‹ Des anéurysmes et de leur traitementChapitre 160 sur 220 · COMPRESSION EÏ\T DEUX TEMPS · texte numérisé non relu

COMPRESSION EÏ\T DEUX TEMPS

sortie, et était presque aussitôt rentré à Westminster Hospital. M. Benj. Phillips appliqua alors la compression totale; en trois jours la guérison fut complète. Le n° 133 était un nègre indocile qui relâchait son appareil quand on le laissait seul , de sorte que la compression était fort irrégulière. Au bout d'un mois environ on s'aperçut de la fraude. On le fit garder à vue pendant soixantedouze heures, en ayant soin de tenir l'artère exactement comprimée; cela suffit pour oblitérer entièrement l'anévrysme. Len°155 subissait depuis vingt-sept jours la compression à l'aide d'un appareil défectueux et insuffisant; deux jours d'une compression double et non interrompue amenèrent la guérison. Les cas suivants sont plus remarquables encore. N° 66 : compression partielle et irrégulière pendant cinq mois, amélioration; compression totale pendant quarante-huit heures , guérison. — N° 99 : compression partielle pendant sept jours, amélioration légère; compression totale pendant douze heures, guérison. — N° 78 : compression faite pendant un mois environ à Regimental Hospital; la tumeur ne diminue pas, mais elle cesse d'être complètement réductible; le malade est transporté à Royal Military Infirmary; compression totale pendant dix heures, guérison. — N° 17 : quarante-deux jours de compression partielle et irrégulière, amélioration légère pendant les premiers jours, puis la tumeur reste stationnaire; au bout de quarante-deux jours, compression totale suivie de guérison en neuf heures. — N° 83 : compression intermittente pendant douze jours, puis compression totale amenant la guérison en six heures.

Dans tous les cas que je viens d'énumérer, et dans plusieurs autres que j'ai passés sous silence , la direction particulière du traitement fut le résultat de circonstances fortuites bien plus que de la volonté des chirurgiens. L'étude comparée de ces observations m'a conduit à penser que le meilleur mode de compression serait celui qui imiterait autant que possible les conditions précédentes. L'analyse des phénomènes qui se succèdent dans les anévrysmes pendant l'application des pelotes, m'a confirmé dans cette manière de voir. Je propose donc, comme méthode générale, d'employer le procédé suivant, qui mérite le nom de compression en deux temps.

Dans le premier temps , dont la durée est indéterminée , on

exerce une compression partielle continue et à peu près uniforme , de manière à diminuer les battements sans les éteindre tout à fait. On doit persister ainsi jusqu'à ce que la fermeté, l'irréductibilité de la tumeur, l'affaiblissement des pulsations et la diminution commençante du volume de l'anévrysme indiquent qu'il y a une couche notable de fibrine déposée à la surface interne du sac. Lorsqu'on a ainsi acquis la preuve que la poche anévrysmale est à demi oblitérée par des caillots actifs, on passe au second temps de la compression.

Dans ce second temps, la compression doit être totale, c'est-àdire poussée jusqu'au point de faire disparaître les battements dans l'anévrysme. On achève ainsi en quelques heures ou en quelques jours au plus une guérison qui aurait pu se faire attendre encore pendant longtemps. L'expérience a prouvé que six heures, neuf heures, douze heures, pouvaient suffire pour cela; il est rare qu'il faille plusvde deux jours, et je pense qu'en moyenne on doit réussir en vingt-quatre heures. Pratiquée dans de pareilles conditions et pour un temps aussi court, la compression totale ne présente '.aucun inconvénient sérieux. Pendant la durée du premier temps, le malade s'est peu à peu habitué à l'action des pelotes. La compression totale est donc, en général, peu douloureuse, et il suffit d'une faible dose d'opium pour la rendre très-tolérable. Lors même que malgré cela la douleur serait assez forte pour empêcher le sommeil, ce serait un contre-temps assez minime , car il n'est personne qui ne puisse supporter la privation de sommeil pendant vingt-quatre ou même quarante-huit heures. Enfin, la vitalité de la peau n'est pas compromise par une épreuve'aussi courte, à laquelle, du reste , celte membrane a été préparée par l'action préalable de la compression partielle.

Mon collègue, M. Depaul, m'a fourni l'occasion d'appliquer une fois la compression en deux temps sur un malade atteint d'anévrysme poplité. Un beau succès a couronné cette tentative.

47e Observation. — Anèvrysme poplité. — Compression partielle de la fémorale pendant trois jours, puis compression totale pendant trentehuit heures. — Guérison.

Pierre Brun , âgé de 34 ans , employé , entré à l'hôpital Necker le 24 juillet 1854. Une tumeur pulsatile, grosse comme un œuf de poule, et datant

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