‹ Des anéurysmes et de leur traitementChapitre 141 sur 220 · STATISTIQUES. — INFLAMMATION CONSÉCUTIVE DU SAC · texte numérisé non relu

STATISTIQUES. — INFLAMMATION CONSÉCUTIVE DU SAC

qui, comme le ïf 1 (A. Cooper), sont morts d'inflammation du sac avant l'ouverture de la tumeur. Ses chiffres restent donc audessous de la vérité.

Quoi qu'il en soit, 6 cas sur 33, cela ferait déjà une proportion del8°/0, chiffre vraiment effrayant, si on songe surtout que U de ces malades ont succomhé.

Les anévrysmes artériels traités par la ligature de la fémorale ont fourni une moindre proportion d'inflammations consécutives. Sur 183 cas, cet accident est noté seulement 16 fois, c'est-à-dire environ 8 \ °/0. Je crois môme devoir retrancher de ce relevé le n° 81 et le n° 155; dans le premier cas, l'anévrysme était déjà menacé de gangrène, quand Travers lia la fémorale. Dans le deuxième cas , l'inflammation ne fut pas consécutive à la ligature. M. Lenoir avait lié la fémorale; l'anévrysme poplité récidiva au bout de 9 mois; le malade fut alors soumis à la compression générale du membre, mais il se lassa bientôt de ce traitement, reprit sa profession de palefrenier, et fit de telles imprudences que sa tumeur s'enflamma, suppura et s'ouvrit plus de 8 mois après la récidive, et près de 18 mois après la ligature. Il est clair que celte inflammation ne doit pas être mise sur le compte do la ligature. En réalité , par conséquent , nous ne devons compter que l^i cas d'inflammation consécutive, c'est-à-dire 8%. Sur ces ik cas , il y a eu 6 morts et 8 guérisons , ce qui suffit amplement pour démontrer la gravité de cet accident.

Ainsi l'inflammation du sac, consécutive à la méthode d'Anel, est plus commune après la ligature de la carotide qu'après celle de l'iliaque externe, et surtout qu'après celle de la fémorale. La cause de cette particularité dépend principalement de la nature du procédé qu'on emploie, ou si l'on veut delà distance qu'on laisse entre le sac et la ligature. Les anévrysmes carotidiens sont traités suivant le procédé d'Anel, et subissent l'inflammation consécutive environ 18 fois sur cent. La ligature de l'iliaque externe, pratiquée le plus souvent pour des anévrysmes du pli de l'aine, laisse persister deux collatérales au-dessus du sac. Cela suffit pour réduire à 10% les chances de l'inflammation consécutive; les chances descendent à 8 °/o à la suite de la ligature de la fémorale, ligature qui est presque toujours placée aune grande distance du sac anévrysmal. Ces chiffres confirment, comme on le voit, ce qui a été dit plus

haut sur le mode d'action du procédé d'Anel, et du procédé de Hunter.

Les tableaux de M. Norris nous permettent de nous faire une idée de la fréquence de la gangrène. Je laisserai de côté les effets de la ligature de la carotide sur la nutrition du cerveau. On a rapporté à la gangrène certaines lésions de cet organe. Je me sens peu disposé à accepter cette interprétation; mais c'est là une question spéciale qu'il serait trop long de discuter. J'arrive donc tout de suite à la gangrène consécutive à la ligature de l'iliaque externe et de la fémorale, et tout d'abord je mets de côté les cas où la méthode d'Anel a été exécutée pour des anévrysmes variqueux. Il ne faut pas apprécier la gravité d'une méthode d'après les cas où elle est appliquée d'une manière intempestive.

Quatre-vingt-dix-sept malades ont subi la ligature de l'iliaque externe pour des anévrysmes artériels. Onze d'entre eux ont été consécutivement atteints de gangrène; c'est une proportion de plus de 11 °/0. Dix malades ont succombé, le onzième a été guéri par l'amputation de la cuisse. Pratiquée presque toujours pour des anévrysmes inguinaux , la ligature de l'iliaque externe est en général appliquée à peu de distance du sac ; son action sur la circulation est donc comparable à celle du procédé d'Anel. Malgré cette circonstance favorable, nous trouvons que la gangrène est encore assez commune; mais il faut tenir compte aussi du volume et de l'importance de l'artère liée.

Les effets de la ligature de la fémorale sont beaucoup plus instructifs. J'ai déjà eu l'occasion de dire que, en dehors des cas d'anévrysmes, cette opération ne produit presque jamais la gangrène, et que, dans les cas d'anévrysmes artériels, elle donne des résultats bien différents suivant qu'on se rapproche du procédé d'Anel, ou qu'on applique rigoureusement le procédé de John Hunter. On va voir que cette opinion , déjà établie par la physiologie pathologique, est pleinement confirmée par les faits de M. Norris.

Sur 204 cas de ligature de la fémorale, la gangrène du membre est survenue trente-une fois, ce qui fait 15 %. Tel est le résultat énoncé par M. Norris ; mais l'analyse des observations nous permet de spécifier davantage.

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