CHAPITRE IV
Diagnostic des anévpysiiies.
Je ne m'occuperai ici que du diagnostic des anévrysmes externes, ou plutôt de ceux qui forment une tumeur appréciable au toucher ou à la vue. Les anévrysmes encore contenus dans la poitrine, ceux qui se développent dans la cavité crânienne, rentrent dans le domaine de la pathologie interne et ne se prêtent d'ailleurs à aucune considération générale.
Cela posé, le diagnostic des anévrysmes se compose de deux éléments : 1° distinguer les anévrysmes des autres tumeurs ; 2° distinguer les unes des autres les diverses espèces d'anévrysmes.
Il semble très-facile , au premier abord, de distinguer les anévrysmes des autres tumeurs, et il en est ainsi en effet dans beaucoup de cas. Mais le diagnostic est quelquefois entouré d'une grande obscurité pour deux raisons : 1° parce que certaines tumeurs peuvent offrir des caractères semblables à ceux des anévrysmes ; 2° parce que certains anévrysmes peuvent être privés de quelques-uns des caractères qui servent ordinairement à les distinguer. 11 en résulte d'une part qu'on peut croire à la présence d'un anévrysme qui n'existe pas, et d'autre part, qu'on peut méconnaître la présence d'un anévrysme qui existe réellement ; ces deux erreurs seraient aussi graves l'une que l'autre.
Pour qu'une tumeur puisse simuler un anévrysme, il faut qu'elle soit animée de battements plus ou moins prononcés. Or, les tumeurs pulsatiles non anévrysmales sont assez nombreuses et se divisent en deux catégories : celles qui possèdent des battements propres, et celles qui offrent des battements communiqués par les pulsations d'une artère voisine.
Les tumeurs qui possèdent des battements propres sont : 1° certaines tumeurs érectiles artérielles ; 2° certaines tumeurs cancéreuses hématodes ; 3° les tumeurs variqueuses artérielles.
Les tumeurs érectiles artérielles ne sont pas seulement pulsatiles ; elles possèdent encore le caractère de la mollesse, celui de