CHOTX DE LA. PILE
M. Pétrequin a fait prévaloir les piles à petits éléments sur les piles à grands éléments. Il se sert le plus habituellement d'une pile à colonnes , dont les couples ont de 4 à 6 centimètres de diamètre. Il cherche par ce moyen à réduire autant que possible Yintensité de la pile pour éviter les effets calorifiques de l'électricité, et, afin d'obtenir les effets chimiques qui sont, comme on le sait , proportionnels à la tension , il augmente le nombre des couples, qu'il porte à 40, 50 et même au delà.
Il est possible que M. Pétrequin ait raison de donner la préférence aux piles à petits éléments. J'ajouterai , si on veut , que cela est probable ; mais je ne puis me dispenser de faire remarquer que les motifs de cette préférence sont loin d'être péremptoires. M. Pétrequin, en rejetant les piles à grands éléments , veut surtout éviter la combustion des tissus (1) ; or, je crois avoir démontré plus haut que les eschares ne sont pas le résultat d'une brûlure, mais bien d'une action chimique. Rappellerai-je que j'ai produit des eschares sur les animaux et sur l'homme, avec une pile à colonnes, dont les disques n'avaient que 43 millimètres de diamètre? D'un autre côté, je n'ai pu obtenir aucune eschare sur un lapin avec une pile de Bunsen à un seul élément dont le zinc avait 15 centimètres de hauteur, tandis que les eschares se sont montrées au bout de huit minutes sur l'oreille du même animal, lorsque je me suis servi de six éléments de même format. Ainsi, pour produire les eschares, il m'a suffi d'augmenter la tension de la pile par la multiplication du nombre des éléments. D'ailleurs , M. Pétrequin lui-même a implicitement reconnu que les eschares sont le résultat d'une action chimique et non d'une action calorifique, puisqu'il a recommandé avec raison d'employer des aiguilles enduites d'un vernis isolant.
Les piles à grands éléments n'ont pas été employées jusqu'ici un assez grand nombre de fois pour qu'il soit possible d'en apprécier la valeur. J'avoue que moi-même je n'ai pas osé m'en servir encore. Nous avons, M. Regnauld et moi, porté notre attention sur ce point; nos recherches ne sont pas terminées, mais jusqu'ici elles ne sont nullement défavorables à l'emploi des
[%) Gaz. médicale de Paris, 18W>, p, 730.
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grandes piles. L'intensité, proportionnelle, comme on sait , à l'étendue des surfaces, ne joue sans doute pas le principal rôle dans la coagulation de l'albumine, qui dépend surtout de la tension. Mais la solidification de l'albumine n'est pas le seul phénomène de la coagulation galvanique; la fibrine aussi se solidifie par l'action des courants, et il serait possible que les dimensions des éléments eussent quelque influence sur ce phénomène important.
Je regrette de substituer le doute à la certitude, et de demander de nouvelles recherches là où on croyait avoir trouvé une solution définitive ; mais c'est ainsi seulement que la galvano-puncture pourra se perfectionner et acquérir tous ses avantages. Les procédés suivis jusqu'ici ne sont pas sans efficacité; mais ils sont incertains, ils offrent quelquefois des dangers, et si cette méthode devait rester ce qu'elle est aujourd'hui, elle ne mériterait pas de nous arrêter bien longtemps. C'est parce que je crois qu'elle a de l'avenir que j'insiste tant sur tous ces détails et que j'appelle l'attention des expérimentateurs sur des questions qu'on a résolues peut-être avec trop de précipitation.
En attendant que l'expérimentation ait prononcé , il sera prudent de se servir chez l'homme de piles à petits éléments. La pile à colonne des cabinets de physique est celle qui a été le plus souvent employée ; mais elle est d'un maniement très-difficile ; il faut un temps considérable pour la monter et la démonter, et lorsqu'on veut en accroître ou en diminuer la tension, on est obligé d'interrompre pendant quelques instants la galvanisation. En outre , le poids des disques étreint promptement les rondelles de drap, qui perdent ainsi une partie de leur conductibilité , de sorte que la force des courants diminue très-vite. On évite une partie de ces inconvénients en adaptant à l'extrémité supérieure des colonnes de verre un compresseur mobile qui permet de placer la pile dans une situation horizontale; mais, malgré cette petite modification, la pile de Volta reste toujours fort incommode. Il serait préférable de se servir d'une petite pile à auges, quoique le courant, dans ces sortes de piles, soit loin d'avoir toute la constance désirable,
M. Burci conseille d'employer des piles de moyenne énergie et à courant constant; telles que les piles de Bunsen , de Daniell et