‹ Des anéurysmes et de leur traitementChapitre 175 sur 220 · ARMATURES A ANNEAUX · texte numérisé non relu

ARMATURES A ANNEAUX

eschare. Les appareils à ressort exercent une pression aveugle, inintelligente, que le chirurgien ne peut graduer. De tous les appareils de ce genre , le seul qui soit un peu satisfaisant , est celui de Verdier ; mais cet appareil demande à être construit spécialement pour chaque malade. D'ailleurs, la compression qu'il exerce est fort peu efficace, puisque, au bout de cinq ans et dix mois, le malade de Verdier n'était pas encore entièrement guéri. Je pense donc que les armatures à ressort doivent être abandonnées.

Je ferai cependant quelques réserves en faveur d'un appareil ingénieux imaginé par M. Duval (1).

Cet appareil , susceptible de s'appliquer sur tous les points de la longueur du membre, se compose de deux branches unies à angle au moyen d'un ressort semblable à celui des serres-fines. Une vis de pression et de rappel permet de modérer l'action du ressort {fig. 28). L'expérience n'a pas encore prononcé sur la valeur dé cet appareil dans le traitement des anévrysmes.

Les armatures à anneau ont été imaginées par Briickner (2). Elles se composent d'un anneau métallique , dont le diamètre est supérieur de plusieurs centimètres à celui du membre, et supportent, en deux points opposés, d'une part la pelote, et d'autre part la contre-pelote, l'attelle ou la gouttière de contre-pression. Dans l'appareil de Briickner, la contre-pression était fournie par une

(1) Bulletin de thérapeutique, 15 fév. 1856, p. 35. Je profiterai de cette occasion pour dire que M. Duval , en 18û6 , a guéri à l'hôpital de Brest un volumineux anévrysme de la cuisse au moyen de la compression indirecte exercée sur le pubis avec un poids de 2 a 6 kilogrammes de mercure ( Duval , Traité de V hèmostasie. Paris, 1855, in-8°, p. 57 ). Dans le même ouvrage , M. Duval parle encore d'un anévrysme poplité guéri à Brest par M. Reynaud , au moyen de la compression indirecte (p. 58). Ces deux faits, publiés seulement l'année dernière, ne figurent pas sur mes tableaux.

(2) Voy. plus haut , p. 666.

Fig. 28.

Compresseur de Duval.

attelle, et dans celui de Robertson par une planchette (1). Le compresseur fémoral de Carte repose sur une gouttière (ftg. 33); pareille chose a lieu dans l'appareil inguinal de Crampton; seulement, dans ce dernier appareil, l'anneau est oblique et à peu près elliptique, pour s'accommoder à la forme de la région inguinale (2). Les autres appareils à anneaux prennent leur point d'appui sur une contre-pelote. Dans le collier de chien deViricel, la contre -pelote était, comme la pelote, supportée par une vis; mais c'était une complication parfaitement inutile, et nuisible même à la précision de l'appareil. La contre-pelote est fixe, au contraire, dans le compresseur annulaire de Hutton ( 3 ) , ainsi que dans le ring-tourniquet, instrument fort simple, fréquemment employé en Irlande , et dont j'ai trouvé ,

Le ring-tourniquet. , -, , , ~ . -,

du reste, un modèle fort ancien dans l'arsenal de M. Charrière.

Les appareils annulaires à contre-pelote, construits sur le modèle du ring-tourniquet , sont très-défectueux : ils n'ont pas une fixité suffisante, et ont de la tendance à tourner, surtout lorsqu'ils ont à supporter le poids du membre, comme cela a lieu, dans le décubitus dorsal , pour les compresseurs fémoraux. Les appareils annulaires à gouttière sont, au contraire, très-fixes et très-précis; mais ils sont plus gênants que les appareils à arc ou à tiges articulées, sans être plus solides qu'eux. A la cuisse, par exemple, leur demi-circonférence interne est fréquemment heurtée dans les mouvements de la cuisse opposée. Somme toute, cependant, ces appareils sont très-bons, et celui de M. Carte , en particulier, est l'un des meilleurs que l'on connaisse.

Les armatures à arc sont les plus simples de toutes; elles sont très-légères, très-faciles à manier. Le tourniquet d'Eschards (k), le tourniquet plus ancien inventé par James Moore , pour comprimer le nerf sciatique et le nerf crural et procurer l'insensibilité dans l'amputation de la cuisse (5), le compresseur de Dupuylren,

(1) Voy. plus haut, p. 689, fig. 17. —{2) IbicL, p. 729, lig. 23. - (3) Ibid., p. 728, fig. 22, l'i) Voy. plus haut, p. 082. — (5) /*>>/., p. 69G, fig. 18.

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