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Notable augmentation de volume de tout le membre supérieur : au voisinage du genou, 7 centimètres de plus que du côté opposé. La peau est soulevée par des veines énormes, mais régulièrement dilatées et très différentes par leur aspect des veines variqueuses ordinaires. Pas de troubles trophiques véritables du côté des poils, ni du côté des ongles, mais plaques pigmentaires de couleur variable, A la face interne dela partie inférieure de la jambe, vaste plaque brune au milieu de laquelle se trouve l’ulcère. Le creux poplité est rempli par une tumeur considérable présentant tous les caractères d’un anévrisme artério-veineux. Elle est animée de mouvement d'expansion et de battements, et donne au doigt la sensation du thrill; l'oreille perçoit un souffle intense, continu, à renforcements systoliques. Battements, souffle, thrill se prolongent dans toutes les veines de la jambe, On les perçoit facilement dans la saphène interne, au devant de la malléole interne. En haut, on perçoit le souffle jusque dans les vaisseaux iliaques. On ne peut sentir le pouls,ni de la pédieuse, ni de la tibiale postérieure. La fémorale, au pli de l’aine, paraît très dilatée, ses pulsations sont très intenses et appréciables à la vue. La tumeur déborde un peu vers le niveau de l’interligne articulaire; en haut elle s’étend jusqu’à l’anneau du troisième adducteur. Verticalement, elle mesure 12 centimètres; transversalement, elle occupe toute la largeur du creux poplité, 10 centimètres. La température du membre malade est de 3 degrés supérieure à celle du côté sain.
M. Trélat, en raison de la grandeur du sac, de sa minceur apparente et de la probabilité de collatérales s’ouvrant directement dans son intérieur, se décide à pratiquer la double ligature, et si elle présente la moindre difficulté, l'extirpation du sac.
Opération le 12 janvier 1889. — Ghloroformisation. Bande d'Esmarck. M. Trélat fait une incision de 15 centimètres, légère ment oblique de haut en bas et de dedans en dehors, commençant à l'anneau du cinquième adducteur et se terminant à l'interstice des jumeaux. L'aponévrose incisée, les nerfs sciatiques poplités apparaissent. M. Trélat libère le bord interne du sciatique poplité intense et tous les nerfs sont doucement réclinés en dehors avec le plan celluleux qui les soutient. La tumeur apparait. On cherche
son pédicule inférieur, Il faut d’abord disséquer un petit diverticule du sac qui pénètre entre le jumeau interne et le demi membraneux. On arrive alors facilement sur le pédicule inférieur. On voit la veine volumineuse s’insinuer entre les jumeaux, mais il est impossible de découvrir l'artère, On jette un fil sur le pédicule et on cherche le bout supérieur des vaisseaux. Il faut pour cela remonter jusqu’au canal de Hunter,
Le creux poplité étant rempli par la tumeur, il était difficile de lier le pédicale. En outre, on ne pouvait laisser un sac aussi volumineux, compris entre deux ligatures aussi éloignées. M. Trélat se décide à l’extirpation. Le bord interne, puis le bord externe de la tumeur sont disséqués; il fallut alors couper entre deux pinces plusieurs veines volumineuses. Puis, le pédicule inférieur sectionné, on dissèque la face antérieure de la tumeur de bas en haut, Là, on distingue l'artère et la veine. Les deux vaisseaux sont liés séparément, il ne reste plus qu’à les couper pour enlever le sac. On enlève la bande d'Esmarck. On pratique l’hémostase, temps long et délicat, mais facile; presque tous les vaisseaux ayant été pincés au moment de l’opération, il a suffi de les lier. Une seule artère a donné un peu de peine, car elle s'engage dans la capsule articulaire. Toute la plaie est suturée, un seul drain est laissé vers le milieu de la ligne de suture. Pansement à l’iodotorme. Enveloppement de tout le membre qui est entouré de boules d’eau chaude. Suites très simples. Deux heures après l’opération, la température du pied était à 31°1. Le soir, 37°3, puis elle a varié entrer37 et 38 degrés. Jusqu'au premier pansement, crises douloureuses dues au froissement des nerfs par le drain. Le 16, ablation des fils, réunion de la plaie, ablation du drain, remplacé par une mèche de gaze iodoformée. Le 27 janvier (deuxième pansement), le malade est guéri. Le11 février, il commence à marcher. Les mouvements du genou sont faciles. L'extension n’est pas absolue, Le20 février, complête guérison. Peu d’œdème le soir après la marche, Le malade quitte l'hôpital.
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