‹ Des anéurysmes et de leur traitementChapitre 63 sur 220 · APPLICATION DE LA CHALEUR · texte numérisé non relu

APPLICATION DE LA CHALEUR

de chaleur fut très-vive, mais la douleur fut assez légère. Au bout de vingt minutes, les pulsations disparurent tout à coup. On retira l'aiguille. Dix minutes plus tard , le malade se trouvait tout à fait bien. A partir de ce jour, les pulsations ne reparurent plus.

Le malade allait au mieux ; mais le sixième jour, le pied et la jambe se refroidirent. Des phlyctènes s'y manifestèrent dix jours plus tard. La gangrène paraissait imminente. Il ne paraît pas cependant qu'elle se soit confirmée, car on lit dans le texte que ces phénomènes précurseurs de la mortification ne s'accrurent pas, et que l'état du membre resta à peu près stationnaire pendant un mois. Le malade mourut au bout de ce temps , c'est-à-dire quarante-six jours après la dernière tentative et quatre-vingt-dix jours après la ligature de la fémorale. La cause de la mort n'est pas autrement indiquée.

A l'autopsie , on trouva que l'anévrysme était sacciforme , que l'artère iliaque externe était perméable dans toute son étendue , jusqu'au niveau de la ligature qui avait été appliquée sur la partie supérieure de la crurale. Le sac , presque aussi gros que le poing , renfermait une couche épaisse de fibrine stratifiée, et celle-ci circonscrivait une large cavité pleine d'une substance comme gélatineuse.

Les accidents qui ont terminé les jours du malade ne peuvent guère être attribués à la nature de la méthode employée. Ce fait semble donc plntôt favorable que défavorable , mais il ne prouve nullement l'efficacité de la méthode d'Éverard Home. On avait , en effet, commencé par lier l'artère au-dessous du sac, et on ne peut savoir ce qui arriverait si on appliquait la chaleur dans toute autre condition.

J'ai néanmoins tenu à reproduire cette observation , parce qu'elle jette quelque jour sur la physiologie des caillots passifs.

A la suite de la première tentative , la tumeur devint tout à coup moins pulsatile , ce qui ne peut s'expliquer autrement que par la formation de caillots passifs. — Cette amélioration cependant ne fut que passagère; au bout de deux jours, la tumeur avait repris tous ses caractères. Les caillots passifs avaient donc été détruits et entraînés par le choc du sang. Et notez qu'ici les conditions étaient des plus favorables , la présence de la ligature inférieure ayant fortement diminué la rapidité de la circulation dans l'anévrysme. Malgré cela , les caillots passifs ne purent résister pendant plus de deux jours.

La deuxième tentative est plus instructive encore. Cette fois on introduisit dans l'anévrysme une plus grande quantité de calo-

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