INDIRECTE
On n'a pas oublié que la ligature, pratiquée suivant la méthode d'Anel, ne supprime pas, qu'elle diminue seulement, le cours du sang dans Fanévrysme. Or la compression indirecte, de quelque
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manière qu'on l'applique, et quelque extrême que soit le degré de pression auquel on ait recours, ne saurait avoir la prétention d'opposer au sang un obstacle plus efficace que la ligature. On peut donc dire d'une manière générale que la compression indirecte agit sur les tumeurs anévrysmales en y diminuant l'énergie de la circulation; mais, tandis que, dans la ligature, cette diminution, toujours très-considérable, est à peu près uniformément la rn^rne dans tous les cas , dans la compression , au contraire , elle varie , au gré du chirurgien , suivant le procédé qu'il emploie. Entre la compression la plus faible, qui n'oppose au passage du sang qu'un obstacle presque illusoire , et la compression la plus forte , qui ferme l'artère , au niveau du point où on l'applique , aussi hermétiquement que pourrait le faire une ligature, il y a un grand nombre de nuances intermédiaires.
En réalité, par conséquent, la compression indirecte peut être exécutée d'une foule de manières différentes. Mais ces innombrables variétés peuvent être ramenées à deux types principaux que j'étudierai d'abord. Ce sont, d'une part, la compression partielle , qui laisse passer dans l'artère assez de sang pour communiquer encore de légers battements à l'anévrysme, et, d'autre part, la compression totale, qui porte à la circulation du membre une atteinte suffisante pour arrêter entièrement les pulsations de la tumeur.
La compression totale, lorsqu'elle est sévèrement appliquée et lorsque les malades ont le courage de la supporter, place les tumeurs anévrysmales dans les mêmes conditions que la ligature. Elle est donc susceptible de fournir des résultats extrêmement prompts. La théorie permettait déjà de le pressentir ; l'expérience l'a prouvé. Plusieurs anévrysmes traités par la compression totale se sont solidifiés complètement en moins de vingt-quatre heures; c'est ce qui a eu lieu dans les cas suivants : n° 19, anévrysme poplité oblitéré en vingt-trois heures ; — n° 161 , en seize heures ; — n° 77, en quinze heures ; — n° 159, en onze heures. Ces cas sont exceptionnels; la plupart des malades ne peuvent pas tolérer, même pendant un temps aussi court , le supplice que leur inflige une compression portée du premier coup jusqu'au degré le plus extrême. En outre, il arrive souvent qu'il s'écoule plusieurs jours avant que l'anévrysme se solidifie entièrement , témoin les cas si