APPLICATION. — CHOIX DE LA PILE
lectro-aimant, et ce sont les extrémités de ce second fil qui constituent les conducteurs de la machine.
Lorsque la pile est à l'état de repos , il n'y a dans l'appareil aucun phénomène électrique ou électro-magnétique; mais dès que la pile est mise en activité , un courant continu traverse le premier fil. Aussitôt, le cylindre autour duquel ce fil s'enroule acquiert les propriétés des électro-aimants, c'est-à-dire qu'un courant d'induction se produit dans le deuxième fil.
Ce courant d'induction peut , dans certaines machines, être incomparablement plus fort que le courant direct ; mais il est toujours instantané, c'est-à-dire qu'il ne dure qu'un instant infiniment court. Il se manifeste au moment précis où on ferme le premier circuit ; si à ce moment on place un rhéomètre sur le trajet du deuxième fil on voit l'aiguille magnétique se dévier brusquement ; mais immédiatement après elle reprend sa direction naturelle , qu'elle conserve ensuite pendant toute la durée du courant direct. Si au bout d'un temps quelconque , on vient à interrompre tout à coup ce dernier courant, l'aiguille du rhéomètre présente de nouveau, en sens inverse, une déviation subite aussi momentanée que la première. Ainsi le courant d'induction, passager comme une étincelle, paraît au moment où on ferme le courant direct et au moment où on le rompt, mais il manque complètement pendant la durée de ce dernier courant.
Les machines à induction n'auraient donc aucune propriété utile, si un ingénieux appareil placé sur le trajet du premier fil , et désigné sous le nom de rhéotome ne permettait de couper le courant direct plusieurs fois par seconde , et d'obtenir, à chaque interruption, deux courants induits instantanés (1).
On comprend dès lors toute l'importance pratique des machines à induction, dans le traitement des paralysies musculaires. L'interruption continuelle du courant fait descendre, pour ainsi dire , à leur minimum les phénomènes chimiques de l'électricité, et la répétition incessante des secousses exerce sur les muscles une excitation incomparablement plus énergique que celle des courants continus. Ceux-ci, en effet, n'excitent les contractions qu'au moment où ils commencent et au moment où ils finissent.
(1) Dans beaucoup de machines, le ruéotome porte le nom de trembleur.
348 GALVANO-PUNCTURE.
Pendant la durée de leur action, ils produisent sur les tissus des effets chimiques souvent nuisibles, sans produire sur les muscles les effets dynamiques que l'on cherche à obtenir.
Mais tous ces avantages des machines électro-médicales disparaissent lorsqu'il s'agit d'appliquer la galvano - puncture au traitement des tumeurs sanguines en général, et des anévrysmes en particulier. Ici, en effet, les indications ne sont plus les mêmes. L'action électro-motrice de l'électricité ne peut être d'aucune utilité et peut même être nuisible ; il faut donc la réduire à son minimum. L'action chimique, au contraire, seule capable de l'aire coaguler le sang, doit être portée à son maximum. Pour atteindre ce double but, il faut renoncer aux courants induits qui sont intermittents, et se servir des courants voltaïques, qui sont continus.
Certes, je ne veux pas dire que les machines à induction soient absolument incapables de faire coaguler le sang dans les anévrysmes. L'observation de M. Voillemier, que j'ai reproduite plus haut, serait là pour me donner un démenti. Les courants d'induction ne sont pas privés de toute action chimique ; une série d'étincelles finit par décomposer l'eau , et une série de courants instantanés très-rapprochés les uns des autres, finit par coaguler l'albumine ; mais il est parfaitement clair que les courants continus ont une action chimique bien supérieure à celle des courants d'induction, et qu'ils doivent, par conséquent, recevoir la préférence.
Je demande pardon au lecteur de ces détails de physique pure, mais j'ai dû mettre en évidence l'insuffisance des machines électro- médicales. Les praticiens, habitués à employer journellement ces machines dans la thérapeutique des affections musculaires , sont disposés à s'en servir aussi dans la galvanopuncture des tumeurs sanguines. Les appareils à induction se trouvent partout, sont très-faciles à transporter, à mettre en activité, à graduer. Les piles proprement dites, au contraire, sont d'un maniement très-difficile , et ne se trouvent, en général , que dans les cabinets de physique. Il est donc bien naturel qu'on ait cherché à utiliser les machines électro -médicales, et il n'était pas sans importance de détourner les praticiens de cette voie.
Quelle est maintenant la pile qui doit recevoir la préférence ?