DEGRÉ DE CONCENTRATION DU PERCHLORURE
réomètre (on verra tout à l'heure que c'est la solution qu'on emploie communément). La vis, longue de 3 centimètres, accomplit sa course en 15 tours, d'où il résulte que chaque demi-tour fait avancer le piston de 1 millimètre, et expulse ^ de gramme de perchlorure.
M. Charrière, à ma demande, a fait graver sur le corps de pompe en verre une échelle de millimètres. Cette innovation a deux avantages : en premier lieu, on ne court plus le risque de se tromper en comptant les tours, puisqu'il suffit de regarder la position du piston pour connaître exactement la quantité de perchlorure injectée; en second lieu, on peut donner à l'injection toute la précision désirable, même dans le cas où, comme cela a eu lieu dans le cas de M. Lenoir, une partie du liquide reflue audessus du piston.
On est convenu de donner le nom de goutte à la quantité de liquide que chasse chaque demi-tour. Et, effectivement, lorsqu'on a adapté la canule au corps de pompe, et qu'on donne à l'instrument une direction oblique, on voit se former à l'extrémité de la canule des gouttes qui tombent à chaque demi-tour. .Mais si la direction de l'instrument se rapproche de la verticale, les gouttes sont beaucoup plus petites et se détachent plus souvent.
Après ces réserves faites, je ne me refuserai pas à employer le mot goutte, qui représentera désormais là quantité de liquide expulsée à chaque demi-tour, soit ^ de gramme.
Les opérations, les injections sur les animaux et les expériences de laboratoire doivent toutes être faites avec la seringue de Charrière et Pravaz si on veut obtenir des résultats uniformes.
Occupons-nous maintenant du degré de concentration de la solution de perchlorure. La solution la plus concentrée marque U9° à l'aréomètre de Beaumé. Pravaz se servit d'abord d'une solution à ^6° ; mais M. Giraldès a prouvé qu'il était imprudent de dépasser le titre de 30°. Dans les nombreuses expériences qu'il a faites à Alfort, en collaboration avec M. Goubaux, il a vu constamment que le perchlorure concentré désorganisait profondément les artères, et que les solutions de 20° à 30°, tout en conservant des propriétés coagulantes très - énergiques , altéraient beaucoup
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moins les tuniques artérielles (1). Le travail de ces expérimentateurs n'a été publié qu'en 185^, mais déjà, l'année précédente, M. Giraldès avait invité M. Burin-Dubuisson à préparer une solution à 30°. C'est cette solution qui est généralement employée dans les hôpitaux de Paris et de Lyon. M. Debout, qui a également fait sur les chevaux des expériences intéressantes, a conseillé à MM. Goubaux et Giraldès d'essayer la solution à 15°. Le perchlorure, à ce degré de dilution, attaque à peine les artères, et donne même, à ce qu'il paraît, sur les animaux vivants, un caillot plus gros que le perchlorure à 30e.
Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'une solution qu'on affaiblit en y ajoutant de l'eau distillée, perd ses propriétés irritantes beaucoup plus rapidement qu'elle ne perd ses propriétés coagulantes. Je me suis même assuré, par des expériences directes, que, dans certaines limites, la dilution ajoute à l'action hémoplastique du perchlorure de fer. Je m'explique : une quantité donnée de perchlorure en solution concentrée coagule un certain volume de sang, et la même quantité, en solution plus étendue, coagule un volume de sang plus considérable. Prenons, par exemple, du perchlorure à 30°. Il en faut \k gouttes (mesurées avec la seringue de Charrière et Pravaz) pour faire prendre en un caillot très-solide 1 centilitre de sang défibriné. Mêlons maintemant cette solution avec son volume d'eau, et il nous suffira de 20 gouttes du nouveau mélange pour obtenir la même coagulation.
Analysons les résultats de cette expérience que j'ai répétée un grand nombre de fois.
La solution à 30°, d'après les recherches de M. Gobley (2), renferme 297 millièmes de son poids de perchlorure anhydre; chaque goutte pèse ^ de gramme, c'est-à-dire 0gl',033, et contient par conséquent 0gr,0097 de perchlorure anhydre. Les ïh gouttes employées pour coaguler 1 centilitre de sang représentent donc \k X 0gl',0097, c'est-à-dire 0gl',135 de perchlorure anhydre.
(i) Giraldès et Goubaux. Recherches sur les injections de perchlorure de fer dans les artères, dans Gazette hebdomadaire, 21 avril 1854, T. I, p. 472.
(2) Gaz* hebdomadaire, 1853-4, T. I, p. 460. Il ne faut pas confondre le perchlorure sec avec le perchlorure anhydre. La solution à 30° renferme 346 millièmes de perchlorure sec, et 297 millièmes seulement de perchlorure anhydre ( Gobley ).