‹ Des anéurysmes et de leur traitementChapitre 92 sur 220 · EXPÉRIENCES SUR LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES SUR LES ANIMAUX

les chances de l'inflammation consécutive. On peut faire une objection bien plus forte contre le massage, et se demander s'il n'est pas de nature à vider l'anévrysme, à repousser dans l'artère à la fois le sang et le perchlorure, et à laisser le sac vide de caillots. C'est pourquoi je pense qu'on ne devra malaxer la tumeur qu'au bout de une à deux minutes, lorsqu'on jugera que le perchlorure a déjà produit autour de lui un caillot trop volumineux pour être expulsé du sac. Au surplus , quand même ce caillot s'engagerait un peu dans l'artère, je n'y verrais pas un inconvénient, j'y verrais plutôt un avantage, l'oblitération du vaisseau au niveau de l'anévrysme étant de nature à rendre la guérison plus certaine.

Tous ceux qui ont fait des expériences sur les animaux ont reconnu l'utilité de ce léger massage qui rend la coagulation à la fois plus complète et plus rapide, et qui permet d'obtenir l'oblitération des artères avec des doses peu considérables de perchlorure. On dénude une artère dans une certaine étendue , on la comprime en deux points et on coagule la colonne de sang emprisonnée entre ces deux compressions au moyen d'une injection pratiquée avec la seringue de Pravaz et Charrière. Dès que l'injection est terminée, on malaxe légèrement l'artère avec les doigts. Au bout de deux à cinq minutes, la solidification est complète; on maintient la compression pendant cinq autres minutes. Le caillot est alors assez solide pour résister à l'effort du sang. Si , au contraire, on abandonnait la compression dès que la coagulation est obtenue , le caillot , battu en brèche par l'ondée sanguine , pourrait être dissocié et entraîné par fragments dans les petits vaisseaux. M. Debout s'en est assuré dans des expériences qu'il a communiquées à la Société de chirurgie (1).

Les phénomènes qui accompagnent et suivent l'injection du perchlorure dans les artères ont surtout été étudiés par MM. Giraldès et Goubaux (2). Ils sont relatifs 1° à l'action que le perchlorure exerce sur les parois artérielles; 2° à la coagulation du sang.

On devine aisément que les lésions produites sur les artères

(1) Bull. Soc. de chirurgie , avril 1853 , T. III , p. 47û.

(2) Bull. Soc. chirurgie, 19 avril 1854, ï, IV, p. USU, et Gazette hebdomadaire, 1854, T. I , p. 473,

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par le contact du perchlorure doivent être d'autant plus profondes qu'on emploie un liquide plus concentré, Parmi ces lésions, les unes sont immédiates, les autres consécutives.

Dans une première série d'expériences, MM. Goubaux et Giraldès ont sacrifié les chevaux une heure après l'injection du perchlorure dans les carotides.

Avec la solution à &9°, la tunique interne, la tunique moyenne et une partie de la tunique externe sont amincies, racornies, comme tannées ; elles ont une teinte d'un jaune fauve , se déchirent et se cassent avec facilité.

Avec la solution à 30° les tuniques sont moins profondément atteintes : la tunique interne est encore détruite; la moyenne, quoique colorée en jaune, conserve sa souplesse et son élasticité; l'externe est tout à fait saine,

Enfin l'altération ne porte que sur la tunique interne lorsqu'on injecte le perchlorure à 15°.

Dans une deuxième série d'expériences , MM. Goubaux et Giraldès ont laissé vivre les animaux pendant quelques jours.

Après l'injection à £9° les parois artérielles désorganisées se ramollissent, se décomposent, deviennent noires, et se séparent enfin des parties vivantes. La gangrène peut gagner les tissus environnants, et la chute des eschares est quelquefois suivie d'hémorrhagie.

Lorsque la solution est comprise entre 15 et 30°, les parois artérielles loin de se sphacéler s'hyper trophient au contraire, La tunique moyenne , épaissie et un peu ramollie , contracte avec le caillot de solides adhérences; la tunique celluleuse s'épaissit, se vascularise, et s'infiltre d'une substance gélatineuse jaunâtre. Cette infiltration peut s'étendre très-loin le long de l'artère, surtout lorsqu'on a injecté une dose exubérante de perchlorure. Elle forme une sorte de virole plastique qui persiste pendant quelques jours et qui se résorbe ensuite d'une manière complète.

Parlons maintenant du caillot. On s'est demandé si le magma solide qui résulte de la combinaison du sel ferreux avec les éléments du sang méritaient réellement le nom de caillot. Cette discussion de mots n'a aucune importance. Magma ou caillot, le sang se solidifie et oblitère le vaisseau; c'est là l'essentiel.

Si on ouvre l'artère quelques minutes seulement après l'injec-

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