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HÊMORRHAGIES PAR LE SAC. — TRAITEMENT

Tout allait clone de la manière la plus satisfaisante, lorsque le 7 août, à 10 heures du soir, cinq heures après la dernière injection, le sac livra passage à une hémorrhagie d'environ un litre. L'interne de garde fut aussitôt appelé, enleva le pansement, vida, détergea le sac, et tamponna le foyer avec de la charpie et un bandage compressif ; le lendemain matin, on voulut examiner la plaie ; mais dès qu'on eut enlevé la charpie , il y eut « un jet rapide de sang « noir, semblable à celui que pourrait donner une large perforation faite à « une veine du calibre de la poplitée (4). » Nouveau tamponnement avec de l'amadou et une bande fortement serrée. Le soir, légère hémorrhagie qui s'arrête spontanément.

Le 9, on renouvelle le tamponnement avec l'amadou, et on exerce la compression avec des bandes de diachylon. Le soir le sang reparaît ; l'interne augmente la striction avec de nouvelles bandes de diachylon plus serrées que les premières. Deux heures après, le malade, souffrant de la compression, demande vainement qu'on desserre l'appareil qui reste en place pendant toute la nuit.

« Le 10 au matin, on prépare d'avance un tamponnement en queue de cerfce volant qu'on imbibe de perchlorure de fer, puis on enlève l'appareil sans « qu'il coule une seule goutte de sang. On nettoie le foyer en détachant les « caillots à l'aide des doigts : on y pousse quelques injections d'eau froide, on « le remplit avec le tampon imbibé de perchlorure , et le membre est fixé « sur un double plan incliné. »

La journée est assez bonne , mais dans la nuit il survient une douleur trèsintense, et le malade expire à 4 heures du matin. La religieuse constata alors, avant qu'on emportât le cadavre à la salle des morts, qu'une grande partie du membre présentait la coloration bleuâtre du sphacèle.

Il ne fut pas possible de pratiquer l'autopsie.

Ce cas ne peut être rangé parmi les insuccès de la compression indirecte, car les pelotes, trop fortement serrées par des mains inhabiles, ont très-promptement produit des eschares qui ont forcé à enlever l'un des tourniquets au bout de vingt-quatre heures, et l'autre au bout de six jours. La compression digitale, évidemment insuffisante, que le malade a exécutée lui-même du 30 juin au k juillet, n'a pu réussir à arrêter les progrès de la tumeur, et la ligature a dû être ^pratiquée. Mais si ce fait ne prouve rien contre la compression indirecte , il met en évidence les inconvénients et l'impuissance de la méthode d'Anel. La ligature fut ap-

(î) Cette couleur noire du sang est assez difficile à expliquer. En tout cas, l'hémoniiagie venait de l'intérieur du sac et ne pouvait être fournie par une veine.

pliquée d'une manière très-méthodique sur la partie moyenne de la fémorale , à une grande distance du sac. L'action du fil sur l'artère ne donna lieu à aucun accident; mais la tumeur se remplit de caillots passifs, se ramollit, s'enflamma, suppura; il fallut l'ouvrir au bout de vingt-neuf jours ; quatre-vingt-quatre heures plus tard, le sac livra passage à de graves hémorrhagies , et le malade succomba trente-cinq jours après la ligature. On notera qu'au moment de la mort la jambe était déjà dans un état gangréneux , dû , selon toutes probabilités, à la striction circulaire très-énergique qu'on avait exécutée pendant les trois derniers jours pour arrêter l'hémorrhagie. Quant au tamponnement fait au moyen du perchlorure de fer, il ne fut appliqué que quelques heures avant la mort , lorsque déjà le sang ne coulait plus. On eut raison d'y avoir recours, même à cette époque tardive, parce qu'il était clair que le malade , épuisé, n'aurait pu supporter la moindre perte de sang. Je pense même qu'il eût été préférable , dès la première hémorrhagie , de mettre ce moyen en usage , au lieu de la compression directe ; peut-être eût-on évité ainsi la gangrène de la jambe; mais je n'ose pas me flatter que cela eût sauvé le malade , qui était déjà dans un état fort alarmant.

Quoi qu'il en soit, ce fait vient se joindre à tous ceux que j'ai déjà cités, pour montrer l'extrême gravité des hémorrhagies consécutives à la rupture du sac. Jusqu'ici le traitement de ces cas diffi- s elles n'a été soumis à aucune règle; et les quatre guérisons qui sont venues à ma connaissance ont été dues à quatre moyens différents. Personne encore n'a eu recours, primitivement , à l'application du perchlorure de fer; j'ai lieu de croire pourtant que ce moyen serait supérieur à tous les autres, et voici comment je conseille de l'employer.

Si la situation de l'anévrysme le permet, il faut, avant tout, comprimer l'artère, soit au-dessus, soit au-dessous du point où l'artère a été liée, et mieux encore, quand cela est possible, dans ces deux points à la fois : s'il s'agit, par exemple, d'un anévrysme poplité traité par la ligature de la fémorale au sommet du triangle inguinal, on appliquera une pelote compressive sur le pubis, une autre sur l'anneau du troisième adducteur. On se servira, pour cela, de l'un des appareils modernes que je décrirai plus loin, dans le chapitre de la compression indirecte. Cette compression

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