‹ Des Anévrismes Artério-veineux du Creux PoplitéChapitre 16 sur 19 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(De M. Félizet, résumée.)

Br... reçoit dans la jambe droite, le 24 juillet 1888, au niveau et en arrière de la tête du péroné, une balle de pistolet. La douleur est modérée, l’hémorragie peu considérable. Le 4 août, on perçoit un frémissement particulier le long des vaisseaux, et une tumeur pulsatile dans le creux poplité, un frémissement très net, et un mouvement d'expansion très marqué. À l’auscultation, bruit de diable. Le 5 août, la jambe se met en demi-flexion. Le pied est engourdi, il y a de l’œdème maléolaire. Le 9, compression mécanique pendant trente heures, sans résultat. Le 12, compression digitale pendant cinq heures. Amélioration provisoire. On tente la flexion forcée, mais le traitement devient insupportable pour le malade, Le 7 septembre, opération par M. Félizet. Anesthésie, bande d'Esmarch, On fait une incision verticale, médiane de 10 centimètres, s'étendant plus au-dessus qu'en dessous du pli de flexion. On divise les premières couches en ménageant soigneusement la veine saphène externe; l’aponévrose incisée, on découvre l’interstice des jumeaux, on les écarte, et, après avoir porté en dehors le nerf sciatique poplité interne, on arrive sur la tumeur en partie masquée par le jumeau interne. On la dégage, on sépare les vaisseaux, artère et veine sont liées séparément au-dessus et

di

au-dessous du sac, on lie les collatérales et la tumeur est extirpée. On remplit la cavité d’iodoforme, on draine et on suture les lèvres de la plaie. Cinquante-six jours après l’opération, la plaie est cica trisée, À ce moment, le biceps est atrophié, les muscles de la région postérieure se rétractent et le membre est dans la demi-flexion. On prescrit l’électrisation.

En décembre, l'amélioration est notable et on peut espérer la guérison complète à bref délai. On se propose de faire du massage.

OBSERVATION III (Recueillie par M. P. Delbet).

Anévrisme artério-veineux des vaisseaux poplités. Extirpation. — Guérison.

Gustave R.., âgé de vingt-trois ans, entre le 18 novembre 1888 à l'hôpital de la Charité, dans le service de M. le professeur Velpeau. À l’âge de quatorze ans (il y a neuf ans), il essayait de faire jouer la baguette d’un revolver de petit ealibre en appuyant le canon sur la cuisse gauche, lorsqu'un coup partit. La balle pénétra par la face interne de la cuisse à 18 centimètres au-dessus de l’articulation du genou, à peu près exactement sur le trajet de la fémorale; elle traversa obliquement le creux poplité et vint se loger sous la peau de la partie externe du mollet, Elle fut immédiatement et facilement extraite. Quinze jours après, lorsque le pansement fut enlevé, le malade remarqua que sa jambe avait augmenté de volume et qu'elle était sillonnée de grosses veines, Néanmoins, il ne tarda pas à reprendre ses oceupations habituelles. Il y a quatre ans, un ulcère se développa sur la face interne de la jambe, et il fallut un mois de repos complet pour en obtenir la cicatrisation, Deux mois plus tard, phlébite intense, nécessitant un séjour d’un mois au lit. Enfin, il y a trois semaines, nouvel ulcère, pour lequel le malade se présente à la consultation.

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