APPRÉCIATION GÉNÉRALE
pas cm devoir le faire, parce que personne aujourd'hui n'applique la méthode d'Anel au traitement de cette dernière espèce d'ané vrysmes. J'ai donc mis les anévrysmes artériels en dehors du voisinage compromettant des anévrysmes variqueux ; malgré cette précaution, je n'ai eu à enregistrer que des résultats décourageants.
Si maintenant nous considérons la fréquence et la gravité des accidents provoqués directement par l'application de la ligature, — tels que la phlébite, l'hémorrhagie consécutive et le sphacèle du membre, — accidents qui en font une des opérations les plus meurtrières de la chirurgie ; si nous songeons que cette opération chanceuse n'a même pas l'avantage d'agir convenablement sur les anévrysmes, et que, inférieure sous ce rapport à plusieurs autres méthodes, elle fait très-fréquemment déposer dans le sac des caillots passifs, suivis d'inflammation, de suppuration, de rupture, d'bémorrhagies formidables; si nous nous souvenons qu'elle expose à l'atrophie, à la paralysie, à la rétraction du membre les opérés qu'elle ne tue pas ; si nous ajoutons enfin que , parmi les succès qu'on lui attribue , figurent beaucoup de malades mutilés par l'amputation consécutive, et beaucoup d'autres qui, après avoir traversé tant de chances périlleuses, ont eu la douleur de voir leur mal récidiver, — nous arrivons à cette conclusion que la méthode d'Anel est dangereuse, incertaine, défectueuse, et que, loin de constituer le beau idéal du traitement des anévrysmes, elle ne doit rester dans la chirurgie que comme une sorte de pis-aller.
Ce long plaidoyer pourrait faire croire que je cherche à proscrire la ligature : cela est pourtant bien loin de ma pensée. Je considère au contraire la méthode d'Anel comme une ressource précieuse, qui a l'avantage d'être applicable à tous les anévrysmes chirurgicaux, et qui est applicable encore lorsque les autres méthodes ont échoué. En d'autres termes, la ligature, qui, depuis la fin du dernier siècle, a occupé le premier rang dans la thérapeutique des anévrysmes, doit se contenter à l'avenir d'un rôle plus modeste. Je n'en pourrais dire ici plus long sans anticiper sur un parallèle qui trouvera mieux sa place à la fin de cet ouvrage.