‹ Des aneurysmes et de leur traitement [electronic resource]Chapitre 161 sur 243 · PULSATIONS SECONDAIRES ET RÉCIDIVES · texte numérisé non relu

PULSATIONS SECONDAIRES ET RÉCIDIVES

Qu'on se détrompe. Après avoir échappé aux accidents immédiats de la ligature, aux hémorrhagies consécutives, à la phlébite, à la gangrène, après avoir échappé aux accidents ultérieurs provoqués par la présence des caillots passifs , à l'inflammation , à la suppuration, à la rupture du sac, les malades restent exposés à une éventualité plus décourageante encore que les précédentes : je veux parler de la récidive.

§ V. PULSATIONS SECONDAIRES ET RECIDIVES DES ANEVRYSMES ARTERIELS TRAITÉS PAR LA MÉTHODE d'aNEL.

Personne aujourd'hui n'ignore que les anévrysmes artérioveineux traités par la ligature récidivent presque infailliblement; mais on s'imagine généralement que cette méthode est toute-puissante dans le traitement des anévrysmes artériels, et que les malades qui échappent à la mort peuvent compter sur une guérison à la fois certaine et durable. Tous les chirurgiens instruits savent, il est vrai, que plusieurs opérés ont eu des récidives, mais on cite toujours ces faits avec une sorte d'étonnement et on les considère comme des exceptions infiniment rares.

J'espère que la froide analyse des faits suffira pour dissiper cette illusion.

La question de la récidive est peut-être la plus obscure et la plus compliquée de celles qui se rattachent à l'étude des anévrysmes. La plupart des observations publiées jusqu'ici sont incomplètes ; le plus souvent le chirurgien qui constate la récidive n'a pas assisté à l'opération, et il est obligé de s'en rapporter à la narration du malade. Il ignore quels ont été les effets immédiats de la ligature, il n'obtient que des renseignements confus sur les modifications ultérieures de la tumeur , et parfois même il ne sait pas exactement à quelle époque les battements ont reparu. A ces incertitudes viennent se joindre plusieurs autres causes d'erreur. Certains anévrysmes, récidivés après la ligature, peuvent guérir spontanément, et certains autres, qui pourtant ne récidivent pas, continuent à battre pendant quelques jours ou pendant quelques semaines ; d'autres fois enfin, la tumeur devient immobile, puis, au bout d'un temps variable, elle admet de nouveau le sang artériel et présente des pulsations qui s'éteignent ensuite d'elles-mêmes. La continuation des battements, le retour

des battements, la récidive, ces trois phénomènes, essentiellement différents, peuvent cependant, dans quelques cas, se ressembler beaucoup. Cela explique pourquoi la plupart des auteurs n'ont pas su les distinguer l'un de l'autre, et pourquoi l'élude des récidives proprement dites a été si négligée jusqu'ici.

Hodgson est le seul auteur qui, à ma connaissance, ait entrevu cette importante distinction. Il a désigné sous le nom de pulsations secondaires les battements qui reviennent après la ligature et qui disparaissent au bout de quelques jours, et il a réservé le nom d'anévrysmes secondaires aux récidives proprement dites (1). Mais il se trouve précisément que les deux seuls exemples qui lui aient servi à établir l'existence des anévrysmes secondaires, n'ont absolument aucune valeur. L'un de ces faits est celui de Pott, j'y reviendrai tout à l'heure; l'autre appartient à Guérin, de Bordeaux, qui avait lié la fémorale dans un cas d'anévrysme poplité. Une hémorrhagie consécutive venant de l'artère liée fit périr le malade le quatorzième jour ; on trouva au moment de la mort que la tumeur était plus grosse qu'avant l'opération; mais on ne dit pas que les battements y eussent reparu, et tout permet de considérer ce fait comme un exemple d'inflammation consécutive du sac (2). Hodgson cite, à une autre occasion, un troisième fait un peu plus concluant dont il paraît avoir été témoin. On avait lié la fémorale pour guérir un anévrysme poplité. « L'ané- « vrysme n'en augmenta pas moins après la ligature, et il finit « par s'ouvrir dans le tissu cellulaire qui environne le genou. » On coupa la cuisse au-dessous du point où la fémorale avait été liée ; cette artère, au moment de l'amputation, fournit un filet de sang considérable, et on reconnut, en disséquant le membre, qu'elle était perméable à son entrée dans le sac (3). Ce fait est trop sommaire pour être accepté sans réserve ; car on ne sait même pas si les battements avaient reparu dans la tumeur. Somme toute, on peut dire que Hodgson n'a pas connu les véritables récidives ;

(1) Hodgson. Malad. des artères et des veines, ti. iV. Paris, 18i0, T. I, p. 383-385? voy. aussi p. 361.

(2) Journal dit de SêdUlot. Paris, an V de la République, T. I , p. 198. Hodgson dit que le malade mourut le quatrième jour; c*est une erreur qu'il a copiée dans ScArpa ( De VAnè* vrysme, tr. fr., 1809, p. 278) ; mais le texte original porte que la mort survint dans la quatorzième nuit après la ligature.

^3) Hodgson , loc. cit., p. SOU.

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