‹ Des aneurysmes et de leur traitement [electronic resource]Chapitre 215 sur 243 · STATISTIQUE. — MORTALITÉ · texte numérisé non relu

STATISTIQUE. — MORTALITÉ

malade. Un anévrysme de la crosse de l'aorte s'était ouvert dans la trachée ; deux autres anévrysmes existaient sur ce tronc artériel, et il y en avait quatre autres sur les artères du membre, indépendamment des deux qui avaient été traités par la compression. Quand on pense que malgré ces conditions si fâcheuses la compression avait guéri le premier anévrysme, et presque guéri le second, on est porté à considérer ce fait comme un des plus propres à démontrer l'efficacité et l'innocuité de cette méthode. Voilà pourquoi je ne crois pas devoir le faire figurer au nombre des revers.

Ces éliminations une fois faites, il reste treize cas de mort qui se répartissent ainsi qu'il suit :

Quatre fois la mort a été la conséquence plus ou moins directe de la compression (nos10, 18, 26 et 80) ; huit fois elle es! survenue à la suite des opérations qu'on avait pratiquées parce que la compression avait été intolérable ou inefficace (nos8, 12, 31, 72, 73, 101, 107, 122). Une fois enfin, la compression qu'on avait tentée en désespoir de cause dans un cas considéré comme inopérable, fat abandonnée comme inefficace au bout de quelques jours, et le malade retourna chez lui où il succomba plusieurs mois après aux progrès de son double anévrysme (n° 69).

Cela posé, je prétends que sur ces 13 cas de mort il n'y en a qu'un seul dont la compression puisse être considérée comme responsable, c'est le n° 18. Au moment où l'anévrysme était sur le point de guérir, la pelote, trop serrée à l'insu du chirurgien par un malade inintelligent, irrita la peau et fut le point de départ d'un érysipèle mortel. La compression bien faite n'a jusqu'ici rien produit de semblable; néanmoins, j'accepte ce fait comme un revers de la compression.

Les nos 10 et 26 furent d'abord guéris de leur anévrysme; la tumeur s'oblitéra , l'artère devint imperméable à ce niveau ; puis , contrairement à ce qui a eu lieu dans tous les autres cas, la gangrène s'empara du membre. Cela semble indiquer que l'oblitération de l'anévrysme aurait été très-promptement obtenue; peut-être s'était-on servi de la compression totale; peut-être avait-on eu le tort d'exercer en même temps une compression directe. Il est bien permis de faire des suppositions à cet égard , puisque nous ne savons rien ni sur le mode de compression em-

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ployé , ni sur la durée du traitement. On ignore donc si la compression fut convenablement appliquée. Les deux malades, on ne sait pourquoi , ne furent pas amputés, et succombèrent l'un et l'autre à la suite de cet accident. La ligature eût-elle fait mieux? En supprimant tout à coup le cours du sang au lieu de l'arrêter graduellement, eût-elle mieux respecté la circulation de la jambe et du pfed ? Évidemment non.

De même , le n° 80 parut guéri pendant quelque temps ; mais son anévrysme était diffus, et l'oblitération avait été produite par des caillots passifs. Ceux-ci se ramollirent, se décomposèrent, la tumeur s'ouvrit, suppura abondamment; le malade, néanmoins, était sur le point de guérir, lorsqu'un érysipèle s'empara de son membre, et se termina par la mort, 70 jours après l'ablation des pelotes. Cet homme, comme les deux précédents, a succombé à la suite de la compression. La ligature l'eût-elle sauvé? Je ne puis le croire. Celte méthode , comme la compression , n'aurait produit qu'une oblitération passive, et elle aurait exposé le malade aux mêmes éventualités, en admettant qu'elle l'eût laissé vivre jusqu'au jour où l'inflammation anévrysmale se développa.

Les quatre cas précédents sont les seuls où la compression, par elle-même, ait été suivie d'accidents mortels (1). Une fois (n°107), le malade a succombé à l'amputation. Avant d'entreprendre la compression , le chirurgien , M. Miller, avait reconnu que le sujet était atteint de diathèse anévrysmale , et que la ligature n'était pas applicable. L'anévrysme occupait l'extrémité supérieure de la fémorale. On établit la compression au-dessus; au bout de peu de jours la peau s'excoria ; on enleva la pelote pendant quelques jours, pour laisser à la peau le temps de se cicatriser. Mais, avant qu'on eût pu reprendre la compression, la tumeur se rompit sous la peau, devint diffuse, et fut suivie de gangrène. Ce fut alors que M. Miller se décida à couper la cuisse. Le malade mourut au bout de trois semaines.

Sept fois, enfin, la mort a été la conséquence de la ligature, qui a été pratiquée parce que la compression a été considérée,

(1) Il est bie:i entendu que, dons tous ces relevés, il n'est question que des anévrysmes traités par la compression , de 18^2 à 185ft.

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