ACTION DU PËRCÏUORURE SUR LE SANG
Lorsqu'on verse dans 1 centilitre de sang défibriné 10 gouttes de perchlorure à 45°, ou \h gouttes à 30°, ou 20 gouttes entre 15° et 20°, et qu'on agite avec une baguette de verre, le sang prend d'abord une couleur rutilante, et, au bout de trente secondes, il commence à se coaguler. Dix secondes de plus suffisent pour lui donner une consistance considérable et pour le faire prendre en une masse grumeleuse dans laquelle le bâton de verre reste debout. Ce coaguluin, abandonné à lui-même, change rapidement de couleur. Il était d'abord d'un beau rouge; au bout de quelques secondes, il prend une couleur chocolat, et deux ou trois minutes plus tard, il offre une teinte marc de café. Ces changements de couleur, dus à l'action du perchlorure sur la matière colorante du sang s'effectuent tout aussi bien en vases clos qu'à l'air libre. Au bout de quelques heures , le caillot devient de plus en plus dur ; il semble se dessécher, et, cependant , il ne laisse écouler aucun liquide.
Le degré de consistance du magma est le même, quel que soit le degré de concentration de la solution de perchlorure, pourvu qu'elle soit comprise entre 15° et 45° et qu'on l'emploie dans les proportions sus-mentionnées. Si on descend au-dessous de ces proportions, on obtient encore une coagulation, mais le caillot est beaucoup moins solide. Les doses que j'ai indiquées sont celles qui donnent au caillot le maximum de consistance. Si on emploie une close plus considérable, sans sortir pourtant de certaines limites, cela ne change en rien le résultat de l'expérience ; mais, au delà d'un certain nombre de gouttes, l'excès de perchlorure commence à redissoudre le caillot. Dès qu'on arrive à 20 gouttes de perchlorure à U5°, ou à 35 gouttes de perchlorure à 30°, ou enfin à 45 gouttes de perchlorure à 15°, le caillot commence à se ramollir, et ce ramollissement devient de plus en plus prononcé à mesure qu'on s'élève à des doses plus considérables.
Ainsi, l'excès de perchlorure n'est pas seulement dangereux en ce sens qu'il exerce sur les tissus une action de plus en plus nuisible; il a l'inconvénient plus grand encore de produire un caillot moins résistant. D'où il résulte que, dans la pratique, il faut éviter à la fois d'aller au delà et de rester au-dessous de la dose qui donne la meilleure coagulation. Or, cette dose, je le
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répète, est, pour chaque centilitre de sang: Ih gouttes de la solution à 30°, ou 20 gouttes des solutions comprises entre 15° et 20° (1).
Tels sont les effets que produit le perchlorure lorsqu'on le verse dans le sang défibriné agité avec une baguette de verre. Les résultats sont un peu différents lorsqu'on se contente d'agiter le liquide en imprimant des mouvements au vase. Le sel de fer produit d'abord autour de lui un petit caillot dont le volume s'accroît graduellement pendant trois ou quatre minutes , mais jamais, avec les doses indiquées , la coagulation n'envahit toute la masse du sang. 11 reste toujours autour du caillot une quantité de sang liquide qu'on peut évaluer au quart et même au tiers du volume total soumis à l'expérience. C'est parce que le coagulum qui se forme autour du perchlorure emprisonne ce sel et l'empêche d'agir sur les couches les plus extérieures. On attend vainement une ou plusieurs heures, la coagulation ne devient pas complète; mais si, au bout de ce temps, on brise le caillot central avec une baguette de verre et qu'on agite le tout pendant quelques instants, on voit le sang jusqu'alors liquide se coaguler à son tour, preuve que la dose employée était bien assez forte et que la coagulation aurait été générale du premier coup si on avait agité le mélange avec une activité suffisante.
11 importe beaucoup de connaître l'influence qu'exerce sur la coagulation l'état de repos ou d'agitation du liquide. Dans la pratique, en effet , on cherche à obtenir le caillot à la fois le plus volumineux , le plus solide et le plus promptement formé. Si on se contente de pousser dans un anévrysme la dose voulue de perchlorure, on est exposé à ne produire qu'une coagulation partielle, car la compression exercée sur l'artère, au-dessus de la tumeur, maintient le sang anévrysmal dans un état très-voisin du repos; je pense donc que l'injection ne suffit pas , qu'il faut y joindre une autre manœuvre, le massage de la tumeur. On a objecté contre cette manœuvre qu'elle était irritante, mais je ne vois pas en quoi quelques pressions exercées pendant trois à quatre minutes sur un sac encore parfaitement sain peuvent augmenter
(lj Un centilitre représente un peu plus de la moitié d'une cuillerée à soupe de grandeur ordinaire.