STATISTIQUE. — GUÉRISONS
à tort ou à raison, comme intolérable, ou inefficace (nos 8, 12, 31, 72, 73 , 101, 122). L'un de ces sept malades était, d'ailleurs, atteint de diathèse anévrysmale (n° 122). En outre, on n'a pas oublié que l'anévrysme du n° 101 communiquait avec l'articulation du genou, que la compression n'aurait pas dû même être tentée , que la ligature n'y pouvait rien , et que la vie du malade n'aurait pu être sauvée que par l'amputation. , Quoi qu'il en soit , huit malades ont succombé à la ligature ou à l'amputation consécutives. On peut accuser la compression de ne pas les avoir guéris, mais on ne peut l'accuser de les avoir tués. Loin d'être nuisible aux malades qu'elle ne guérit pas , la compression leur est au contraire favorable , puisque la mortalité de ces opérations est moindre alors qu'elle ne l'est dans les conditions ordinaires. En effet, /i6 malades ont ainsi été opérés après une compression préalable. Cinq d'entre eux ont été amputés. On ne sait ce que sont devenus les nos 1 et 9; les n08 57 et 127 ont guéri; le n° 107 est mort. Ces chiffres sont insuffisants pour permettre d'apprécier la gravité de l'amputation consécutive. Les Ul autres malades ont subi la ligature; le sort des n08 25 , 37 et 105 nous est inconnu. Il en reste donc 38, sur lesquels 7 seulement ont succombé; soit 18 °/Q au lieu de 30 °/0, qui est la moyenne habituelle. Ce bénéfice est déjà grand, mais il eût été plus grand encore si dans tous les cas on eût appliqué la compression avec quelque persévérance, au lieu d'y renoncer presque tout de suite, comme on l'a fait douze fois. En effet, les 12 cas de compression soi-disant intolérable ont tous été traités par la ligature, et ont donné U morts , tandis que les 26 ligatures pratiquées à la suite d'une compression prolongée et réputée inefficace ont fourni 23 guérisons (1).
Mais terminons ce nécrologe, et faisons maintenant la statistique générale de nos 163 cas d'anévrysmes.
1° La compression a été appliquée avec efficacité sur 116 malades, ou plutôt 116 fois, car plusieurs malades ont eu successivement deux anévrysmes traités par cette méthode (comparer les nos 13 et 49; 16 et 17 ; 21 et HZi; 136 et 137); il y a même eu un malade de M. Tufnell qui , en moins de trois années, a été guéri
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de trois anévrysmes fort graves par la compression indirecte (nos 146, 147 et 148).
Sur ces 116 cas, l'oblitération de l'ane'vrysme a été 8 fois incomplète ou passagère, et 108 fois complète et définitive.
Quatre fois la guérison n'a été que temporaire; la récidive est survenue entre le troisième et le quatorzième mois. Ces quatre malades ont fini par guérir tout à fait, soit à l'aide d'une nouvelle compression (n° 74) , soit à l'aide de la ligature (nos 7, 35 et 36). J'ai déjà dit ce qu'il faut penser de ces récidives (1).
Deux fois la guérison n'a été que palliative ; les anévrysmes, réduits à un très-petit volume et presque entièrement solidifiés, sont restés ensuite définitivement stationnaires , et ont pour toujours cessé d'inquiéter les malades, qui ont repris l'exercice de leur profession (nos 13 et 21). Cela équivaut à une guérison.
Deux fois enfin la mort est survenue avant la fin du traitement, mais l'autopsie a démontré que la compression avait déjà fait déposer dans le sac des couches fibrineuses épaisses qui l'oblitéraient presque entièrement (nos 18 et 49).
Sur les 108 cas d'oblitération complète et définitive, il y a eu 104 succès irréprochables et 4 revers. Deux malades, en effet, sont morts de gangrène (nos10 et 26), un troisième a succombé 70 jours après l'ablation des pelotes, par suite de la suppuration d'un énorme anévrysme diffus rempli de caillots passifs (n° 80). J'ai déjà parlé du quatrième (n° 28) chez lequel l'artère ;poplitée se rompit au-dessus de l' anévrysme oblitéré , 21 jours après la cessation des battements, et qui fut guéri du moins par l'amputation (2).
Tel est le relevé des 116 cas où la compression a agi avec efficacité sur les tumeurs anévrysmales.
2° Dans les 47 autres cas la compression a été abandonnée comme étant intolérable ou comme étant inefficace. Il suffira d'analyser les faits de ces deux catégories , pour démontrer qu'ils auraient dû être beaucoup moins nombreux , et qu'à l'avenir ils deviendront de plus en plus rares.
a. Les exemples de compression considérée comme intolérable sont au nombre de 12. J'y ai fait rentrer le n° 61 , quoique la compression, tolérée pendant 15 jours, eût presque guéri l'ané-
(1) Voy. plus haut , p. 852-856. — (2) Voy. plus haut , 751.