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DEGRÉ DE CONCENTRÂT [ON DU PERCHLORURE

La deuxième solution , c'est--à-dire la solution à 30° étendue de son volume d'eau, renferme, à volume égal, deux fois moins de perchlorure que la précédente. Chaque goutte ne contient par

conséquent que — - — de ce sel , et les 20 gouttes employées

0gl' 0097 pour coaguler 1 centilitre de sang, représentent 20 x — '■

= 08',097 de perchlorure anhydre.

Par conséquent, 97 milligrammes de perchlorure en solution étendue, donnent la même coagulation que 135 milligrammes en solution plus concentrée.

Or, la gravité des lésions produites sur les tissus par les injections coagulantes est proportionnelle, non à la quantité de liquide, mais a la quantité de perchlorure qu'on injecte. Il y a, par conséquent, une utilité manifeste à employer des solutions peu concentrées et à remplacer la solution à 30°, généralement usitée, par une solution d'un titre moins élevé. Il ne faut pas descendre cependant au-dessous d'une certaine limite, parce qu'il arrive un moment où le perchlorure, trop étendu d'eau, ne donne plus que des caillots mous. Or, on ne doit pas perdre de tue que le but des injections coagulantes est de faire prendre le sang en une masse assez solide pour résister au choc des ondées sanguines. Les solutions dont la densité est comprise entre 159 et 49° de Beaumé remplissent toutes cette indication. Le caillot qu'on obtient avec 20 gouttes à 15° est aussi solide que celui qu'on obtient avec 10 gouttes à h5°, ou avec IU gouttes à 30°. Entre ces diverses solutions également efficaces, il convient donc de choisir celles qui sont le moins irritantes, c'est-à-dire celles qui sont le moins concentrées. Mais les solutions au-dessous de 15°, à quelque dose qu'on les emploie, ne donnent jamais que des caillots d'une moindre consistance. C'est ce que l'expérience m'a bien des fois démontré. On a beau multiplier le nombre des gouttes, jamais le caillot ne devient assez ferme pour qu'une tige de verre puisse y rester debout. Aussi, quoique les solutions audessous de 15° soient bien moins irritantes que les autres, je pense qu'elles ne doivent pas être employées en injections dans le système artériel. Mais elles sont encore capables de rendre de grands services lorsqu'il s'agit d'arrêter des hémorrhagïes four-

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nies par des vaisseaux de petit calibre, et il ne m'est pas démontré qu'elles ne puissent réussir à faire oblitérer solidement les varices.

En résumé, je propose de remplacer la solution à 30°, qu'on emploie dans les hôpitaux, par une solution à 15° ou 20°. En poussant quelques gouttes de plus, on aura des résultats aussi complets au point de vue de la coagulation, et des résultats bien préférables au point de vue de l'innocuité. Je rappellerai d'ailleurs que MM. Goubaux et Giraldès ont obtenu des oblitérations complètes sur les carotides des chevaux, en y poussant des injections de perchlorure à 15°.

Il y a une autre considération qui n'est pas sans importance et qui doit faire préférer les solutions peu concentrées. C'est que le perchlorure au-dessus de 30° renferme presque constamment un excès d'acide. On le prépare à l'état neutre ; mais bientôt il se forme un précipité d'oxyde de fer, et une partie de l'acide chlorhydrique est mise en liberté. A 30°, le perchlorure neutre est déjà susceptible de se conserver, suivant M. Burin-Dubuisson (1) ; mais j'ai toujours trouvé la réaction acide dans le perchlorure des hôpitaux. M. Benoît Dupuy évalue à 2 millièmes la quantité d'acide en excès, nécessaire à la conservation du perchlorure de fer à 30° (2). Les solutions comprises entre 15° et 25° se conservent au contraire très-bien à l'état complètement neutre. Or, il est clair que l'excès d'acide chlorhydrique ne peut être que nuisible. C'est sans doute en partie à cet acide qu'il faut attribuer l'action caustique des solutions d'un titre élevé. Le perchlorure à U5°, appliqué sur les tissus, les transforme en eschares véritables ; à 30°, la cautérisation est beaucoup moins prononcée. Mais j'ai déjà dit que, dans mes essais sur la méthode endermique, j'ai vu une fois une eschare se produire à la suite d'une simple application de perchlorure sur la surface d'un vésicatoire. Je m'étais servi de la solution à 30° (3). Il est probable qu'avec des solutions moins concentrées, cet accident ne se produirait jamais.

Au surplus, je ne veux pas dire que l'action caustique du per-

(1) Gaz. méd. de Lyon , 1853, T. V, p. 173 en note.

(2) Beivoît Dupuy. Études sur le rerchtorure de fer, thèse de Paris, 185ii , n° 212, p. 9.

(3) Voy. plus haut, p. 23ù.

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