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STATISTIQUES. — ACCIDENTS DIVERS

Dans îa catégorie des accidents locaux, M. Porta range tous les accidents qui se sont montrés sur les membres opérés. Ce sont :

Hémorrhagies consécutives au niveau de la ligature. . . 75 cas. Suppuration ou gangrène de l'anévrysme , suppuration

au niveau de la tumeur ou de la lésion primitive 40

Récidive de l'anévrysme opéré 25

Gangrène du membre 49

Paralysie et atrophie permanentes du membre l i

Phlegmon ou abcès local 13

Il est fâcheux que M. Porta n'ait pas dressé un tableau spécial pour les accidents qui se sont produits dans les cas d'anévrysmes artériels. Ainsi, les 25 cas de récidives ont sans doute été observés en grande partie sur les malades affectés d'anévrysmes variqueux ; tandis que les cas de suppuration et de gangrène de la tumeur doivent s'être montrés surtout chez les individus atteints d'anévrysmes artériels. Quant à la gangrène du membre , il est permis d'affirmer qu'elle s'est manifestée surtout à la suite des opérations pratiquées pour des anévrysmes. M. Porta dit ailleurs que la gangrène s'est montrée 7 fois sur les membres supérieurs, et Li2 fois sur les membres inférieurs (1). Or, en laissant de côté les ligatures de l'aorte, du tronc brachio-céphalique et de l'iliaque interne, qui jusqu'ici n'ont jamais produit la gangrène, nous trouvons que la circulation a été interceptée 1U2 fois dans les artères du membre thoracique depuis l'origine de la sous-claviôre jusqu'à la bifurcation de l'humérale , — et 303 fois dans les artères du membre abdominal, depuis l'iliaque primitive jusqu'à l'anneau du troisième adducteur. Les 1U2 premières ligatures ont fourni seulement 7 cas de gangrène, ce qui fait environ 5 °/„. Les 303 ligatures du membre abdominal ont donné U2 cas de gangrène, ce qui fait environ iko/0. On remarquera d'ailleurs que trente ligatures ont été faites pour des anévrysmes artério-veineux, lesquels, pour la plupart , occupaient le pli du coude , et la fréquence de îa gangrène, à la suite des ligatures faites en pareil cas, est assez connue pour qu'il soit raisonnablement permis d'attribuer à ces trente applications de la méthode d'Anel une partie des cas de gangrène du membre thoracique. De tout cela, nous pouvons con-

(1) Loc, cit., p. 391.

dure que la gangrène est peu à craindre lorsqu'on applique la méthode d'Anel au traitement des anévrysmes artériels du membre supérieur, et que cette sécurité relative doit faire place à des craintes sérieuses lorsqu'il s' agit d'un anévrysme dumembreabdominal.

On vient de voir que sur les 600 opérés, 75 ont eu des hémorrhagies consécutives par la plaie de la ligature. Cela fait une proportion de 12 ^°/0, ou de 1 sur 8. Mais un autre tableau de M. Porta nous fournit des renseignements précis sur la fréquence relative des hémorrhagies à la suite des divers procédés de ligature (1). Ainsi il y a eu 39 hémorrhagies sur 356 cas de ligature ordinaire, soit 11 °/0 environ; tandis que 99 cas de ligature médiate , appliquée suivant le procédé de Scarpa , ont fourni 15 cas d'hémorrhagie, plus de 15 %. Le procédé de Scarpa (ligatures plates nouées sur un cylindre de sparadrap) est donc inférieur au procédé des ligatures rondes.

La répartition des hémorrhagies consécutives sur les diverses artères a été étudiée avec soin par M. Porta qui a dressé le tableau suivant :

4 cas.

Ilémorrhagie. . Ocas

Tronc brachio-céphalique . .

Fémorale au-dessus de la pro-

Fémorale au-dessous de la

Les malades à qui on a lié l'aorte, étant toujours morts trèspromptement, n'ont pas eu le temps d'arriver à l'époque où se produisent le plus ordinairement les hémorrhagies consécutives; j'en dirai autant des quatre individus qui n'ont pas eu d'hémorrhagie après la ligature du tronc innominé. Toutes les analogies permettent de croire que la ligature de ces deux énormes artères serait presque infailliblement suivie d'hémorrhagie si les malades vi-

(1) toc. cit., p. 135.

