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ANÉVRYSMES DU MEMBRE INFÉRIEUR

Autant que possible, chaque pelote doit porter sur un point d'élection. Les anévrysmes du jarret, de la jambe ou du pied se trouvent, sous ce rapport, dans les conditions les plus favorables, si favorables même, qu'il viendra un temps où l'on citera comme des exceptions les insuccès de la compression bien faite dans le traitement de ces sortes d'anévrysmes. L'une des pelotes est appliquée sur le pli de l'aine; l'autre repose sur l'anneau du troisième adducteur. On les serre et on les relâche alternativement. La pelote inguinale est en général mieux supportée que l'autre, parce qu'elle produit le même effet avec une pression moins énergique. Cependant le contraire a lieu quelquefois.

Lorsque l'anévrysme occupe la moitié inférieure de la fémorale, il n'est plus possible de placer les deux pelotes sur les deux points d'élection. Faut-il alors renoncer au procédé de Belmas? Je ne le pense pas. On appliquera , comme toujours, un tourniquet sur le pli de l'aine ; le deuxième tourniquet sera placé au niveau du sommet du triangle inguinal. L'artère, en ce point, serait difficile à comprimer entièrement; mais on peut sans inconvénient la soumettre, au moins pendant quelques instants, à la compression partielle. La pelote inférieure ne joue alors qu'un rôle accessoire. On la tient presque toujours relâchée , et on ne la serre que pendant le temps strictement nécessaire pour laisser dissiper la douleur provoquée par la pelote inguinale.

On se conduit de la même manière lorsque l'anévrysme occupe le sommet du triangle de Scarpa : la seconde pelote est appliquée immédiatement au-dessus de l'embouchure de la saphène, à quelques centimètres seulement au-dessous de la première. Ce point, il est vrai, est celui où il est le plus difficile de comprimer la fémorale. Pour agir sur le vaisseau avec efficacité, on est obligé de se servir d'une pelote ovalaire dont le grand axe est placé perpendiculairement à la direction de l'artère, et d'exercer une pression assez considérable. Malgré ces conditions peu favorables, la seconde pelote rend encore des services, et s'il n'est pas toujours possible, en pareil cas, d'obtenir une compression continue, on arrive du moins, môme chez les sujets très-irritables, à entraver la circulation pendant la plus grande partie du temps.

Enfin, lorsque l'anévrysme est situé un peu plus haut, et qu'il ne reste, entre la tumeur et la racine du membre, qu'un inter-

valle de 8 à 10 centimètres, on doit renoncer aux avantages du procédé de Belmas. Une serait pas impossible encore d'appliquer deux pelotes immédiatement superposées; mais la pelote inférieure serait trop rapprochée du sac , et cette circonstance défavorable ferait plus que compenser le léger bénéfice obtenu par la compression double et alternative.

Les anévrysmes de la moitié inférieure de l'humérale et des deux tiers supérieurs de F avant-bras peuvent aussi être traités par le procédé de Belmas. Je ne connais toutefois qu'un seul cas (n° 53) où on ait eu recours à l'emploi de deux pelotes compressées. Quinze autres malades ont été traités par la compression simple, continue ou. intermittente de l'artère humérale, et sur ce nombre, 12 ont guéri (1); un treizième (n°72) n'a pu supporter la compression plus de Zi8 heures; la ligature a été pratiquée et a été suivie de mort. Les deux derniers malades ont été moins malheureux, puisque, après une compression inefficace, ils ont été guéris par la ligature (nos 75 et 117). Le n° 117 se trouvait même dans une condition toute particulière, qui explique l'insuccès de la compression ; l'opération montra qu'il y avait deux troncs artériels le long du bras. On lia d'abord l'humérale proprement dite, qui était située, comme de coutume, dans la gaine du nerf médian. Malgré cela, l'anévrysme continua à battre comme auparavant. On reconnut ainsi qu'il y avait une anomalie, et, en cherchant bien tout autour de la plaie , on finit par atteindre la deuxième artère , dont la ligature éteignit aussitôt les battements. En laissant de côté ce cas tout exceptionnel, on voit que la compression simple de l'humérale a guéri douze anévrysmes sur quatorze , résultat vraiment très-beau. Je pense, néanmoins, qu'il est bon de donner encore ici la préférence à la compression double. Un premier tourniquet sera donc appliqué sur l'humérale au milieu du bras. Ce sera lui qui jouera le principal rôle; mais on pourra de temps en temps soulager le malade à l'aide d'une deuxième pelote placée au-dessous du tendon du grand pectoral.

Le procédé de Belmas peut encore être appliqué de la même manière au traitement des anévrysmes de la partie inférieure de l'avant-bras ; mais il est quelquefois possible de l'appliquer autre-

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