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INFLAMMATION CONSÉCUTIVE

vité de l'artère ne communiquait nullement avec cet abcès; elle ne renfermait pas de pus. Deux caillots secondaires, fibrineux, trèssolides, longs chacun de 5 centimètres, isolaient complètement de l'arbre circulatoire le caillot chimique qui était déjà trèsramolli et en grande partie résorbé (1).

Mais la suppuration peut se produire aussi dans l'intérieur même du sac ; il se forme alors un abcès plus ou moins grave et le caillot chimique se retrouve au milieu du pus.

On vient de voir que l'inflammation consécutive des anévrysmes traités par les injections coagulantes, reconnaît deux causes principales : 1° l'action irritante du perchlorure sur les parois du sac ; 2° la présence du caillot chimique qui , étant complètement inorganisable, a tous les inconvénients des caillots passifs.

Cette seconde cause me semble plus active que la première. Il est digne de remarque , en effet , que l'inflammation consécutive est surtout grave et fréquente lorsque l'injection n'a produit qu'une coagulation partielle; dans ce cas pourtant, la close de perchlorure est en général peu élevée, mais le caillot très-dur, qui occupe une partie du sac, incessamment ballotté par les ondées sanguines, vient heurter les parois de la poche, et les irrite beaucoup plus que ne le ferait un caillot complet et immobile. Quoique les injections coagulantes n'aient été appliquées jusqu'ici qu'un petit nombre de fois, je puis déjà citer plusieurs exemples à l'appui de cette manière de voir. Dans la première observation de M. Soulé , 7 gouttes de perchlorure sont injectées , le 1er août 1853, dans un anévrysme volumineux de F artère fémorale (10 centimètres de diamètre). Coagulation partielle. La tumeur s'enflamme et s'accroît. Le 6 septembre, M. Soulé lie la fémorale. Guérison (2). Dans le cas de M. Velpeau, 10 gouttes furent injectées le 11 juin 1853 dans un anévrysme traumatique du coude. Coagulation partielle. La tumeur s'enflamma sans cesser de battre, et le 18 juin on lia l'artère numérale; mais quelques jours après, la piqûre s'ulcéra. Le 3 juillet, l'ouverture élargie laissa échapper un caillot noirâtre , gros comme une petite noix. C'était le caillot chimique. Il y eut plusieurs hémorrhagies qu'on

(1) Bull, de thérapeutique, 185fi , T. XLVI , p. 39-^0.

(2) Rev. mèd. chirurg,, T. XIV, p. 277.

^08 INJECTIONS COAGULANTES.

arrêta au moyen du perchlorure de fer. Guérison (1). Dans le cas de M. Malgaigne , moins de 6 gouttes de perchlorure , injectées dans un .anévrysme de l'humérale (6 centimètres de haut sur 5 de large) ne produisirent qu'une coagulation partielle, bientôt suivie d'une vive inflammation. L'anévrysme s'accrut beaucoup en continuant à battre. Le douzième jour, il fallut lier l'humérale. L'inflammation se dissipa, mais la tumeur devint fluctuante. Le trentième jour, on fit une ponction qu'il fallut bientôt agrandir, et qui donna issue à un énorme caillot solide , ovoïde , long de 5 centimètres et large de h (2). Dans le cas de M. Lenoir, enfin, un anévrysme poplité devint le siège d'une vive inflammation, à la suite d'une injection qui avait donné lieu à une coagulation partielle, et on n'a pas oublié que cette inflammation fut suivie de mort (3).

L'analyse de ces faits me conduit à dire que les accidents consécutifs dépendent bien plutôt de la présence du caillot que de f action directe du perchlorure. En effet, l'inflammation est en général moins forte lorsqu'on pousse dans le sac une dose plus élevée, suivie de coagulation immédiate et complète, — à condition toutefois de ne pas dépasser certaines limites. Il est clair qu'une dose exubérante d'une solution trop concentrée pourrait désorganiser les parois, provoquer une inflammation très-grave, et même produire la gangrène du sac et des parties molles environnantes. C'est pourquoi tout le monde s'accorde sur la nécessité de n'injecter que le nombre de gouttes strictement nécessaire pour solidifier toute la tumeur. Ce précepte est fort sage; mais j'approuve moins les conséquences pratiques qu'on en a tirées. On pense généralement que les chances d'accidents sont d'autant moindres qu'on injecte une moindre quantité de liquide. En apprenant qu'une dose de perchlorure trop faible pour produire une coagulation complète a provoqué une inflammation violente, on est naturellement disposé à croire qu'une dose plus élevée eût certainement provoqué une inflammation plus considérable. De là le précepte de tâter pour ainsi dire la susceptibilité des malades, en commençant par injecter une très-

(1) Union médicale, 1853, T. VII, p. 399.

(2) Ber. mêd. chir., T. XIV, p. 281.

(3) Voy. plus haut , p. 383.

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