‹ Des aneurysmes et de leur traitement [electronic resource]Chapitre 14 sur 243 · ÉT10L0GIE DES ANÉVRYSMES · texte numérisé non relu

ÉT10L0GIE DES ANÉVRYSMES

ce nombre, un seul occupait une artère chirurgicale (n° 418, anévrysme inguinal, enfant de 9 ans); un autre avait pour siège la crosse de l'aorte (n° 341, 16 ans), et les trois autres existaient dans la cavité crânienne (n° 152, 15 ans, artère basilaire; — n° 530, 14 ans, cérébrale antérieure; — n° 501, 19 ans, cérébrale moyenne).

Une chose digne de remarque, c'est que les anévrysmes intracrâniens, qui semblent les plus communs de tous avant l'âge de

20 ans, disparaissent ensuite jusqu'à l'âge de 35 ans. Il n'y en a aucun parmi les 182 anévrysmes qui correspondent à la période de 20 à 34 ans ; les 281 anévrysmes compris dans la période de 35 à 60 ans, en offrent seulement cinq exemples; passé cet âge, on n'en trouve plus un seul cas sur le tableau.

Je ne chercherai pas à expliquer cette singulière répartition des anévrysmes intra-crâniens suivant les âges.

Le relevé de M. Crisp a été fait par décades ou par périodes de 10 ans. Il m'a paru utile de pousser plus loin l'analyse, et de faire des relevés embrassant des périodes plus courtes. J'ai ainsi reconnu que les anévrysmes atteignent leur maximum de fréquence à l'âge de 30 ans. C'est ce que montre la liste suivante :

Anévrysmes développés sur des sujets âgés de 20 ans, 2; de

21 ans, 1; de 22 ans, 4; de 23 ans, 3; de 24 ans, 8; de 25 ans, 2; de 26 ans, 14; de 27 ans, 11; de 28 ans, 16; de 29 ans, 10; de 30 ans, 40; de 31 ans, 21; de 32 ans, 20; de 33 ans, 16; de 34 ans, 14; etc., ce qui fait pour chaque période de 3 ans :

De 20 à 22 ans. . . 7 De 23 à 25 ans. . . 13 De 26 à 28 ans. . . 41 De 29 à 31 ans. . . 61

De 32 à 34 ans. . . 50, soit environ 16 cas par année.

Ce dernier chiffre reste à peu près stationnaire jusque vers 45 ans, après quoi il décroît d'une manière sensible.

Dans la décade de 35 à 44 ans, je trouve 151 cas d'anévrysmes, ce qui fait un peu plus de 15 cas par an. De 45 à 54 ans, il n'y a plus que 91 cas ou 9 cas par année. Passé 55 ans, la dé-

INFLUENCE DES AGES. kl

croissance est beaucoup plus rapide; la décade de 55 à 64 ans ne fournit que 39 cas, c'est-à-dire environ 4 par an; de 65 à 74 ans, on ne trouve plus que 9 cas, ce qui ne fait même pas 1 cas pour chaque période d'un an. La décroissance continue ainsi jusqu'à l'âge le plus avancé.

Pour arriver à des résultats plus précis , il faudrait comparer les chiffres qui précèdent avec les tables de mortalité ; mais cela n'est vraiment pas nécessaire. Il est clair qu'à partir de 45 ans , et surtout à partir de 55 ans, la fréquence des anévrysmes décroît beaucoup plus rapidement que la population. On peut dire par conséquent que les individus les plus exposés aux anévrysmes sont ceux qui sont dans la force de l'âge et qui possèdent la plus grande énergie musculaire.

J'ai voulu profiter du précieux tableau cle M. Crisp pour faire quelques autres statistiques qui m'ont conduit à des résultats assez importants. Il y a , entre les anévrysmes des artères susdiaphragmatiques et ceux des artères sous-diaphragmatiques considérés au point de vue de leur fréquence , une sorte d'antagonisme. Ainsi, les anévrysmes de l'aorte thoracique fournissent un contingent qui s'accroît toujours avec l'âge; ceux de l'aorte abdominale et de ses branches viscérales deviennent au contraire plus rares à mesure que les sujets deviennent plus vieux. La même opposition existe entre la carotide , la sous-clavière , l'axillaire, l'innommée d'une part , — et les artères du membre abdominal d'autre part. Je crois donc pouvoir émettre la proposition suivante : A mesure que l'homme avance en âge, la disposition aux anévrysmes augmente sur les artères susdiaphragmatiques , et diminue sur les artères sous-diaphragmatiques.

Cette assertion ne pouvant être émise sans preuves, je reproduirai ici les relevés que j'ai faits d'après le tableau de M. Crisp.

L'âge des sujets est indiqué pour 505 malades. Sur ce nombre, il y a 162 cas d' anévrysmes de l'aorte thoracique; 50 cas d'anévrysmes de l'aorte abdominale ou de ses branches viscérales ; 81 cas d'anévrysmes brachio-céphaliques , carotidiens , sous-claviers ou axillaires; et 186 cas d'anévrysmes de la fémorale ou de la poplitée. Je vais comparer entre elles ces quatre

ÊTIOLOGJE DES ANÉVRYSMES.

catégories d'anévrysmes sus et sous-diaphragmatiques, sous le rapport de leur répartition aux divers âges :

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