TRAITEMENT CONSÉCUTIF. M
atteint. Le malade est reconduit à son lit, et on doit s'occuper de prévenir F inflammation. Le repos absolu , le régime ( demidiète), les applications réfrigérantes remplissent cette indication. Si, malgré cela, l'inflammation se développait, les cataplasmes, les applications de sangsues pourraient devenir nécessaires.
Il n'y a pas d'exemple jusqu'ici que les battements aient reparu dans une tumeur complètement solidifiée; il n'est donc pas nécessaire de fatiguer le malade par l'application permanente de la
Mais si on s'aperçoit immédiatement après l'opération crue l'anévrysme incomplètement oblitéré continue à battre, il n'en est plus de même. La compression directe et la compression indirecte trouvent alors leur application.
La compression indirecte, destinée à rester en place pendant plusieurs jours, doit être partielle et exécutée à l'aide d'un des tourniquets que je décrirai plus loin (1). Elle a pour but de ralentir le cours du sang dans l'anévrysme, de favoriser, par conséquent, la formation du caillot secondaire qui pourra achever l'oblitération, et surtout de laisser en repos le caillot chimique qu'une impulsion trop considérable pousserait avecviolence contre les parois irritables du sac. Le meilleur moyen de prévenir l'inflammation consécutive à la coagulation partielle et de la combattre quand elle a paru, consiste certainement à modérer le cours du sang dans l'artère anévrysma tique. Dans le premier cas de M. Soulé, la ligature de l'artère fémorale arrêta promptement l'inflammation provoquée par une injection insuffisante de perchlorure (7 gouttes dans un anévrysme crural large de 10 centimètres). Ainsi, la compression indirecte a, entre autres avantages, celui d'agir comme moyen antiphlogistique.
L'application du tourniquet n'empêche pas d'exercer une compression modérée au niveau même de la tumeur, à l'aide de quelques compresses graduées soutenues par une bande. Cela a pour but de refouler le caillot chimique vers l'artère, d'empêcher le sang de pénétrer dans la tumeur, et d'immobiliser les parties. Toutefois, cette compression directe devra être surveillée avec le plus grand soin, et enlevée si l'inflammation se développe.
(1) Voy, plus loin, chap. XIX, % 5,
L\\L\ INJECTIONS COAGULANTES.
Enfin, une vessie pleine de glace doit être appliquée sur la bande qui sert à exécuter la compression directe. Je n'ai pas besoin de dire que ce moyen est purement antiphlogistique.
En prenant toutes ces précautions, on arrivera sans doute à rendre les injections coagulantes efficaces dans le plus grand nombre des cas. Mais une cause quelconque peut faire échouer une première tentative, et il y a lieu de se demander s'il convient, en pareil cas, de faire quelque temps après une tentative nouvelle.
Huit malades, à ma connaissance, ont ainsi subi plusieurs opérations à quelques jours d'intervalle. Trois fois l'anévrysme occupait une situation telle qu'il était impossible d'y immobiliser le sang pendant la durée de l'injection (1). Les tentatives ultérieures ne furent donc pas plus efficaces que la première. Dans les cinq autres cas, le siège de la tumeur permit de procéder d'une façon plus régulière ; la circulation anévrysmale fut maîtrisée au moyen de la compression indirecte, et la coagulation du sang, qui avait fait défaut la première fois, fut obtenue la seconde (2). Cette coagulation ne fut que partielle sur les malades de MM. Velpeau, Lenoir et Soulé. Dans les trois cas, elle provoqua une grave inflammation, et les deux malades qui survécurent ne furent guéris que par la ligature. Mais sur le malade de M. Raoult, et sur l'un des malades de M. Jobert,la coagulation fut totale et la guérison fut obtenue sans accident.;
Ainsi, il est bien certain que, là où une première injection a échoué, une deuxième peut réussir. Si on considère toutefois que sur cinq malades soumis à ces injections répétées, trois ont eu à subir une inflammation dangereuse à laquelle l'un d'eux a même succombé, on est naturellement conduit à supposer que la gravité
(1) Cas de Syme : anévrysme de l'aorte, deux injections. — Cas de Barrier : anévrysme bracliio-cépualique, trois injections. — Cas de Dufour: anévrysme énorme de la carotide, deux injections.
(2) Dans le cas de M. Lenoir, la coagulation partielle ne fut obtenue qu'à la troisième tentative, mais tout permet de croire que la première fois l'injection n'avait pas pénétré dans la cavité de l'anévrysme. La canule, en effet, n'avait donné issue qu'à quelques gouttes de sang veineux, et l'injection pénétra si peu dans le sac, qu'au moment où on dévissa la seringue, la canule laissa refluer quelques gouttes de perchlorure de fer à peu près pur. Or, on avait fait en tout sept demi-tours. Les deux ou trois premières gouttes avaient été employées à remplir la canule; et l'injection proprement dite n'avait pas dépassé quatre à cinq gouttes [Gaz. hebdomadaire, T. I, p. 16, 14 oct. 1853).