions dans l'alcool et l'éther ordinaires,

SOA ARS

Préparation. — Il peut se préparer de plusieurs manières. Le meilleur procédé est le suivant: on introduit dans une cornue un mélange à volumes égaux d’huile de pomme de terre rectifiée et d’une solution concentrée de chlorure de zine (marquant 70° à l’aréomètre de Baumé) et l’on distille. L'huile de pomme de terre se dissout d’abord; l’amylène passe ensuite à la distillation. Le produit contenu dans le récipient est ensuite rectifié au bain-marie et l’on ne recueille que les produits volatils au-dessous de 40°. Ce nouveau produit est d’abord agité pendant quelque temps avec de l’acide sulfurique concentré et finalement rectifié par une seconde distillation.

Anesthésie. — L'’amylène a été préconisé comme anesthésique par Snow, dans l'intention de le substituer à l’éther ou au chloroforme. Il possède, en effet, des propriétés anesthésiques assez marqués, et son usage peut être avantageux dans certaines conditions. Il est aisément supporté par les muqueuses et facilement respiré par les malades. Pour que son administration soit à l’abri de tout accident, il faut que ce fluide soit très pur. L’amylène a été accueilli avec défaveur et avec prévention.

Employé en Angleterre, en France et en Allemagne, son règne n’a pas été cependant de longue durée. Les essais qui ont été tentés à Strasbourg avec l’amylène pur, préparé par Hepp, et les expériences de Graef, à Berlin, et de Gualdès, à Paris, permettent de dire que,bien préparé, il peut donner de très bons résultats.

La grande volatilité de cet agentexige qu’il soit administré dans un appareil. On opère comme pour les inhalations des vapeurs de chloroforme et d’éther. L’anesthésie provoquée par l’amylène paraît moins agitée et moins comateuse qu'avec

ces deux dernières substances. Le pouls devient fréquent; la respiration s'accélère et l’on observe une certaine rigidité des muscles favorables à l'opérateur; enfin, l’anesthésie obtenue disparaît très facilement, ce qui le rend précieux pour certaines Opérations oculaires.

Le kérésolène est un composé chimique, découvert en Amérique. C’est un liquide incolore, volatil, très inflammable, insolubledans l’eau, soluble dans l'alcool et les huiles volatiles; sa densité est de 0,662. On le retire de la distillation du pétrole; c’est un carbure d'hydrogène. On l'appelle aussi éther de pétrole; il possède une odeur très désagréable, dont on peut le débarrasser par un traitement à l'acide sulfurique concentré, suivi de plusieurs lavages à l’eau.

Le kérésolène a été expérimenté en Amérique par le D: Bigelow; ses propriétés anesthésiques seraient assez grandes, etil aurait quelques ressemblances avec le chloroforme. |

Oxyde de carbone.—L’oxyde de carbone est un gaz incolore, insipide, insoluble dans l’eau: sa densité est de 0:95:

Il brûle à l’air avec une flamme bleue; le produit de la combustion est de l’anhydride carbonique.

On le prépare en chauffant dans un ballon de l’acide oxalique avec de l'acide sulfurique.

A petites doses, l’oxyde de carbone est anesthésique; mais il devient successivement toxique, se fixe sur les globules sanguins qu’il rend rutilants et amène ainsi un trouble de l’hématose pouvant procurer l’anesthésie. Il détermine en même temps de la céphalalgie, de laprostration, puis des convulsions

Fi AUS et la mort avec une rapidité extrême, s’il est respiré en trop grande quantité. On ne devra jamais l’employer.

Acide carbonique.— Reconnu au XVI°° siècle par Paracelse et Van-Helmont, ce dernier l’avait appelé gaz silvestre.

On se le procure facilement en mettant dans un flacon un carbonate, du marbre ou de la craie par exemple, versant dessus un acide, de préférence l’acide chlorhydrique, et recueillant le produit gazeux au moyen d’un tube, dans une cloche ou dans une vessie.

C’est un gaz incolore, inodore, d’une saveur légèrement acide. Il est assez soluble dans l’eau qui, à la température ordinaire et à la pression de 760"", en dissout environ son volume ; et cette quantité croît proportionnellement à la pression. Il éteint les corps en combustion: et n’entretient pas la respiration.

L’acide carbonique possède des propriétés anesthésiques qui ont été d’abord signalées par Ingenhouz en 1794, puis en 1834 par Moyon de Gênes. C’est par son action anesthésique qu'on peut expliquer les usages de ce gaz comme antiémétique dans l’eau de Seltz, le vin de Champagne, la potion de Rivière.

Protoxyde d’azote.— Le protoxyde d’azote est un gaz incolore, inodore, d’une saveur légèrement sucrée. Sa densité est de 1,527. Il est peu soluble dans l’eau, un peu soluble dans l’acool. Il rallume une allumette présentant un pointen ignition. On le distingue de l’oxygène en ce que, lorsqu'on fait passer du bioxyde d’azote dans une éprouvette remplie

MONTE qe de protoxyde, le bioxyde d’azote ne se transforme pas en vapeurs rutilantes.

Préparation.— Bien que diverses réactions chimiques puissent donner naissance au protoxyde d’azote, le moyen le plus pratique et le plus économique pour le produire est, jusqu'ici, la décomposition du nitrate d’ammoniaque par la chaleur.

Le nitrate d’ammoniaque AzH'O,Az0* se décompose entièrement en eau et en protoxyde d’azote à une température qui peut varier entre 200 et 250°

AzH10,Az05 — 4HO + 2A70.

Il faut veiller à ne jamais trop dépasser la température de 230°, car, au-dessus, le dégagement devient tumultueux et amène souvent la rupture des vases dans lesquels on opère.

Il faut aussi ne jamais pousser la décomposition du sel à son extrême limite, car lorsqu'il ne reste plus qu’une petite quantité de matière, une élévation brusque de température peut se produire et, dans ce cas, toute la masse gazeuse et liquide se décompose, en même temps qu’elle s’enflamme, en déterminant un mélange explosif.

L’azotate d’'ammoniaque peut être impur et renfermer du chlorure d’ammonium; dans ce cas, le protoxyde d’azote peut être souillé par du chlore. Il contient, en outre, du bioxyde d’azote, de l’ammoniaque et d’eau.

Pour le purifier, on le fait passer dans une éprouvette renfermant de la pierre-ponce imprégnée de potasse caustique, qui retient le chlore; puis dans une deuxième éprouvette, contenant des cristaux de sulfate ferreux où le gaz se débarrasse du bioxyde d’azote ; enfin, dans un flacon laveur renfermant un peu d’eau qui dissout l’ammoniaque.

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