APPLICATION DE LA CHALEUR
Éverard Home a eu l'idée de faire pénétrer dans les anévrysmes une grande quantité de calorique pour y provoquer la coagulation du sang. Son procédé consiste à introduire dans le sac une aiguille à acupuncture , dont l'extrémité extérieure es! ensuite chauffée à blanc.
Cette méthode n'a été appliquée qu'une seule fois ; je reproduis
2/j6 MÉTHODE DÉVERARD HOME.
cette observation intéressante qui n'a pas encore été publiée en France :
6e Observation (Éverard Home). — Anèvrysme iliaque. — Ligature suivant la méthode de Brasdor. — Les battements continuent. — Application de la chaleur. — Amélioration , puis gangrène du membre, suivie de mort (1).
Il s'agissait d'un anèvrysme de l'artère iliaque externe. La fémorale fut liée au-dessous de la tumeur le 16 septembre 1825. Les pulsations ne s'affaiblirent pas et l'anévrysme continua à s'accroître. Le vingt-huitième jour après la ligature, Éverard Home introduisit « une aiguille à acupuncture « jusqu'au centre du sac, dans le point où les battements étaient le plus « prononcés et où le sang paraissait le plus fluide. L'aiguille fut passée à « travers un petit trou dans une barre d'acier , qui fut chauffée avec une « lampe à alcool ; — les téguments de la cuisse étaient protégés au moyen « d'un morceau de liège. » L'application du calorique dura quinze minutes; le malade éprouva une sensation de chaleur et une douleur légère. — Les pulsations s'affaiblirent. Lorsqu"on retira l'aiguille, il s'écoula une seule goutte de sérosité colorée. Au bout d'une demi-heure , le malade éprouva dans la cuisse une vive douleur que l'opium dissipa en dix minutes. Après quoi, il fut plus tranquille qu'il ne l'avait été depuis douze heures. Les battements du sac étaient réduits à une simple ondulation.
Au bout de deux jours , on trouva que la tumeur était indolente ; les pulsations étaient moindres au niveau de la ponction que partout ailleurs. Mais, la tumeur ne diminuant pas, une seconde application de la chaleur fut faite six jours après la première. On se servit d'une aiguille deux fois plus volumineuse, et l'action du calorique fut prolongée pendant trente-cinq minutes. Les pulsations diminuèrent beaucoup. Lorsqu'on retira l'aiguille, on trouva qu'elle supportait un petit caillot gros comme une tète d'épingle, aussi dur que de la cire à cacheter, et solidement fixé sur sa partie moyenne. La douleur ne dura que dix minutes , mais le malade continua pendant vingt-quatre heures à éprouver une sensation de chaleur. La tumeur, paraissant tout à fait solide , resta indolente pendant deux jours. Mais le troisième jour, la douleur et les pulsations reparurent. La douleur était très-vive et la tumeur extrêmement tendue. Les choses en étant là, une troisième tentative analogue aux précédentes fut faite dix jours après la seconde, c'est-à-dire seize jours après la première et quarante-quatre jours après la ligalure de l'artère. On doubla encore le volume de l'aiguille. La sensation
(1) Philosopltical Transactions. Lontlon , 1826, in-!»°, vol. CXV1 , pari III, p. 1S9. On Htc Coagulation by lïeat of tlie fluid Blood in an Aneurismal Tumour.