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PERSISTANCE DES BATTEMENTS

mais il en a deviné l'existence ; il en a indiqué la possibilité, et c'est depuis lors seulement que les chirurgiens ont osé en publier des observations.

Pour ma part je crois devoir admettre la distinction suivante :

1° Persistance des battements, lorsque la ligature a pour conséquence immédiate d'affaiblir les pulsations de l'anévrysme, sans les éteindre tout à fait ;

2° Retour des battements, ou pulsations secondaires, lorsque les pulsations reviennent peu de temps après la ligature, avant que la tumeur ne soit considérée comme guérie ;

3° Récidive, lorsque, à une époque quelconque et par un mécanisme quelconque, la tumeur reprend et conserve pendant longtemps les caractères et la marche des anévrysmes.

Au point de vue de la physiologie pathologique, ces cas diffèrent nettement l'un de l'autre ; mais dans la pratique, et sous le point de vue du pronostic, il y a des cas intermédiaires, heureusement exceptionnels, dont l'interprétation peut devenir trèsdifficile.

1° Persistance des battements.

Il est assez rare que les battements persistent à la suite de la ligature, et, quoi qu'on ait pu dire, ils sont toujours plus faibles qu'avant l'opération. C'est en vain qu'on a cité l'observation de Percival Pott. Il s'agissait d'un anévrysme poplité. Pott lia ou plutôt chercha à lier l'artère immédiatement au-dessus du sac, suivant le procédé d'Anel. Tout le monde sait qu'à ce niveau la veine poplitée cache l'artère, et qu'elle possède des parois aussi épaisses que celles de ce dernier vaisseau. Tout le monde sait encore que, sur le cadavre, les commençants lient très-souvent la veine poplitée sous prétexte de lier l'artère. Pott, qui pratiquait pour la première fois cette opération, put donc très-bien prendre un vaisseau pour un autre. Quoi qu'il en soit, l'anévrysme continua à battre comme auparavant, et fit des progrès si rapides que Pott amputa la cuisse. Ceux qui disséquèrent la pièce reconnurent qu'on n'avait pas lié l'artère anévrysmatique. Ils prétendirent que l'anévrysme occupait une artère collatérale; mais Ev. Home, qui publia l'observation, réfula poliment cette hypothèse, et on peut dire aujourd'hui, sans craindre de blesser per-

sonne, que Pott avait lié la veine poplitée (1). Ce fait ne peut donc rien nous apprendre sur les effets de la méthode d'Anel.

La persistance des battements , due à l'ampleur naturelle des voies collatérales, s'observe surtout lorsque l'anévrysme est situé sur le trajet d'une arcade artérielle. Ainsi, les anévrysmes de la paume de la main peuvent continuer à battre après la ligature de l'une des artères de l' avant-bras, et la largeur des anastomoses de la base du crâne explique pourquoi les battements persistent quelquefois dans les anévrysmes carotidiens, malgré la ligature de la carotide primitive. A. Cooper, Vincent, Walther, M. Syme , ont vu des cas de ce genre , sur lesquels je reviendrai tout à l'heure (2). Partout ailleurs la persistance des battements est fort exceptionnelle. Elle a été constatée cependant, par Morgan, dans un cas d'anévrysme inguinal ; par M., Porta, dans un cas d'anévrysme de la radiale au-dessus du poignet, traité par la ligature de l'artère numérale ; par Hodgson, dans un cas d'anévrysme poplité (3). Un fait cité par Roux peut être rapproché des précédents. Un anévrysme traumatique du pli du coude était traité depuis quelque temps par la compression directe ; la peau se gangrena au niveau de la tumeur ; une hémorrhagie se déclara à la chute de Feschare, et ce fut alors que le malade fut présenté à Roux. Celui-ci lia l'humérale à la partie moyenne du bras, mais il s'aperçut bientôt que le sang continuait à couler abondamment; alors il incisa largement la tumeur , lia les deux bouts de l'artère, et enleva immédiatement après le fil qu'il avait placé sur la partie

(1) Œuvres complètes de John Hunier, trad. fr. Paris, 1843, in-8°, T. III, p. 471.

(2) Cas d'A. Cooper (anév. de la carotide primitive), dans Med. Chirurg. Transact.t vol. I, p. 222. — Cas de Vincent (anév. de la carotide primitive), dans Sam. Cooper, Dictionnaire de chirurgie, trad. fr. Paris, 1826, T. I, p.,157. — Cas de Walther, de Landshut (anév. de la carotide externe), dans l'édit. française de Hodgson, T. II, p. 83 (note de Breschet ). — Cas de Syme ( anév. de la carotide interne), dans Monthlij Journal of Med. Se, 1842 , p. 962 (avec une planche ).

(3) Cas de Morgan (anév. inguinal ; ligat. de l'iliaque externe ; les battements continuent et disparaissent le dixième jour ) , The Lancet , 1827-1828, vol. XIII , p. 411. — Cas de Porta ( anév. traum. de la radiale au-dessus du poignet ; les battements continuent après la ligature de riuimérale. — Porta , Délie alterazioni palologichc délie arlcrie. Milano, 1845, in-fol., p. 33, 234 et 376, et Tav. IX, fig. 3). L'observation est disséminée par fragments dans le corps de l'ouvrage ; le malade mourut le soixante-cinquième jour, et l'étude de la planche IX permet de croire qu'après avoir infructueusement lié l'Immérale, M. Porta avait opéré l'anévrysme suivant la méthode ancienne. — Cas de Hodgson, dans Malad. des art. cl des veines, tr. fr., T. I, p. 362 (anév. poplité; lig. de la fémorale; de très-légers battements persistent et disparaissent le lendemain ).

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