‹ Des aneurysmes et de leur traitement [electronic resource]Chapitre 217 sur 243 · COMPRESSION RÉPUTÉE INTOLÉRABLE · texte numérisé non relu

COMPRESSION RÉPUTÉE INTOLÉRABLE

vrysme. Déjà la tumeur était améliorée, déjà les collatérales battaient autour du genou; la guérison était imminente, mais le malade réclama avec instance la ligature, que le chirurgien eut la faiblesse d'exécuter. Lorsque la douleur est vraiment intolérable, on s'en aperçoit avant le quinzième jour. Il est plus probable que le malade s'est impatienté de la longueur d'un traitement qui lui portait ombrage : la chose se passait en 18^3, à l'infirmerie de Bristol ; c'était la première fois qu'on employait la compression dans cette ville; le malade, qui ne l'ignorait pas, a pu croire qu'on faisait sur lui une expérience. D'ailleurs , il n'est dit nulle part dans l'observation que la compression ait été abandonnée à cause de la douleur.

Ce fut bien la douleur qui découragea au bout de 5 minutes le malade de M. Mackenzie (n° 103), et au bout de 2 heures celui de M. Lawrence (n° Le respect que j'ai pour d'aussi illustres chirurgiens ne me permet pas de commenter ces deux observations , mais je ne puis prendre sur moi de les faire entrer en ligne de compte, bien que M. Mackenzie ait cru pouvoir se servir de son prétendu insuccès pour lancer des foudres contre la méthode compressive tout entière (1).

Viennent trois observations anonymes et très-écourtées (nos 8, 11, et 12), où nous ne trouvons aucun renseignement sur la durée de la compression, ni sur le mode de compression employé. D'une manière générale, les faits anonymes m'inspirent peu de confiance, surtout lorsqu'ils manquent absolument de détails. Entre autres choses, je suis porté à me demander si la compression a été appliquée avec des lumières suffisantes ; le chirurgien du n° 12, qui ouvrit la veine fémorale sour prétexte de lier l'artère , celui du n° 11 qui accusa la compression de nuire au développement des collatérales, me semblent des autorités douteuses en fait de pathologie et de médecine opératoire. La compression dans ces trois cas a pu être intolérable, mais les observations sont peutêtre plus intolérables encore.

Le Monthly Journal , feuille dévouée à M. Syme, et par conséquent très-ennemie de la compression, a fait grand bruit d'une lettre qui lui a été adressée par M. Bergîn, de Gornouaille, auteur

(l) Edinburgli Med. Cliir. Society , dans Dublin Médical Press, 1853, vol. XXIX, p. 374.

de l'observa lion n° 22. M. Bergin, c'est lui qui l'avoue, ne connaissait la compression que par les articles du susdit Monthly Journal. Il commença par appliquer un bandage roulé depuis les orteils jusqu'à l'aine, procédé défectueux comme on l'a vu plus haut , puis il se mit à comprimer la fémorale avec une implacable véhémence. Je ne sais pourquoi, il appliqua ses deux tourniquets, au-dessous de Faine. L'artère était profonde, le sujet fortement musclé, et on n'avait pu parvenir par la seule action des doigts à exercer une compression suffisante pour arrêter les battements. C'était le cas ou jamais d'employer la compression partielle ; mais M. Bergin serra si bien les vis qu'il réussit à in1 tercepter complètement la circulation. Pendant trois jours, dit-il, on ne laissa pas passer le moindre filet de sang. Le membre était froid ; on juge de ce qu'éprouvait le malade : le malheureux , cruellement désenchanté , demanda Y opération ou la mort. Il faillit avoir l'une et l'autre, car son chirurgien, aussi éclairé sur la ligature que sur la compression , appliqua d'abord sur l'artère une ligature double tellement grosse qu'elle ne put intercepter le passage du sang; alors sans enlever la première, il mit en place une seconde ligature plus fine. Dans de pareilles conditions, une hémorrhagie secondaire était presque inévitable; elle eut lieu en effet, et le malade eut du moins le bonheur de n'en pas mourir.

Ce fait que les ennemis de la compression ont souvent invoqué méritait d'être réduit à sa juste valeur, et j'ai à peine besoin de dire que si les douleurs ont été intolérables, ce n'est pas la méthode compressive qu'il faut en accuser.

La compression fut intolérable encore dans les cas n° 29 et n° 30 ; au bout de k jours et de 6 jours les deux malades refusèrent de s'y soumettre plus longtemps. Ces deux faits ne sont accompagnés d'aucun détail ; on y lit cependant que le chirurgien n'avait à sa disposition que des instruments imparfaits (sic).

En réalité, il n'est arrivé que trois Ibis depuis 18/i2 que la compression, sérieusement appliquée, ait été intolérable pour les malades (nos31, 72 et 106); à bien prendre , les 9 autres observations dont je viens de parler doivent être considérées comme non avenues. Il est du reste bien digne de remarque que, dans aucun de ces cas, pas plus dans les neuf premiers que dans les trois autres, on n'a eu recours à la compression intermittente,

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