ARMATURES A TIGES ARTICULÉES
quadrangulaire; elle glisse horizontalement , comme un tiroir, dans une coulisse qui appartient à la tige verticale, et une seconde vis de pression la fixe encore à volonté dans tous les points de son
trajet horizontal. On peut donc, jusqu'ici, porter la pelote en haut, en bas, en dedans, en dehors, et lui faire décrire, d'avant en arrière, un arc de cercle horizontal autour de l'axe de la branche verticale. Les autres mouvements sont fournis par une articulation placée à l'extrémité libre de la branche horizontale. Cette articulation, connue sous le nom de balland-ring , d'articulation universelle ou de jointure folle, permet d'incliner en tous sens la vis qui supporte la pelote; mais elle est
fort compliquée , très-sujette à se déranger, et surtout très-difficile à tenir fixée dans les différentes directions qu'on lui donne.
Il m'a paru plus simple de remplacer le ball-and-ring par un écrou ordinaire, ou plutôt par l'écrou à pression élastique dont je parlerai tout à l'heure, et de compléter les mouvements de la pelote par deux mécanismes bien simples que le lecteur connaît déjà. J'ai exactement reproduit, sur la branche horizontale, la disposition adoptée par M. Carte pour la branche verticale, et j'ai fait articuler les deux branches l'une avec l'autre , au moyen de la vis de Signoroni (fig. 33). J'ai ainsi, je le crois, rempli les deux indications :
mobilité dans tous les sens , fixité absolue dans toutes les situations. Cette armature a en outre Tavan-
Fig. 33.
Nouvelle armature articulée.
tage d'être très-facile à construire et de n'être pas exposée à se déranger.
En voilà bien assez sur les armatures ; étudions maintenant leur mode d'union avec les pelotes.
A l'exception du compresseur de Signoroni , dont la pelote est fixée sur l'armature , tous les compresseurs ont des pelotes à tourniquet. L'armature supporte un écrou dans lequel chemine une longue vis. C'est sur cette vis qu'est fixée la pelote.
Il importe d'abord que les pas de la vis soient très-courts , et que chaque tour, par exemple , ne fasse pas descendre la pelote de plus d'un millimètre. M. Giraldès, qui, le premier en France, a salué la renaissance de la méthode compressive , a justement insisté sur la nécessité de substituer aux grossières vis des tourniquets ordinaires des vis beaucoup plus parfaites , semblables à celles dont on se sert dans la construction des instruments de physique (1). On peut ainsi graduer la compression d'une manière rigoureuse, ce qui est tout à fait indispensable. Gela posé, nous avons à nous occuper de l'extrémité libre de la vis , de l'insertion de la pelote et enfin de l'écrou.
La vis doit se terminer par une petite plaque ou poignée destinée à donner prise pour exécuter le mouvement par la seule action des doigts. Quelques chirurgiens ont voulu remplacer cette plaque par une clef susceptible d'être enlevée ; cela avait pour but de soustraire l'appareil aux caprices des malades indociles. Mais c'est là un vice radical : il faut, au contraire, que le malade puisse resserrer ou relâcher les pelotes à volonté. Lui seul est juge de l'opportunité des manœuvres alternatives qui sont si utiles pour assurer l'innocuité de la compression. Nous savons , d'ailleurs , qu'il n'est pas nécessaire que la compression soit absolument continue et que des interruptions , même fréquentes , n'en compromettent pas l'efficacité. Ainsi , la vis doit être mise en mouvement par la seule action des doigts , et le maniement doit en être confié au malade lui-même, bien entendu, sous la surveillance très-fréquente du chirurgien. Dans le cas tout exceptionnel où le malade serait entièrement dénué de raison , le mécanisme de la clef pourrait devenir nécessaire ; mais alors il
(1) Giraldès. De la compression dans le traitement des anévrysmcs poplitcs , dans Journal de Malgaigne, i8Ub, T. Ùi, p. 69.