STATISTIQUES. — HÉMORRHAGIES CONSÉCUTIVES. 605

v aient assez longtemps. Pour ce qui concerne les autres artères , nous trouvons que l'innocuité relative de la ligature de l'huméraie est due au petit volume de ce vaisseau , et au peu d'importance des collatérales qu'il émet au voisinage du point où on applique le plus habituellement la ligature. La carotide et l'iliaque externe, malgré leur calibre considérable, fournissent peu d'hémorrhagies, et diffèrent à peine de l'humérale, ce qui est dû bien certainement, cette fois, à l'absence de collatérales au voisinage du point où il est d'usage de placer le fil. Mais ce qui ressort surtout de ce tableau , c'est le danger vraiment effrayant de l'hémorrhagie à la suite de la ligature de la fémorale commune , c'est-à-dire de la fémorale entre l'arcade crurale et l'origine de la fémorale profonde; il n'en faut pas davantage, je pense, pour faire renoncer complètement à cette ligature , qu'on doit remplacer par la ligature de l'iliaque externe.

Les tableaux de M. Norris sont bien plus instructifs pour nous que celui de M. Porta. Non-seulement M. Norris a dressé des tableaux distincts pour chacune des principales artères, mais encore il y a joint l'analyse succincte de chaque observation, ce qui m'a permis de pousser plus loin qu'il ne l'a fait l'étude des accidents de la ligature , et de concentrer toute mon attention sur les anévrysmes artériels. Malheureusement, il n'a pas distingué les hémorrhagies qui s'effectuent au niveau de la ligature , de celles qui ont lieu au niveau de l'anévrysme , après l'inflammation consécutive et la rupture du sac.

Les 38 cas de ligature de la carotide ont fourni 7 cas d'hémorrhagie; sur ce nombre , deux malades ont guéri, les cinq autres sont morts. La proportion des hémorrhagies consécutives est ici bien plus forte que dans le tableau de M. Porta , puisqu'elle s'élève à 18°/0, mais deux malades au moins (nos 8 et n° 28 du tableau de Norris), ont eu leur hémorrhagie par le sac anévrysmal enflammé et ouvert ; l'hémorrhagie par la ligature s'est donc produite au plus 5 fois sur 38, ce qui représente un chiffre de 13%.

Les 118 cas de ligature de l'iliaque externe ont donné 15 cas d'hémorrhagie, dont 8 morts et 7 guérisons (1), total, plus de 12 °/o.

(1) M. Norris dit 1U cas, dont 7 morts et 7 guérisons. Mais il cite immédiatement les faits qui sont au nombre de 15, dont 8 morts et 7 guérisons.

606 MÉTHODE d'aNEL.

Mais la proportion diminue notablement , si nous tenons compte seulement des cas où la ligature a été faite pour un anévrysme artériel; 97 malades ont été ainsi opérés, et 8 seulement ont eu des hémorrhagies consécutives, c'est un peu plus de 8°/o. Trois d'entre eux ont guéri, les autres sont morts.

Les 20k ligatures de la fémorale ont donné 1k cas d'hémorrhagie, dont 12 morts et autant de guérisons; et les 187 anévrysmes n'ont donné que 19 cas d'hémorrhagie , dont 9 morts, 9 guérisons, et un dixième cas de guérison après une amputation rendue indispensable par la continuation de l'hémorrbagie. La proportion des hémorrhagies consécutives a donc été de 10°/o seulement, chiffre beaucoup moins élevé que celui de M. Porta, Ici nous ne pouvons étudier à part les cas où la ligature a été appliquée sur la fémorale commune, M. Noms n'ayant pas pris la précaution de dire sur quelle partie de la fémorale les ligatures ont été appliquées.

L'inflammation consécutive du sac joue un rôle important dans les tableaux de M. Norris. On sait que cet accident ne survient que dans les anévrysmes artériels. Je mettrai donc de côté les anévrysmes variqueux.

Sur les 97 cas d' anévrysmes artériels traités par la ligature de l'iliaque externe, l'inflammation et la suppuration consécutives du sac ont été notées 10 fois. M. Norris, qui n'entre pas dans les détails, se contente de dire que ces 10 malades ont guéri; mais en parcourant son tableau, j'ai trouvé trois autres observations que je connaissais déjà. Ce sont celles d'Abernethy, de Todd etde Monod (nos 2, et 88) ; or, les 3 malades dont il s'agit sont morts par suite de l'inflammation et de la rupture du sac. J'ai lieu de croire par conséquent que M. Norris n'a relevé que les cas heureux , et a négligé d'y joindre la liste des cas malheureux. Ces derniers sont au moins au nombre de 3. Cela porte au delà de 13%le chiffre des inflammations du sac consécutives à la ligature de »'iliaque externe.

L'inflammation consécutive du sac s'est présentée au moins 6 fois sur les 33 cas d'anévrysmes artériels de la carotide traités par la méthode d'Anel. Je dis au moins 6 fois, parce que M. Norris parle seulement des cas où la tumeur après avoir suppuré, s'est rompue ou a été incisée. Il ne tient pas compte des malades

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