‹ Des Anévrismes Artério-veineux du Creux PoplitéChapitre 12 sur 19 · DOG · texte numérisé non relu

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En comprimant l’artère fémorale, on fait diminuer le volume de l’anévrisme, les battements, le thrill, ces phénomènes s’exagèrent si la compression a lieu au-dessous de la lésion. ns

Le pouls de la pédieuse, de la tibiale postérieure est notablement diminué, parfois même il disparaît totalement. En général, il se fait une dilatation régulière plus ou moins considérable du lacis veineux superficiel. L’œdème apparaît et peut donner aux membres des proportions éléphantiasiques.

Des troubles trophiques surviennent fréquemment. Broca a noté le développement du système pileux, des ongles ; DELBET l'apparition des plaques pigmentaires de teintes variées, la présence d’ulcères à forme variqueuse.

Des troubles de la sensibilité se manifestent par un certain engourdissement, des crampes, des douleurs irradiées causées sans doute par la compression des nerfs poplités.

La marche devient pénible, la jambe tend à se mettre en flexion sur la cuisse, amenant ainsi une claudication considérable.

Enfin le malade peut accuser une sensation de froid, purement subjective, localisée dans le membre malade, qui pourtant possède une température souvent plus élevée de plusieurs degrés que le membre sain.

Tels sont les symptômes des anévrismes artério-veineux du creux poplité. Ils sont, en géuéral, d’une grande netteté et rendent l’hésitation presque impossible. La présence d’une cicatrice, l’existence d’une plaie viennent d’ailleurs la plupart du temps en révéler la cause traumatique et confirmer le diagnostic.

Cependant nous croyons bon de rappeler en cet endroit

la remarque de TiLLAUx, rapportée par l’illustre clinicien dans ses Leçons de Chirurgie clinique. s'agissait d’un anévrisme artériel simple de la poplitée où sur la poche principale s'était développé à la suite d’un effort violent une poche supplémentaire, et qui présentait le thrill considéré comme un signe spécial des anévrismes artérioveineux. Pour l’expliquer, on avait invoqué le reflux dans la poche principale, après chaque systole, d’une partie du sang contenu dans la poche accessoire sous l'influence de la contraction des muscles environnants.

Quel sera donc Le pronostic d’une telle affection ?

Les auteurs, HuNTER le premier, sont généralement d’accord pour admettre que les anévrismes artério-veineux sont d’une gravité bien moindre que Les anévrismes artériels. Gela est vrai, mais d’autre part Broca a établi qu’ils ne guérissent jamais spontanément et, au contraire, qu’ils ont une certaine tendance à augmenter de volume. De plus, il faut reconnaître que l’anévrisme artério-veineux du creux poplité se trouve par le fait de sa situation anatomique soumis à des conditions particulières. La cireulation dans les membres inférieurs se fait plus difficilement que dans toute autre région du corps. Ces membres sont obligés à un travail pénible, continuel, à des extensions et à des flexions brusques dont l'effet est surtout sensible dans l'articulation du genou, et l'intégrité absolue de leurs fonctions est rarement compatible avec cette affection.

De plus, ces anévrismes artério-veineux, nous l’avons vu, entraînent presque constamment avec eux des troubles fonctionnels ou trophiques tels qu'ils constituent une véritable infirmité. Ils sont exposés à une rupture inattendue. Enfin après un délai plus ou moins long, qui peut

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atteindre trente et quarante ans pendant lesquels ils sont restés stationnaires, ils peuvent amener de la gangrène.

Leur gravité, quoique non immédiate, est donc évidente. Aussi, si le chirurgien ne veut pas être surpris par les circonstances, doit-il les surveiller attentivement pour éviter, le cas échéant, de substituer à une opération soigneusement préparée et tranquillement exécutée, une opération d'urgence toujours bien plus dangereuse.

Même si les chances sont très favorables, il faut craindre pour lavenir et intervenir si la tumeur augmente de volume, ce que pourra démontrer une mensuration minutieuseet répétée.

Cependant il est évident que certaines restrictions s’imposent et qu'il faut s'inspirer surtout de l’âge et de la profession du malade. Les indications ne sauraient être absolues, et l’on pourra par exemple temporiser en présence d’une simple varice anévrismale dont serait porteur un vieillard ne travaillant plus, alors que l’intervention sera nettement indiquée chezun jeune homme exerçant un métier pénible.

Le moment est venu d'examiner à quel mode d’intervention il sera préférable de recourir. Tel est l’objet du chapitre suivant.

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