ARMATURES A ARC
enfin le célèbre clamp du charpentier Robert Hoey (t) , sont déjà connus du lecteur. La selle pelvienne de Read (fig. 30) est encore
Fig. 50.
la selle pelvienne de Read.
un appareil à arc. Tous ces instruments se composent d'un arc métallique dont une extrémité s'insère sur la contre-pelote , et dont l'autre extrémité supporte la pelote. Celle-ci est le plus
souvent mise en mouvement par une vis ; toutefois , il existe un compresseur à arc dont la pelote est soudée au corps de l'appareil : c'est le tourniquet de Signoroni (fig. 31). L'arc est brisé à sa partie moyenne, et ses deux branches, susceptibles de s'ou- Fis- 31- vrir et de se fermer comme un com-
Tourniquet de Signoroni. paSj sont artiCuléeS Suivant Un Hléca-
nisme d'une simplicité , d'une solidité et d'une précision admirables. Une vis sans fin , adaptée à la branche fixe , fait mouvoir l'autre au moyen d'une demi-roue dentée.
Les appareils à arc sont défectueux sous plus d'un rapport. Leur principal inconvénient vient de ce que leur pelote n'exécute qu'un seul ordre de mouvements. La vis ordinaire du clamp , la vis sans fin de Signoroni, permettent de graduer la pression à volonté, mais ne permettent pas de la déplacer; de telle sorte que, pour faire subir à la pelote le moindre changement de position, il devient; nécessaire de mouvoir l'appareil tout entier. Si le point fixe est fourni par une contre-pelote exiguë, comme cela a lieu le plus souvent, l'instrument se dérange au moindre mouvement du
(1) Voy. plus haut , p. 732 , fig. 25.
malade; si, au contraire, Tare repose sur une gouttière fixe, la pelote tombe toujours invariablement sur le même point de la peau; on ne peut ni l'élever, ni l'abaisser, ni la rendre oblique; tout au plus peut-on, à l'aide d'une coulisse, la porter en dedans ou en dehors. Mais cette mobilité est insuffisante. Pour qu'un appareiltsoit à l'abri de tout reproche et remplisse toutes les indications, il faut que, d'une part, il prenne un point fixe sur une gouttière qu'on applique une fois pour toutes , et que , d'autre part , il permette de faire varier à volonté la direction et la position de la pelote , de la placer sur le vaisseau comme si on la dirigeait avec la main , et de l'immobiliser ensuite en ce point; en d'autres termes, il faut que la contre-pression soit complètement fixe , et que la pelote soit mobile dans tous les sens.
Or, chaque mouvement particulier exige une articulation propre. Il faut donc que l'armature se compose de plusieurs tiges diversement articulées. Gela donne lieu à des appareils assez compliqués; mais ce qu'on doit rechercher avant tout, ce n'est pas la simplicité, c'est la précision. Les appareils à tiges articulées ont d'ailleurs un avantage qui compense leur défaut de simplicité : c'est que la même armature peut servir indistinctement pour tous les malades , pour le membre droit comme pour le membre gauche, pour le pli de l'aine comme pour le milieu de la cuisse.
Les armatures à tiges articulées doivent donc recevoir la préférence. Le plus ancien appareil de ce genre est le tourniquet de i'Estrange (1) ; mais c'est aussi le plus imparfait de tous. Il pèche surtout par l'exiguïté de la contre-pelote. Il permet de porter la pelote en dedans ou en dehors, mais il ne se prête pas aux autres mouvements. L'armature de l'appareil inguinal de Carte (fig. 32) vaut déjà mieux : elle se compose de deux branches, l'une verticale aboutissant à la gouttière, l'autre horizontale et supportant la pelote. La branche verticale est formée d'une gaîne cylindrique dans laquelle se meut une tige également cylindrique. Cette tige peut monter ou descendre, et tourner sur son axe comme la fiche d'un gond. Une vis de pression permet de la fixer très-solidement dans toutes les positions, La seconde branche est prismatique et
U) Voy, plus liaut, p. 732, fig. 2U.
Fig. 32.
Appareil inguinal de Carte.